Au-delà du paysage singulier qu’ils façonnent, ces lacs constituent également de précieuses « réserves d’eau » permettant aux populations de faire face à la rigueur de la saison sèche.
Couvrant une superficie d’environ 2 356,8 km² et situé à une altitude moyenne comprise entre 1 000 et 1 600 mètres, la région est essentiellement constituée de montagnes calcaires, au relief escarpé et fortement compartimenté.
Le climat se caractérise par deux saisons bien distinctes : la saison des pluies, de mai à octobre, et la saison sèche et froide, de novembre à avril de l’année suivante. Les précipitations annuelles moyennes oscillent entre 1 198 et 1 235 mm.
Toutefois, l’eau est difficile à retenir sur le substrat calcaire, ce qui entraîne des pénuries d'eau fréquentes pendant la saison sèche.
La région du plateau karstique de Dong Van abrite plus de 250 000 personnes appartenant à 17 groupes ethniques. Les H’Mông sont les plus nombreux, suivis des Dao, Giay, Nung, Tay, Bo Y, Lo Lo et d'autres.
La densité de population moyenne est d'environ 75 habitants/km².
Face à la rareté des ressources en eau, les lacs suspendus, implantés dans des secteurs propices à la retenue d’eau, constituent d’importantes réserves.
Pendant la saison des pluies, ils retiennent l’eau afin de la conserver pour les mois secs et de répondre aux besoins domestiques, à l’élevage et aux activités productives.
Le premier ouvrage de ce type a été construit en 2002 dans la commune de Sa Phin.
À partir de ce projet initial, le réseau de lacs suspendus s’est progressivement étendu à d’autres secteurs du plateau karstique.
À ce jour, 121 lacs y ont été aménagés, renforçant les réserves d’eau disponibles pour de nombreuses communautés locales.
Les lacs suspendus ont généralement une capacité de 2 500 à 5 000 m³, permettant d'alimenter en eau environ 150 à 300 foyers.
Afin de retenir l'eau sur le substrat calcaire, les parois et le fond des réservoirs sont principalement construits en béton.
L’eau est captée à partir de petites sources ou de dispositifs de collecte aménagés en terrasses, puis acheminée jusqu’aux lacs par des conduites.
Au milieu des pentes arides et rocheuses, le lac suspendu du village de Lung Pu, dans la commune de Khau Vai, apparaît comme un véritable « réservoir d’eau » à flanc de montagne.
D’une superficie d’environ 7 000 m² et d’une capacité de plus de 9 400 m³, il est en service depuis plus de dix ans et fournit de l’eau à des centaines d’habitants, ainsi qu’aux fonctionnaires, aux enseignants et aux élèves de la localité.
Le lac suspendu du groupe résidentiel no 1, dans la commune de Meo Vac, a été inauguré en décembre 2022.
D’une capacité de 7 000 m³, il est alimenté par les ressources en eau de la réserve naturelle de Chi San.
Thao Minh Son, vice-président du Comité populaire de la commune de Meo Vac, a indiqué que la localité compte actuellement plus de 21 000 habitants, dont environ 1 000 foyers vivant dans des villages d’altitude et des zones montagneuses calcaires n’ont toujours pas accès à une source d'eau stable.
La commune a proposé la construction de nouveaux lacs suspendus d’une capacité de 2 000 à 3 000 m³, associés à des systèmes de collecte des eaux de pluie afin d’accroître les capacités de stockage pendant la saison sèche.
Dans la commune de Dong Van, Le Trung Quyet, vice-président du Comité populaire communal, a déclaré que la localité dispose actuellement de 37 ouvrages d’approvisionnement en eau, dont 12 réservoirs.
Cependant, les besoins ne cessent de croître sous l’effet de l’augmentation de la population et du développement du tourisme.
Chaque année, quelque 150 établissements d’hébergement de la commune accueillent plus de deux millions de visiteurs.
Afin de répondre aux besoins immédiats comme aux besoins à long terme, les autorités de Dong Van préconisent d’étudier la construction de réservoirs supplémentaires dans les villages, à la fois pour les besoins domestiques et les activités productives, et pour accompagner le développement touristique.
Entre 2021 et 2025, la province de Tuyen Quang a investi dans 61 ouvrages collectifs destinés à l’approvisionnement en eau potable à 36 978 ménages.
Malgré ces efforts, le recensement fait encore état de plus de 13 059 ménages répartis dans 16 communes confrontés à des difficultés d’accès à l’eau potable.
La rivière Nho Que constitue une importante ressource naturelle en eau au cœur de cette région montagneuse, mais elle coule profondément au pied de falaises abruptes.
Si la rivière alimente les zones de basse altitude, de nombreuses communautés installées sur le plateau dépendent encore des lacs suspendus pour leur approvisionnement quotidien en eau.
Pour remédier aux pénuries d’eau pendant la saison sèche, Nguyen Van Dung, directeur du Service provincial des Affaires ethniques et religieuses de Tuyen Quang, estime qu’au-delà de la construction de nouveaux ouvrages, il convient de réévaluer l’efficacité de la gestion et de l’exploitation des infrastructures existantes d’approvisionnement en eau.
Il souligne également la nécessité d’actualiser les besoins réels de chaque localité afin de choisir les solutions d’approvisionnement et de stockage de l’eau les mieux adaptées.
Selon lui, les solutions d’approvisionnement en eau doivent tenir compte de la dispersion de l’habitat, du rythme de croissance démographique et des besoins liés au développement touristique.