Préserver et faire rayonner les espaces verts des îles et de la mer

Le district spécial de Ly Son, dans la province de Quang Ngai, possède de riches atouts naturels et culturels. En 2026, la localité entend les valoriser pour devenir une destination touristique verte et durable.

Le coucher du soleil sur l’île Bé, à Ly Son. (Photo : TRAN THANH)
Le coucher du soleil sur l’île Bé, à Ly Son. (Photo : TRAN THANH)

Le district spécial de Ly Son, province de Quang Ngai (au Centre du Vietnam) recèle de multiples valeurs façonnées au fil du temps par la nature et la vie de ses habitants. Les traces volcaniques, les champs d’ail caractéristiques, les espaces marins et les écosystèmes insulaires environnants façonnent son identité particulière et ouvrent également des perspectives de développement touristique. En 2026, la localité entend mieux valoriser ces atouts pour devenir une destination verte et durable.

Renouveler les produits touristiques à partir des atouts existants

À Ly Son, les paysages semblent toujours inviter à une découverte qui ramène à l’humain. Les formations géologiques qui ont façonné l’île, les terres et la mer qui nourrissent les moyens de subsistance, ainsi que les coutumes, les croyances et la mémoire liée aux îles et à la mer sont préservées avec attachement, profondeur et harmonie au sein de la communauté.

Dang Van Sam est un jeune entrepreneur qui a créé un modèle d’hébergement chez l’habitant. À partir d’une petite structure d’accueil, il s’emploie à rapprocher les visiteurs de la vie des habitants à travers des expériences telles que la pêche, le lancer de filets, ainsi que la culture et la récolte d’oignons et d’ail.

Dans un autre domaine du tourisme maritime, Le Van Thanh, qui travaille dans le transport et les activités de découverte en mer à Ly Son, associe son activité à des excursions permettant aux visiteurs d’explorer l’espace maritime et insulaire, notamment à travers des activités nautiques.

Outre la mer, l’agriculture constitue également un élément important du patrimoine et des ressources de Ly Son. Nguyen Van Dinh s’est engagé dans la culture et la commercialisation de l’ail, produit emblématique de son terroir, en l’introduisant dans un réseau de distribution plus large. Son orientation vers une production propre et une valorisation accrue des produits agricoles a été saluée à plusieurs reprises par la presse.

Désormais, alors que Ly Son se fixe pour objectif de devenir un centre du tourisme maritime et insulaire, les initiatives de la communauté doivent davantage s’inscrire dans une orientation de développement à long terme.

Le projet de développement du district spécial de Ly Son en tant que centre du tourisme maritime et insulaire à l’horizon 2030, avec une vision à l’horizon 2045, adopté par le Comité populaire de la province de Quang Ngai en mai 2026, place le développement touristique dans une démarche associant préservation et valorisation du patrimoine culturel, protection des paysages et de l’environnement et adaptation au changement climatique. Le principe directeur du projet est de développer un tourisme durable fondé sur une croissance verte et circulaire. Le district spécial est ainsi appelé à diversifier son offre, en allant au-delà du tourisme maritime et balnéaire pour développer la découverte de la géologie et des volcans, l’écotourisme, le tourisme communautaire et agricole, ainsi que les expériences culturelles. Il s’agit d’une évolution nécessaire pour une destination jusqu’ici principalement connue pour ses paysages.

Dans le cadre de la série d’activités touristiques maritimes et insulaires organisées en 2026, Ly Son a créé de nouveaux temps forts à travers des événements sportifs liés à la mer. En juin 2026, le Festival vietnamien de paddleboard (SUP) a notamment été organisé, réunissant quelque 150 sportifs vietnamiens et étrangers. Le championnat de natation en mer de Ly Son 2026, avec différentes épreuves sur plusieurs distances, s’est ensuite déroulé dans une ambiance animée. Cette série d’événements contribue à intégrer l’espace maritime et insulaire à des activités d’expérience directe, tout en créant de nouveaux produits touristiques associant sport, paysages et écosystèmes marins.

Selon un rapport du Comité populaire du district spécial de Ly Son, au cours des six premiers mois de 2026, la localité a accueilli plus de 100 000 visiteurs, dont plus de 3 500 étrangers. L’île compte actuellement plus de 120 établissements d’hébergement proposant plusieurs milliers de chambres, cinq agences de voyages, sept navires à grande vitesse, 11 bateaux de transport, près de 100 véhicules de transport terrestre, ainsi qu’un grand nombre de restaurants et de points de restauration. Dans les faits, le flux de visiteurs reprend et les services touristiques sur l’île continuent de se développer.

