Au village de Ban But, les artisanes de l’ethnie Thái perpétuent l’art du tissage traditionnel à travers des motifs géométriques aux couleurs éclatantes. Photo : Le Duong/Vietnamnet.
Au village de Ban But, les artisanes de l’ethnie Thái perpétuent l’art du tissage traditionnel à travers des motifs géométriques aux couleurs éclatantes. Photo : Le Duong/Vietnamnet.

Ban But : le tissage traditionnel du brocart, un héritage centenaire qui attire les visiteurs

Dans le village de Ban But, commune de Nam Xuan, dans la province de Thanh Hoa, les Thái valorisent leur savoir-faire traditionnel en matière de tissage de brocart à travers le tourisme communautaire, contribuant ainsi à préserver leur identité culturelle tout en créant de nouvelles sources de revenus pour la population locale.

Niché au cœur des montagnes et des forêts de l’ouest de la province de Thanh Hoa (au centre du Vietnam), le village de Ban But abrite une communauté Thái vivant dans d’anciennes maisons traditionnelles sur pilotis.

Avec ses paysages paisibles et son riche patrimoine culturel, le village offre aux visiteurs un cadre propice à la découverte. Ceux-ci peuvent non seulement séjourner dans des maisons sur pilotis et déguster des spécialités locales, comme le riz gluant cuit dans un bambou et le poulet élevé en plein air, mais aussi découvrir un métier à tisser transmis de génération en génération.

Dans les maisons sur pilotis accueillant les touristes, le brocart se décline en une multitude d’objets du quotidien : foulards, sacs en tissu, taies d’oreiller, rideaux, couvertures, draps et coussins. Réalisés à la main par des artisans, les motifs aux couleurs variées embellissent les espaces d’hébergement tout en offrant aux visiteurs une immersion dans la culture locale.

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Mme Nha tisse du brocart pour les touristes. Photo : Le Duong.

Luong Thi Nha, âgée de 75 ans, explique avoir appris le tissage dès l’âge de 7 ans. Enfant, elle observait régulièrement sa mère et d’autres membres de sa famille travailler au métier à tisser. C’est ainsi qu’elle s’est progressivement initiée à cet artisanat traditionnel.

« Le tissage exige de la patience et de la minutie, depuis la préparation des fils et l’harmonisation des couleurs jusqu’à la réalisation des motifs. Chaque étape requiert de la précision. Il faut maîtriser les règles propres à chaque motif et ajuster chaque fil pour faire apparaître les dessins caractéristiques du tissu », confie-t-elle.

Pour Mme Nha, le tissage de brocart ne consiste pas seulement à fabriquer des objets destinés à la vie quotidienne. Il représente également un moyen de préserver le patrimoine culturel de son peuple et de transmettre aux jeunes générations les techniques de tissage ainsi que les motifs patiemment élaborés par leurs ancêtres.

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Le tissage manuel du brocart permet de réaliser des motifs d’une grande finesse. Photo : Le Duong.

« En 2021, le métier traditionnel de tissage de brocart du village de Ban But a été reconnu comme métier traditionnel par le Comité populaire de la province de Thanh Hoa. Cette reconnaissance constitue un encouragement supplémentaire à la préservation de ce savoir-faire et à la valorisation de son patrimoine dans la vie contemporaine », précise-t-elle.

Une nouvelle source de revenus

Selon les habitants, autrefois essentiellement destinés aux besoins des familles, les textiles en brocart fabriqués par les Thái de Ban But trouvent aujourd’hui de nouveaux débouchés grâce au développement du tourisme communautaire.

Outre les vêtements et les foulards traditionnels piêu, les habitants confectionnent des sacs en tissu, des coussins, des couvertures, des draps, des taies d’oreiller et divers objets adaptés aux besoins des visiteurs. Ces produits servent à la fois à décorer les maisons sur pilotis accueillant les touristes et à leur être proposés comme souvenirs.

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Les foulards en brocart sont très appréciés des visiteurs. Photo : Le Duong.

Hoang Manh Hung, vice-président du Comité populaire de la commune de Nam Xuan, explique que l’intégration du brocart dans les espaces d’hébergement permet de diversifier les usages de ces produits traditionnels, tout en donnant aux visiteurs l’occasion de découvrir le tissage et la culture locale.

Selon M. Hung, à partir de 2020, les autorités locales ont sélectionné plusieurs maisons traditionnelles sur pilotis afin de les aménager en hébergements chez l’habitant. Lancé par quelques premiers foyers, le modèle du tourisme communautaire s’est progressivement étendu.

Aujourd’hui, cinq foyers du village de Ban But exercent une activité touristique. Chaque année, la localité accueille environ 10 000 à 15 000 visiteurs venus découvrir les lieux, participer à des activités et profiter d’un séjour de détente, générant des revenus non négligeables pour la population. Le tourisme ouvre également de nouveaux débouchés aux produits en brocart, contribuant ainsi aux revenus des personnes qui perpétuent ce métier traditionnel.

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Les jeunes générations apprennent à leur tour le tissage pour préserver le patrimoine culturel local. Photo : Le Duong.

« La commune entend développer le tourisme communautaire en l’associant à la préservation et à la valorisation de l’identité culturelle traditionnelle. Les produits artisanaux, en particulier le brocart, constituent l’un des éléments distinctifs de la destination. Cette orientation est également essentielle pour assurer la pérennité de ce métier traditionnel », souligne M. Hung.

Le vice-président du Comité populaire de la commune de Nam Xuan estime que, pour faire du brocart une source de revenus véritablement durable, il est nécessaire d’améliorer la qualité des produits, de diversifier les modèles et de préserver leur caractère artisanal.

Par ailleurs, le renforcement des liens entre les tisserands, les établissements d’hébergement, les agences de voyage et les acteurs de la promotion touristique contribuera à élargir les débouchés commerciaux et à permettre aux habitants de mieux maîtriser leur production.

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