Séduit par l’hospitalité vietnamienne, un Japonais choisit de faire sa vie à Hanoï

Arrivé au Vietnam pour des raisons professionnelles en 2023, le Japonais Tamaru Hitoshi a découvert, au fil de ses rencontres avec les habitants, un pays auquel il s’est profondément attaché. 

Tamaru Hitoshi devant la porte O Quan Chuong, l’un des vestiges historiques du vieux quartier de Hanoï. Photo : fournie par l’intéressé
Tamaru Hitoshi devant la porte O Quan Chuong, l’un des vestiges historiques du vieux quartier de Hanoï. Photo : fournie par l’intéressé

Arrivé au Vietnam pour des raisons professionnelles en 2023, le Japonais Tamaru Hitoshi a découvert, au fil de ses rencontres avec les habitants, un pays auquel il s’est profondément attaché. Des repas partagés aux gestes de solidarité du quotidien, ces expériences l’ont conduit à rester à Hanoï et à faire découvrir la culture vietnamienne à travers ses vidéos.

Pour Tamaru Hitoshi, 37 ans, originaire de Kyoto, l’attachement au Vietnam s’est construit autour de gestes simples : une invitation à déjeuner après une journée de travail, un repas préparé avec attention ou encore l’aide spontanée d’un inconnu.

Arrivé à Hanoï en octobre 2023 pour développer les activités d’une entreprise japonaise spécialisée dans le nettoyage professionnel à domicile, il ne s’imaginait pas que cette expérience allait transformer sa vie.

Lorsqu’il travaillait dans le secteur du nettoyage à domicile, Tamaru Hitoshi se rendait lui-même chez les clients pour assurer les prestations et recueillir leurs avis. Photo : fournie par l’intéressé
Lorsqu’il travaillait dans le secteur du nettoyage à domicile, Tamaru Hitoshi se rendait lui-même chez les clients pour assurer les prestations et recueillir leurs avis. Photo : fournie par l’intéressé

En trois ans, son travail l’a conduit dans plus de 140 foyers vietnamiens. Bien qu’il occupât un poste de directeur, il tenait à intervenir lui-même chez les clients pour comprendre leurs besoins et recueillir leurs impressions.

Mais ce sont surtout les relations humaines nouées au fil de ces visites qui l’ont marqué.

Des repas qui rapprochent les cultures

Dans la plupart des familles où il intervenait, Hitoshi était invité à rester déjeuner ou dîner une fois son travail terminé. Celui qui venait fournir un service se retrouvait ainsi accueilli comme un ami de la maison.

Il se souvient notamment d’une famille passionnée par les produits japonais, qui avait insisté pour lui faire goûter du riz vietnamien cuit dans un appareil fabriqué au Japon.

Accompagné de poulet vapeur et d’une sauce au sel, au poivre et au citron vert, ce repas lui a laissé un souvenir particulièrement heureux.

Après ses interventions, Tamaru Hitoshi était souvent invité à partager un repas avec les familles vietnamiennes qui faisaient appel à ses services. Photo : fournie par l’intéressé
Après ses interventions, Tamaru Hitoshi était souvent invité à partager un repas avec les familles vietnamiennes qui faisaient appel à ses services. Photo : fournie par l’intéressé

À cette époque, Hitoshi maîtrisait encore peu le vietnamien. Les échanges étaient parfois difficiles, mais les repas partagés lui permettaient de nouer des liens au-delà des barrières linguistiques.

Une autre attention l’a profondément touché. Comme il sautait régulièrement le déjeuner pour travailler, un collègue vietnamien lui a proposé de partager les repas préparés par sa mère.

Malgré les hésitations initiales du Japonais, son collègue a continué à lui apporter chaque jour une boîte-repas, composée de plats familiaux différents : poulet, tofu à la sauce tomate ou porc assaisonné.

Hitoshi a ensuite rencontré la mère de son collègue et découvert la cuisine où ces repas étaient préparés. Il a alors pris pleinement conscience du temps et de l’attention que cette famille lui consacrait.

Tamaru Hitoshi et son ami vietnamien, qui lui apportait chaque jour un repas préparé par sa mère, lors d’un dîner d’anniversaire dans un restaurant japonais. Photo : fournie par l’intéressé
Tamaru Hitoshi et son ami vietnamien, qui lui apportait chaque jour un repas préparé par sa mère, lors d’un dîner d’anniversaire dans un restaurant japonais. Photo : fournie par l’intéressé

D’autres gestes ont renforcé son attachement au pays. Un passant l’a un jour aidé à ramener sa moto en panne sous la pluie. À son arrivée à Hanoï, un agent de sécurité de son immeuble l’avait accompagné au marché pour lui apprendre à choisir du riz.

Ces expériences ont progressivement fait naître chez lui une question : comment rendre aux Vietnamiens une partie de la gentillesse qu’il avait reçue ?