Ly Son compte actuellement 36 produits certifiés OCOP issus de sept établissements de production et de commerce, dont un produit classé cinq étoiles, cinq produits quatre étoiles et 30 produits trois étoiles, ainsi que de nombreux produits emblématiques tels que la sauce de poisson, les algues et les produits de la mer frais. Ces ressources constituent une matière première importante pour établir un lien entre production et tourisme, à condition de les intégrer dans des chaînes d’expériences et de consommation de qualité.

Préserver durablement la couleur verte

Outre son potentiel, le développement d’un tourisme vert dans le district spécial de Ly Son constitue un défi de taille pour une île de petite superficie, disposant de ressources foncières et hydriques limitées, alors que le nombre de visiteurs augmente. Avec l’afflux touristique viennent de fortes exigences en matière d’approvisionnement en eau potable, de traitement des déchets et des eaux usées, de transport, d’hébergement et de protection de l’espace maritime et insulaire.

Lors du colloque scientifique « Développement socio-économique durable des districts spéciaux insulaires : culture, tourisme et sécurité », organisé à Ly Son en juillet 2026, la docteure Pham Thi Tram, vice-directrice de l’Institut de géographie humaine et du développement durable, a soulevé la question du développement des districts spéciaux insulaires sur des bases durables, en assurant un équilibre entre croissance économique, préservation de la nature, sauvegarde de l’identité culturelle et protection des intérêts nationaux. Ces réflexions montrent que, pour Ly Son, la question du tourisme doit être envisagée dans un cadre bien plus large que celui de l’accueil et du service aux visiteurs. Il s’agit aussi de savoir comment la communauté organise sa vie et utilise des ressources limitées.

La réalité à Ly Son fait déjà apparaître certaines limites. Le rapport du district spécial pour les six premiers mois de 2026 fait état d’une pénurie croissante d’eau douce et d’un risque d’intrusion saline. Certaines infrastructures touristiques restent inachevées, tandis que les déchets, les déchets issus de l’agriculture et les activités commerciales spontanées dans certaines zones doivent encore faire l’objet de mesures correctives. Si ces problèmes ne sont pas résolus rapidement, ils pourraient devenir un frein aux objectifs de développement que la localité s’est fixés.

Ly Son doit progressivement faire évoluer ses modes de fonctionnement vers une réduction des émissions, encourager les moyens de transport respectueux de l’environnement, réduire la consommation d’énergie, limiter les plastiques à usage unique et promouvoir des modèles d’économie circulaire dans les établissements d’hébergement, les restaurants et les services touristiques. Les infrastructures vertes doivent être intégrées dès la phase de planification, afin d’éviter de construire d’abord les ouvrages pour ensuite chercher à résoudre les problèmes liés à l’eau, aux déchets, aux transports et aux paysages.

Le vice-président du Comité populaire du district spécial de Ly Son, Nguyen Dao, a indiqué que Ly Son, île avancée en première ligne, réunissait de nombreuses valeurs liées à la géologie volcanique, aux écosystèmes marins et à la culture et à l’histoire associées à la flotte de Hoang Sa chargée d’administrer et de gérer les archipels de Hoang Sa et de Bac Hai. Une identification complète des potentialités et des atouts, ainsi que des problèmes auxquels le district spécial est confronté, constitue donc la base nécessaire pour proposer des modèles et des solutions de développement socio-économique durable, associés à la préservation de la culture, à une exploitation efficace des ressources, à la protection de l’environnement et à la garantie de la défense et de la sécurité nationales.

Une autre exigence d’importance à long terme consiste à encourager les habitants à devenir les acteurs du processus de développement. Préserver les moyens de subsistance et la confiance de la communauté est essentiel pour protéger et faire rayonner l’espace maritime et insulaire. Les habitants doivent pouvoir vivre dans des conditions stables et bénéficier à la hauteur de leur contribution des valeurs que la localité valorise à travers le tourisme.

Dans cette perspective, le modèle de développement des îles avancées en première ligne doit reposer sur l’articulation de plusieurs piliers : politique et idéologie ; économie et science ; défense et sécurité. Il s’agit également d’une solution contribuant à créer des bases durables pour le développement économique, tout en participant à la protection de la souveraineté nationale à partir de la base.

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