Les rues qui préservent le patrimoine paysager urbain de Saigon

Les rues anciennes, l’architecture historique, les alignements d’arbres et les traces d’une ville façonnée par les cours d’eau contribuent à former le patrimoine paysager caractéristique de Saigon.

Le paysage urbain est un concept large qui englobe les éléments du paysage naturel (cours d’eau, relief, végétation naturelle,...) et du paysage humain (urbanisme, architecture,...), ainsi que les activités sociales qui façonnent et influencent ce paysage, notamment le commerce et les services.

Le paysage urbain du centre-ville est toujours considéré comme représentatif et caractéristique de l’histoire du développement urbain. Il reflète également l’attitude de la communauté et des autorités municipales à l’égard de l’histoire et de la culture de la ville.

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Saigon autrefois jouait un rôle de centre administratif et portuaire dans le Sud du Vietnam. Photo : T.L.

Le paysage du centre-ville de Saigon repose principalement sur deux éléments :

- Une ville façonnée par les cours d’eau (canal Tau Hu, canal Doi, canal Te, rivière Ben Nghe, arroyo Nhieu Loc – Thi Nghe,...).

- Une ville de conception occidentale : les principales rues, perpendiculaires ou parallèles aux canaux et arroyos importants, forment un quadrillage. Au centre de chaque îlot se trouvent des espaces principalement dédiés à l’administration, au commerce et aux services, ou encore à l’habitat, associés à des styles architecturaux adaptés à leurs fonctions.

Certains carrefours du centre-ville, ou intersections de plusieurs grands axes, sont aménagés en places circulaires ou en ronds-points. Ceux-ci servent à réguler la circulation tout en contribuant à l’embellissement de la ville grâce aux espaces verts, aux fleurs et aux fontaines.

Certaines des plus anciennes rues du centre-ville, emblématiques de ces deux éléments, portent ainsi les valeurs du patrimoine paysager urbain de Saigon.

Pour être considérées comme faisant partie de ce patrimoine, ces rues doivent être anciennes et abriter des édifices présentant un intérêt historique et artistique, ainsi que des espaces verts caractéristiques de la ville de Saigon. Au-delà de leur fonction de circulation, elles constituent des espaces publics familiers aux habitants, accueillant de nombreuses activités économiques et culturelles, telles que le commerce, la promenade, la contemplation du paysage et l’organisation de festivités.

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Ho Chi Minh-Ville poursuit son développement vers une ville toujours plus civilisée et moderne. Photo : Le Viet Khan.

Dans ses mémoires, Paul Doumer, gouverneur général de l’Indochine de 1897 à 1902, décrivait Saigon à la fin du XIXe siècle en ces termes :

« Saigon est une belle ville tropicale, la ville la plus charmante de l’Extrême-Orient. Certains édifices de Saigon sont d’une grande beauté artistique ; tous sont de grandes dimensions. Les maisons sont généralement assez jolies, les rues sont ombragées par des arbres, et l’ensemble semble plongé dans un océan de verdure. Vue d’en haut, depuis le poste d’observation situé au sommet d’un navire ou depuis les tours des églises, Saigon apparaît comme un immense parc… »

Cette verdure ne provenait pas seulement de véritables « forêts » d’arbres, mais aussi des rues bordées de deux rangées d’arbres hauts offrant une ombre généreuse. Dès ses débuts, la ville de Saigon a été aménagée avec différentes essences d’arbres plantées le long des trottoirs et dans les parcs.

La plantation et l’entretien de ces espaces verts suivaient des principes similaires à ceux de Paris et de nombreux pays européens : bien qu’il s’agisse d’arbres plantés, leur disposition était conçue pour donner une impression de naturel, comme un vestige de forêt préservé.

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