Le Vietnam se classe actuellement au troisième rang mondial pour la production de chaussures, avec environ 1,4 milliard de paires fabriquées chaque année, derrière la Chine et l’Inde, et au deuxième rang pour les exportations, avec près de 1,3 milliard de paires par an.
Cette performance repose en grande partie sur une main-d’œuvre abondante, qui permet au secteur de maintenir une capacité de production élevée et une compétitivité soutenue sur les marchés internationaux.
À l’horizon 2026, le marché de la chaussure et de la maroquinerie devrait rester globalement stable, les grandes commandes continuant de privilégier le Vietnam.
Le défi majeur consiste désormais à accroître la valeur ajoutée tout au long de la chaîne de production, plutôt que de se concentrer uniquement sur les volumes, afin d’améliorer la compétitivité et la rentabilité des entreprises.
Actuellement, les entreprises vietnamiennes du cuir et de la chaussure accélèrent leur transition vers des modèles de production plus verts, circulaires et respectueux de l’environnement.
Parallèlement, l’augmentation du taux de localisation des matières premières et des composants auxiliaires constitue une priorité, dans l’objectif de réduire la dépendance aux importations.
Selon Pham Thi Thanh Tan, directrice de la société Tan Bao Vu Co., Ltd., le marché vietnamien évolue progressivement vers des produits de meilleure qualité, en vue d’un positionnement plus affirmé à l’exportation.
« Nous nous orientons progressivement vers des technologies qui n’utilisent plus la colle traditionnelle, en recourant au moulage direct et à des matériaux comme le PU et le TPU, considérés comme plus durables », a-t-elle indiqué.
Malgré une capacité de production annuelle d’environ 1,4 milliard de paires, plaçant le Vietnam parmi les trois principaux producteurs mondiaux, les entreprises du secteur s’attachent aujourd’hui à résoudre la problématique des intrants, afin de renforcer leur résilience face aux fluctuations des grands marchés d’exportation.
Cependant, le secteur est confronté à plusieurs défis. La pénurie de main-d’œuvre s’accentue, notamment dans les zones urbaines où le recrutement devient de plus en plus difficile, contraignant certaines entreprises à se délocaliser vers des régions plus éloignées pour mobiliser des ressources humaines disponibles.
En outre, l’offre nationale de matières premières et de composants auxiliaires ne couvre actuellement qu’environ 50 % des besoins du secteur, ce qui demeure un obstacle persistant au développement durable et à la stabilité de la production.
Par ailleurs, les capacités en matière de recherche-développement et d’application des sciences et technologies restent limitées.
De nombreuses entreprises n’ont pas encore acquis une maîtrise suffisante des technologies de production et demeurent dépendantes de sources extérieures, ce qui freine leur montée en gamme.
Malgré ces contraintes, en 2024, l’industrie vietnamienne du cuir et de la chaussure a enregistré un chiffre d’affaires à l’exportation de 26 milliards de dollars, en hausse de 10 % par rapport à 2023.
En 2025, avec un objectif d'exportation de 29 milliards de dollars, le secteur poursuit ses efforts pour accroître le taux de localisation, respecter pleinement les règles d’origine et tirer parti des préférences tarifaires issues des accords de libre-échange, en particulier l'Accord de libre-échange entre le Vietnam et l’Union européenne (EVFTA), l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP) et les accords conclus avec la République de Corée, le Japon et le Royaume-Uni.
Dans un contexte économique mondial marqué par de fortes fluctuations, la capacité d’adaptation rapide aux exigences du marché et l’exploitation efficace des avantages offerts par le commerce international favorisent la durabilité du secteur.