Réduire les émissions grâce au captage, à l’utilisation et au stockage du CO₂

La technologie de captage, d’utilisation et de stockage du CO₂ (CCUS) constitue une solution prometteuse pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, notamment dans les secteurs industriels où leur réduction est difficile, tels que la production d’électricité thermique, le ciment, l’acier, les hydrocarbures et la chimie.

Le vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Le Trong Yen, s’exprime lors du séminaire. Photo : Thanh Hai
Le vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Le Trong Yen, s’exprime lors du séminaire. Photo : Thanh Hai

Cette question était au cœur du séminaire intitulé « Technologies de captage, d’utilisation et de stockage du CO₂ : une solution pour accélérer la transition vers la zéro émission nette au Vietnam », organisé dans la matinée du 27 octobre à Hanoï par le journal « l’Agriculture et l’Environnement », le Département du changement climatique du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement et l’Institut vietnamien du pétrole.

Selon le vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Le Trong Yen, les premières recherches sur le stockage du CO₂ en mer, les solutions permettant d’utiliser le CO₂ dans la production de produits chimiques, de carburants et de matériaux de construction, ainsi que les approches associant le captage du CO₂ à la production d’hydrogène, ouvrent de nouvelles perspectives de coopération.

Le Vietnam dispose de sources concentrées d’émissions de CO₂ provenant des secteurs industriel et énergétique, ainsi que d’un potentiel de stockage dans certains bassins sédimentaires et gisements pétroliers et gaziers offshore en déclin. La mise en place d’un marché du carbone, le développement de la finance verte et le perfectionnement du cadre juridique relatif aux activités pétrolières et gazières constituent également des conditions favorables à l’étude et au déploiement des technologies CCUS dans les années à venir.

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Les délégués participant au séminaire. Photo : Thanh Hai

De son côté, le docteur Nguyen Thanh Tung, directeur adjoint de l’Institut vietnamien du pétrole, estime que l’intégration de dispositions relatives au captage, à l’utilisation et au stockage du carbone dans la loi révisée sur le pétrole et le gaz constitue une avancée importante, en établissant une base juridique permettant au Vietnam de concrétiser des projets dans ce domaine.

« En matière de stockage du CO₂, le potentiel géologique ne signifie pas qu’un projet commercial peut nécessairement être réalisé. Chaque site de stockage doit faire l’objet d’une évaluation et d’une vérification approfondies de sa capacité de stockage, de ses possibilités d’injection et de l’intégrité du stockage. Il faut également garantir la possibilité d’assurer un suivi de la sécurité à long terme. Un projet ne peut être déployé à l’échelle commerciale que si un modèle économique viable est établi, avec des revenus suffisamment stables pour couvrir les coûts d’investissement, d’exploitation et les risques supportés par les investisseurs », a souligné Nguyen Thanh Tung.

Présentant les orientations de la gestion des émissions de carbone au Vietnam en vue d’atteindre l’objectif de zéro émission nette, le docteur Luong Quang Huy, chef de la division chargée de la gestion des émissions de gaz à effet de serre et de la protection de la couche d’ozone au sein du Département du changement climatique, a indiqué que, pour la période 2021-2025, l’essentiel du cadre réglementaire relatif à l’obligation d’inventaire des émissions de gaz à effet de serre avait été mis en place. Le marché pilote du carbone avait également commencé à fonctionner, tandis qu’un système national de mesure, de déclaration et de vérification (MRV), garantissant la transparence, avait été établi.

Pour la période 2026-2030, les priorités consistent à intensifier la réduction des émissions et à achever le cadre opérationnel du marché du carbone. Le Vietnam prévoit de mettre officiellement en service sa plateforme d’échange de crédits carbone à partir de 2028, d’atteindre son pic d’émissions et d’engager une restructuration profonde et coordonnée de l’ensemble du secteur énergétique.

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Le docteur Luong Quang Huy, chef de la division chargée de la gestion des émissions de gaz à effet de serre et de la protection de la couche d’ozone au sein du Département du changement climatique. Photo : Thanh Hai

Évoquant les possibilités de déploiement des technologies CCUS au Vietnam, Le Van Nghi, président-directeur général de QIS Global, a estimé que la viabilité économique demeurait un défi majeur. Les coûts de captage, de transport, d’utilisation ou de stockage du CO₂ doivent en effet être mis en balance avec les revenus tirés des produits utilisant le CO₂ et les bénéfices économiques liés à la réduction des émissions. La feuille de route de développement des technologies CCUS doit donc être définie par étapes, en tenant compte des conditions réelles de chaque secteur et de chaque site industriel.

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Le Van Nghi, président-directeur général de QIS Global. Photo : Thanh Hai

Dans un premier temps, il conviendrait de privilégier des projets de taille adaptée, disposant de sources de CO₂ faciles à capter, de débouchés clairement identifiés pour son utilisation ou de solutions de stockage bien définies, ainsi que de capacités suffisantes pour mobiliser les ressources nécessaires. À partir de ces premiers projets, le Vietnam pourrait progressivement développer des pôles industriels partageant des infrastructures de collecte, de transport et de stockage du CO₂, afin d’optimiser les coûts et de permettre à davantage d’entreprises de participer.

À long terme, le développement des technologies CCUS doit s’inscrire dans la constitution d’un écosystème technologique au service de l’objectif de zéro émission nette. Dans cette perspective, la coopération internationale doit aller de pair avec le transfert de technologies, la formation des ressources humaines et une participation accrue des entreprises vietnamiennes à la conception, à la fabrication, à l’intégration, aux essais, à l’exploitation et à la sécurisation des systèmes.

Par ailleurs, Darshil Korde, directeur général adjoint et responsable du développement commercial durable chez ISSPL Limited, a indiqué que, dans le monde, des cadres juridiques aboutis envoyaient des signaux clairs en matière de demande. Pour répondre aux besoins de financement, il est nécessaire de disposer d’intermédiaires financiers capables de mettre en relation les fonds budgétaires, les marchés obligataires internationaux, le crédit commercial, les capitaux privés et les flux financiers issus du marché des crédits carbone.

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Darshil Korde, directeur général adjoint et responsable du développement commercial durable chez ISSPL Limited. Photo : Thanh Hai

Lors du séminaire, les délégués, les experts et les entreprises ont principalement examiné les conditions nécessaires à la mise en œuvre concrète des technologies CCUS au Vietnam. Ils ont également analysé les difficultés à surmonter et proposé des pistes de coopération et de réalisation de projets adaptées aux conditions nationales.

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