Selon le scénario de croissance approuvé par l’Assemblée nationale, l’économie vietnamienne devra maintenir une accélération soutenue tout au long de l’année pour atteindre une moyenne annuelle de 10 %. Le plan prévoit une croissance de 9,1 % au premier trimestre, suivie de hausses de 10,2 % aux trimestres suivants, pour culminer à 10,4 % en fin d’année. Cette trajectoire s’avère d’autant plus exigeante qu’elle s’inscrit dans le prolongement d’une année 2025 déjà dynamique, générant un « effet de base élevé » qui rend chaque point de croissance supplémentaire plus difficile à obtenir.
Les experts de la banque UOB soulignent toutefois que, malgré l’optimisme ambiant, des risques extérieurs majeurs pourraient freiner cet élan. La vulnérabilité du Vietnam face aux tensions commerciales mondiales, en particulier aux incertitudes liées aux politiques tarifaires des États-Unis, demeure une préoccupation centrale, d’autant que les exportations de biens et de services représentent près de 83 % du PIB national.
Pour atteindre l’objectif de 10 %, le ministère des Finances estime que l’indice de production industrielle devra progresser de 12 à 14 %, tandis que les exportations devront croître de 15 à 16 %, des niveaux nettement supérieurs aux performances enregistrées l’année précédente.
Le pays aborde néanmoins l’année 2026 sur des bases solides héritées des résultats de 2025. Avec une croissance supérieure à 8 % l’an dernier, le Vietnam a démontré une forte capacité de résilience et entre dans la nouvelle année avec des fondations robustes, a estimé Suan Teck Kin, économiste à UOB Singapore..
Dans son rapport, la banque UOB a souligné la solidité des exportations et de la production du Vietnam, malgré l'impact des droits de douane américains. La confiance s'est également renforcée, les investissements étrangers enregistrés atteignant 38,4 milliards de dollars, soit une légère hausse par rapport à l'année précédente, tandis que les capitaux décaissés ont quant à eux connu une forte progression, atteignant un record de 27,6 milliards de dollars, contre 25,4 milliards en 2024. Cette forte augmentation s'explique par l'accélération des projets d'investissement des investisseurs étrangers, face aux mutations croissantes des chaînes d'approvisionnement mondiales au Vietnam.
De plus, dans le rapport sur l’indice des directeurs d’achat (PMI pour Purchasing Managers Index) récemment publié par S&P Global Market Intelligence, le PMI du Vietnam s'est maintenu à 53 points en décembre 2025, signalant une amélioration continue des conditions commerciales et une confiance accrue des chefs d'entreprise dans le secteur manufacturier.
Afin de soutenir cette dynamique, le gouvernement vietnamien a appelé à une coordination étroite, souple et efficace entre une politique budgétaire expansionniste, une politique monétaire flexible et les autres instruments macroéconomiques. L’accent est mis sur une gestion appropriée des taux d’intérêt et de change, l’orientation du crédit vers la production et les entreprises, ainsi que sur la consolidation des moteurs traditionnels de croissanc - investissement, consommation et exportations - tout en accélérant la transition vers l’économie numérique, verte et l’industrie des semi-conducteurs.
Un pilier central de cette stratégie réside dans le déblocage massif de l'investissement public, avec une enveloppe de 1,08 billiard de dôngs prévue pour 2026, dont le Premier ministre exige une exécution totale et efficace dès le premier jour.
Au niveau local, l’engagement est tout aussi ferme. Les grandes municipalités et provinces assument leurs responsabilités devant le gouvernement central. Hanoï ambitionne une croissance supérieure à 11 %, avec la promesse d’une action immédiate et rigoureuse, tandis que Hô Chi Minh-Ville vise les 10 %, en misant sur la libération des ressources, la modernisation de la gouvernance urbaine et l’attraction d’investisseurs stratégiques.
Cette synergie entre réformes institutionnelles au sommet de l’État et détermination des autorités locales constitue le moteur essentiel pour franchir cette « montagne » économique et inscrire durablement le Vietnam sur une trajectoire de croissance rapide et soutenue.