Valoriser la culture M’nong pour développer l’économie et le tourisme

Dans la commune de Lien Son Lak, autour du lac Lak, dans la province de Dak Lak (sur les Hauts Plateaux du Centre du Vietnam), le développement touristique commence à générer des revenus supplémentaires pour la communauté M’nong, tout en contribuant à la préservation de son identité culturelle et des paysages locaux.

Dans la province de Dak Lak, le village de Jun, situé dans la commune de Lien Son Lak, est l’un des villages qui ont largement conservé leur cadre de vie traditionnel.

Il valorise progressivement son patrimoine culturel à travers le tourisme, notamment les maisons longues, la culture des gongs, le tissage de brocatelles, la vannerie, la fabrication de vin de riz fermenté, la gastronomie traditionnelle, les activités agricoles et la découverte de la vie quotidienne du village.

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Des touristes découvrent la culture M’nong dans la commune de Lien Son Lak, province de Dak Lak. Photo : VOV.

Majoritairement peuplé de M’nong, le village de Jun compte environ 75 % de maisons sur pilotis.

Les habitants vivent principalement de l’agriculture et de l’élevage, tout en perpétuant le tissage de brocatelles, la fabrication de hottes tressées et la production de vin de riz fermenté.

Ces atouts constituent une base solide pour développer une offre de tourisme culturel M’nong autour du lac Lak.

Les premières activités touristiques génèrent déjà des revenus grâce à l’hébergement, à la restauration et à la vente d’artisanat et de produits agricoles, tout en sensibilisant les habitants à la préservation de leur patrimoine et de leur environnement.

Selon le Service de la culture, des sports et du tourisme de Dak Lak, plusieurs familles du village de Jun ont bénéficié d’un soutien pour aménager un site touristique représentatif et développer le tourisme communautaire.

Le village a notamment reçu des ensembles de gongs, des costumes traditionnels M’nong, des poubelles publiques, des chariots de collecte des déchets, ainsi que des panneaux de signalisation et des aménagements paysagers.

L’offre touristique s’articule autour du thème « M’nong Rlam – maisons sur pilotis – lac Lak – métiers traditionnels – gastronomie – agriculture », avec au minimum des formules de découverte d’une demi-journée, d’une journée ou de deux jours et une nuit. La culture des gongs y occupe une place importante, avec des soirées d’échanges et de spectacles.

Le village de Jun pourrait s’intégrer à des circuits interrégionaux reliant Buon Ma Thuot, le lac Lak, Dak Phoi et le géoparc de Dak Nong, ou à l’itinéraire thématique « Un voyage, plusieurs facettes de la culture M’nong », qui relierait les M’nong Rlam du lac Lak aux communautés M’nong de Dak Nong afin de prolonger les séjours et de stabiliser les flux touristiques.

Développer un tourisme durable maîtrisé par les communautés

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Le séminaire « Développement du tourisme communautaire dans les villages M’nong des Hauts Plateaux du Centre : état des lieux et solutions » s’est tenu le 28 octobre à l’Institut vietnamien de la culture, des arts, des sports et du tourisme (VICAST).

L’Institut vietnamien de la culture, des arts, des sports et du tourisme (VICAST) mène une étude sur le tourisme communautaire dans les villages M’nong des Hauts Plateaux du Centre.

Selon Bui Thi Nhe, membre de l’équipe de recherche, cette activité favorise l’emploi local, les revenus des ménages, la diversification des moyens de subsistance, la préservation des fêtes et métiers traditionnels, la cohésion communautaire et la place des femmes.

Toutefois, son développement spontané entraîne des risques de pollution et d’érosion du patrimoine culturel.

Lors du séminaire, les experts ont estimé que les Hauts Plateaux du Centre disposaient de nombreuses ressources pour développer le tourisme communautaire.

Il reste toutefois essentiel d’identifier les caractéristiques et les valeurs propres à chaque ethnie afin de concevoir des produits adaptés à chaque destination, notamment des circuits consacrés à la culture M’nong.

Dans de nombreuses localités, le principal défi consiste à transformer les ressources existantes en produits touristiques distinctifs, répondant à une demande du marché, disposant d’acteurs chargés de leur gestion et garantissant le retour des bénéfices à la communauté.

Les jeunes issus des minorités ethniques, notamment les M’nong, devraient jouer un rôle de passerelle : connaissant la culture de leur village, ils pourraient aussi utiliser les smartphones, les réseaux sociaux et les langues étrangères à un niveau élémentaire.

Parallèlement, les artisans et les personnes âgées doivent être soutenus dans la transmission de la culture des gongs, des épopées, du tissage, de la vannerie, de la gastronomie et des savoirs locaux.

Bien orienté, le tourisme communautaire dans les villages M’nong ne serait plus une activité complémentaire, ponctuelle et spontanée. Il pourrait devenir une source de revenus organisée, un outil de préservation culturelle et un modèle de développement durable piloté par les communautés elles-mêmes.

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Des membres de la communauté M’nong devant un métier à tisser dans la maison communautaire de la commune de Lien Son Lak, province de Dak Lak. Photo : VOV.

Chaque village engagé dans le tourisme communautaire devrait disposer d’une équipe ou d’un comité de gestion doté de règles de fonctionnement claires.

Celles-ci devraient préciser les responsabilités en matière d’accueil, d’hébergement, de restauration, d’animations culturelles, d’hygiène, de sécurité et de communication, ainsi que les modalités de répartition des visiteurs, d’affichage des prix, de traitement des réclamations et de contribution au fonds communautaire.

Ces règles doivent être discutées et approuvées par les habitants afin d’éviter que les structures de gestion ne restent purement formelles.

Par ailleurs, tous les ménages n’ont pas besoin de proposer des hébergements chez l’habitant.

Une chaîne de participation peut être mise en place : fourniture de produits agricoles, préparation des repas, tissage, démonstrations artisanales, accompagnement des visiteurs, gestion des réseaux sociaux, transport ou activités immersives.

En permettant à chaque famille de bénéficier du tourisme selon ses ressources et ses compétences, cette approche encourage toute la communauté à préserver son patrimoine commun.

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