D’un système reposant sur l’approche traditionnelle et des marchés spontanés, les agriculteurs accèdent désormais aux avancées scientifiques et techniques, standardisent leurs processus et appliquent les technologies numériques dans la production et la distribution.
Dans de nombreuses localités, les coopératives ne jouent pas seulement un rôle d’intermédiaire entre agriculteurs et entreprises, mais deviennent également un « pilier » essentiel dans les stratégies de réduction durable de la pauvreté.
L’expérience montre que, lorsqu’ils bénéficient d’un accompagnement structuré, les ménages agricoles peuvent rapidement améliorer leurs revenus et stabiliser leurs conditions de vie.
Un mécanisme d’accompagnement efficace
Le cas de Tong Dinh Dang, membre de la coopérative agricole Phu Luong (province de Thai Nguyen), en est une illustration typique. Après avoir rejoint la coopérative, sa famille a été formée à la culture du thé selon les normes biologiques et VietGAP. Grâce à cela, une superficie de 1 500 m² de thé a permis d’augmenter les revenus de 30 à 50 % par rapport à la période précédente.
Au-delà de l’amélioration de la productivité, la coopérative a également créé des emplois stables pour les membres de sa famille, avec un revenu moyen de 7 à 8 millions de dôngs par mois. Cette stabilité permet aux ménages de réduire les risques économiques et de renforcer leur autonomie dans la production.
Selon les responsables de la coopérative, les orientations futures ne se limitent pas à l’expansion des surfaces de culture du thé et du riz, mais incluent également le développement du tourisme agricole expérientiel. La combinaison de la production avec la valorisation de la culture de la communauté Tày - de la gastronomie aux arts traditionnels - devrait générer des revenus supplémentaires et diversifier les moyens de subsistance.
Les autorités locales considèrent ce modèle comme efficace : il crée des emplois, valorise les produits typiques et contribue à promouvoir l’image de la région. À l’échelle provinciale, une stratégie de développement du thé vise à atteindre entre 20 000 et 25 000 hectares d’ici 2030, dont 70 % répondraient aux normes biologiques ou VietGAP.
De la production fragmentée à la chaîne de valeur
Un autre exemple provient de la province de Lao Cai, où la coopérative de champignons Tam Dao a permis à la famille de Nguyen Ngoc Khoa de transformer nettement sa situation. Partant de conditions de production limitées sur des terres riveraines, après deux ans de participation à la coopérative, sa famille a non seulement remboursé ses dettes, mais a également construit une maison solide.
À une échelle plus large, cette coopérative a atteint une production d’environ 500 tonnes de cocons de soie en 2025, avec un chiffre d’affaires proche de 20 milliards de dôngs. Les ménages partenaires enregistrent un revenu moyen d’environ 300 millions de dôngs par an, pouvant même atteindre 30 à 40 millions de dôngs pour un cycle d’élevage de vers à soie de 15 jours.
Ces résultats reflètent une transformation fondamentale : d’une production dispersée à une production marchande, de la vente de matières premières brutes à l’intégration dans des chaînes de valeur, et d’une position passive à une approche proactive du marché. Plus important encore, il s’agit d’un changement de mentalité économique chez les agriculteurs.
Les ressources financières - un levier déterminant
Selon les experts, pour que le modèle coopératif exprime pleinement son potentiel, le facteur clé réside dans l’accès au financement. Les politiques de soutien financier initial constituent une « impulsion » nécessaire, permettant aux coopératives de définir leurs stratégies de production et d’optimiser leurs ressources.
Ces dernières années, de nombreuses coopératives ont efficacement mobilisé des fonds provenant du système de crédit politique et des banques agricoles, tout en renforçant leurs ressources internes grâce aux contributions des membres. Parallèlement, l’implication de fonds sociaux joue également un rôle important dans l’amélioration des conditions de production et de vie en milieu rural.
À titre d’exemple, la coopérative agricole Phu Luong prévoit de bénéficier d’un soutien financier pour investir dans des équipements, tandis que des centaines d’autres coopératives à travers le pays reçoivent également un appui, notamment dans les régions peuplées de minorités ethniques.
Dans un contexte d’intégration et de concurrence croissantes, les coopératives affirment progressivement leur rôle en tant qu’institution économique et sociale essentielle du monde rural vietnamien. Non seulement elles aident les populations à sortir de la pauvreté, mais elles posent également les bases d’une agriculture moderne, capable de s’adapter et de se développer durablement.
Des plantations de thé à Thai Nguyen aux régions séricicoles à Lao Cai, les réussites des coopératives dessinent une voie claire : la coopération, la standardisation et l’innovation constituent les clés pour accroître la valeur de l’agriculture et améliorer les conditions de vie des populations.