Le brocart H'mong de Pa Co, entre héritage culturel et essor économique

Dans la commune de Pa Co, province de Phu Tho, au Nord du Vietnam, les femmes H'mong perpétuent l’art du tissage traditionnel tout en développant la commercialisation de leurs créations, qui leur procurent des revenus et contribuent à préserver l’identité culturelle de leur communauté.

Dans la commune de Pa Co, province de Phu Tho, les femmes Hmong perpétuent l’art du tissage traditionnel tout en développant la commercialisation de leurs créations, qui leur procurent des revenus et contribuent à préserver l’identité culturelle de leur communauté. Photo : VNA.
Dans la commune de Pa Co, province de Phu Tho, les femmes Hmong perpétuent l’art du tissage traditionnel tout en développant la commercialisation de leurs créations, qui leur procurent des revenus et contribuent à préserver l’identité culturelle de leur communauté. Photo : VNA.

Au cœur des montagnes de Pa Co, province de Phu Tho, les femmes H'mong continuent de préserver un savoir-faire transmis de génération en génération. Aux couleurs éclatantes, les étoffes brodées et ornées de motifs traditionnels témoignent d’un patrimoine culturel vivant, façonné par le travail, la mémoire et la créativité des artisanes.

Dans cette commune, le tissage du brocart occupe depuis longtemps une place essentielle dans la vie de la communauté. Dès leur enfance, les filles apprennent auprès de leur mère et de leur grand-mère à filer les fibres, à tisser les étoffes, à broder et à dessiner des motifs sur le tissu de lin avec la technique du batik à la cire d’abeille.
Issue d’une famille où plusieurs générations pratiquent cet artisanat, Giang Thi Mua s’est familiarisée très tôt avec le bruit du métier à tisser.

En observant sa mère et sa grand-mère, elle a progressivement appris les différentes étapes de fabrication, jusqu’à confectionner elle-même son costume traditionnel. Après son mariage, sa belle-mère lui a transmis des techniques supplémentaires de broderie et de décoration à la cire d’abeille. Pour elle, ce métier permet non seulement d’améliorer les revenus familiaux, mais aussi de préserver l’identité culturelle des Hmong.

La confection d’un costume traditionnel exige de nombreuses opérations minutieuses. Récolté sur les versants montagneux, le lin est d’abord écorcé et séché, puis transformé en fils. Ceux-ci sont ensuite tissés pour obtenir les étoffes, qui sont assouplies, lavées, séchées et repassées avant la réalisation des motifs.

Parmi les techniques les plus singulières figure le batik à la cire d’abeille. À l’aide d’un petit stylet en cuivre trempé dans la cire chaude, les artisanes tracent délicatement des motifs sur le tissu blanc. L’étoffe est ensuite plongée à plusieurs reprises dans une teinture indigo. Une fois la cire retirée, les dessins blancs apparaissent alors sur le fond bleu foncé. Inspirés de la nature, des montagnes et de la vie quotidienne, ces motifs possèdent une valeur esthétique, mais racontent également des histoires liées à la culture de la communauté.

Sung Y Thanh, habitante de Pa Co, souligne que les femmes Hmong doivent traditionnellement savoir confectionner leurs propres vêtements ainsi que ceux de leur mari et de leurs enfants. Ces compétences sont transmises par les aînées aux jeunes générations. Elle relève toutefois que l’exode des jeunes vers les villes pour étudier ou travailler menace la continuité de certains métiers artisanaux. À Pa Co, le tissage se maintient grâce à la volonté de la communauté et aux efforts des organisations locales de femmes.

Au-delà de sa dimension culturelle, cet artisanat constitue une source de revenus. Les jupes, vêtements traditionnels, sacs, foulards, portefeuilles et souvenirs séduisent les visiteurs par leur caractère artisanal et leur identité locale.

Selon Hang Y Tenh, présidente de l’Union des femmes de la commune de Pa Co, des groupes d’artisanes poursuivent leur activité dans les hameaux de Pa Co 1 et de Cha Day. Ils répondent aux besoins de la communauté tout en fabriquant des produits destinés à la vente.

Certaines créations sont présentées à des visiteurs vietnamiens et étrangers, tandis que d’autres sont commercialisées sur des marchés au Laos, en Thaïlande et aux États-Unis. Les artisanes peuvent ainsi percevoir un revenu annuel moyen de 70 à 80 millions de dôngs.

À Pa Co, les femmes continuent ainsi de faire vivre un patrimoine précieux. Chaque fil de lin et chaque motif contribuent à relier les générations et à transmettre l’âme de la culture Hmong, tout en ouvrant de nouvelles perspectives économiques.

VNA/NDEL
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