Le choix de rester et de construire une nouvelle vie

En avril 2025, Hitoshi s’est retrouvé à un tournant professionnel. En raison de divergences d’orientation avec son entreprise au Japon, il a décidé de quitter ses fonctions, alors que les activités de celle-ci au Vietnam prenaient également fin.

Deux possibilités s’offraient à lui : rentrer dans son pays natal ou poursuivre son aventure vietnamienne.

Il a choisi la seconde.

Fort de son expérience dans la recherche de clients et le développement commercial, il s’est lancé à son compte dans le conseil en gestion et en marketing auprès d’entreprises japonaises implantées au Vietnam.

Il accompagne aujourd’hui plusieurs sociétés, notamment dans les secteurs de l’aménagement intérieur et de la restauration.

Cependant, sa décision ne reposait pas uniquement sur des considérations professionnelles.

Passionné par la découverte d’autres cultures, il avait trouvé au Vietnam un environnement où chaque journée pouvait lui apporter une expérience nouvelle.

Kyoto et Hanoï, deux villes riches d’une longue histoire, présentent à ses yeux certaines similitudes. Il apprécie particulièrement leurs établissements anciens, leurs traditions culinaires et les atmosphères singulières qui se transmettent d’une génération à l’autre.

Les liens tissés avec les familles vietnamiennes ont fini par lui donner le sentiment d’avoir trouvé une seconde patrie.

Faire découvrir le Vietnam à travers ses saveurs

Depuis juillet 2026, Hitoshi réalise régulièrement des vidéos consacrées à la gastronomie et à la vie quotidienne au Vietnam.

Tamaru Hitoshi réalise une vidéo lors de ses découvertes de la gastronomie et de la vie quotidienne à Hanoï. Photo : fournie par l’intéressé
Tamaru Hitoshi réalise une vidéo lors de ses découvertes de la gastronomie et de la vie quotidienne à Hanoï. Photo : fournie par l’intéressé

Son objectif n’est pas seulement de présenter des spécialités culinaires, mais aussi de raconter les histoires des établissements, de leurs propriétaires et des quartiers où ils se trouvent.

Lorsqu’il vivait au Japon, son travail l’avait amené à parcourir les 47 préfectures de l’archipel. Il avait alors pris l’habitude de rechercher les restaurants anciens et les adresses appréciées des habitants, convaincu que la cuisine constituait une porte d’entrée privilégiée vers la culture locale.

Il applique aujourd’hui cette même démarche à Hanoï.

Fin août 2026, dans une rue de la capitale, il a ainsi découvert le bún đậu mắm tôm, un plat associant vermicelles de riz, tofu frit, viande et pâte de crevettes fermentées.

D’abord rebuté par l’odeur de cette sauce, il a repensé au natto, une spécialité japonaise à base de soja fermenté qui surprend souvent les étrangers.

Il a finalement goûté le plat et découvert une saveur bien différente de ce qu’il imaginait. Un convive vietnamien lui a ensuite expliqué comment préparer la sauce avec du sucre, du kumquat et de l’huile chaude.

Cette expérience a renforcé sa curiosité pour les habitudes alimentaires vietnamiennes et les multiples façons de préparer un même plat.

Aujourd’hui, Hitoshi mange principalement vietnamien, qu’il s’agisse d’un bol de phở gà, la soupe de nouilles au poulet, ou d’une portion de xôi xéo, du riz gluant accompagné de haricots mungos.

Même le phở, qu’il connaissait déjà à son arrivée, continue de le surprendre. Avec le temps, il a appris à distinguer les subtilités des bouillons et le savoir-faire propre à chaque cuisinier.

Parmi les spécialités hanoïennes auxquelles il s’est particulièrement attaché figurent les quẩy, ces beignets croustillants qu’il aime tremper dans le bouillon du phở bò, la soupe de nouilles au bœuf.

Un pays qu’il lui reste à explorer

À travers ses vidéos, Hitoshi espère faire connaître des restaurants parfois peu visibles sur les réseaux sociaux et contribuer, à sa manière, à leur activité.

C’est aussi pour lui une façon de témoigner sa reconnaissance envers les personnes qui l’ont accueilli et accompagné depuis son arrivée.

Ses projets de découverte dépassent désormais les frontières de Hanoï. Il souhaite visiter les régions montagneuses, partager des repas avec les communautés ethniques et découvrir les différences entre les traditions culinaires du Nord et du Sud.

Après trois années passées au Vietnam, sa curiosité demeure intacte.

Pour ce Japonais venu initialement pour travailler, rester au Vietnam signifie continuer à apprendre, à rencontrer et à s’émerveiller. Car, comme il le confie dans son témoignage, ce pays recèle encore bien des choses qu’il ne connaît pas.

D’après un témoignage de Tamaru Hitoshi publié dans le magazine Thời Đại, le 19 octobre 2026.

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