Plusieurs institutions internationales saluent la résilience de l’économie vietnamienne

Plusieurs grandes institutions financières internationales considèrent le Vietnam comme l’un des moteurs de croissance les plus résilients de l’ASEAN, tout en soulignant la nécessité de lever plusieurs contraintes structurelles pour soutenir son développement à long terme.

Activités au port international Germalink à Hô Chi Minh-Ville. Photo: VNA
Activités au port international Germalink à Hô Chi Minh-Ville. Photo: VNA

Selon les évaluations de plusieurs institutions financières et organisations internationales, le Vietnam consolide sa position stratégique au sein des chaînes d'approvisionnement mondiales et s'affirme comme l’un des moteurs de croissance les plus résilients de l’ASEAN.

Dans sa mise à jour économique sur le Vietnam publiée en mai 2026, la Banque mondiale (BM) estime que le Vietnam aborde l’année 2026 dans une position parmi les plus solides d’Asie du Sud-Est, après avoir enregistré une croissance du PIB de 8 % en 2025.

Cette appréciation est partagée par Zhang Nianshan, de la Banque asiatique de développement (BAD), qui a déclaré à l’Agence vietnamienne d’information (VNA) que les perspectives économiques du Vietnam pour la période 2026-2027 demeuraient relativement robustes comparées à celles d’autres économies régionales, grâce à des fondamentaux macroéconomiques solides, une importante marge de manœuvre budgétaire et un faible niveau de dette publique.

Le groupe de technologies immobilières IQI Global a même classé le Vietnam parmi les « Fabulous Five », les cinq pays appelés à façonner les trajectoires macroéconomiques et d’investissement de l’ASEAN au cours des deux prochaines décennies.

Selon Shan Saeed, économiste en chef d’IQI Global, le Vietnam s’impose comme l’une des principales destinations de la stratégie de diversification industrielle dite « Chine +1 » adoptée par les multinationales technologiques.

Il a souligné la sophistication croissante des capacités exportatrices vietnamiennes et l’intégration profonde du pays dans les réseaux mondiaux de production.

Yun Liu, économiste senior pour l’ASEAN chez HSBC, a constaté que la structure des exportations vietnamiennes avait profondément évolué.

Alors que les produits textiles et les chaussures à faible valeur ajoutée dominaient auparavant, l’électronique représente désormais plus d’un tiers des exportations nationales et constitue un nouveau moteur de croissance du pays.

D’après la BM, les IDE enregistrés au premier trimestre 2026 ont augmenté de 36 % en glissement annuel, tandis que les décaissements ont atteint leur plus haut niveau depuis cinq ans.

Quang Ninh s’impose comme une destination privilégiée des investisseurs étrangers dans les secteurs des composants électroniques et des hautes technologies. Photo : VNA.

La BM identifie toutefois quatre contraintes structurelles majeures qui ralentissent la dynamique de croissance de l’économie vietnamienne.

La première concerne l’écart croissant entre le secteur des IDE et les entreprises domestiques, ces dernières apparaissant nettement plus vulnérables aux chocs tarifaires internationaux.

La deuxième porte sur les réserves de change, jugées insuffisantes malgré la forte croissance des échanges commerciaux, ce qui maintient des pressions persistantes sur le taux de change.

La troisième difficulté réside dans le niveau élevé de levier financier des entreprises vietnamiennes, estimé à 145 % du PIB, soit le plus élevé de l’ASEAN, alors même que les réserves de fonds propres du système bancaire restent limitées.

Enfin, la BM attire l’attention sur l’efficacité des investissements publics, alors que le Vietnam prévoit un programme d’investissements de 320 milliards de dollars pour la période 2026-2030.

Dans ce contexte, la BM prévoit un ralentissement de la croissance vietnamienne à 6,8 % en 2026, avant une reprise attendue entre 2027 et 2028, à mesure que les effets du choc pétrolier s’atténueraient et que les moteurs de croissance internes se renforceraient.

Malgré les risques élevés pesant à court terme sur l’économie, Tamina Khan, économiste en chef de la BM pour le Vietnam, le Cambodge et le Laos, a indiqué que les perspectives à moyen terme demeuraient très positives et plus équilibrées.

Selon elle, si les réformes engagées sont mises en œuvre efficacement, le Vietnam disposera de toutes les capacités nécessaires pour surmonter les difficultés extérieures et maintenir une trajectoire de croissance soutenue.

VNA/NDEL
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