La réaffectation des sièges, terrains et bâtiments publics excédentaires ouvre de nouvelles perspectives pour le développement des infrastructures, des services publics et de l’économie locale, tout en favorisant une gestion plus efficace et plus durable des biens publics.
Un an après la mise en œuvre du modèle d’administration locale à deux niveaux, une transformation progressive se dessine dans de nombreuses localités vietnamiennes.
Au-delà de la rationalisation de l’appareil administratif, les biens publics ne sont plus seulement perçus comme des actifs à préserver, mais de plus en plus comme de véritables leviers de développement.
Des actifs dispersés à une ressource concentrée
Les sièges administratifs devenus excédentaires, ainsi que les terrains et bâtiments réorganisés à la suite du redécoupage administratif, sont désormais mobilisés pour restructurer l’espace public et soutenir le développement des infrastructures, des services publics et de l’économie locale.
Selon le ministère vietnamien des Finances, 25 885 biens immobiliers publics ont fait l’objet d’un premier traitement.
Parmi plus de 11 000 sites devenus excédentaires, plus de 5.000 ont déjà été réaffectés ou remis en exploitation.
Cette démarche traduit une réallocation à grande échelle des ressources publiques.
À Hanoï, plusieurs terrains et bâtiments sont réorientés vers les secteurs de l’éducation, de la santé et des équipements publics.
À Hai Phong, les actifs réorganisés sont intégrés à des projets de développement urbain, industriel et logistique, considérés comme des moteurs de croissance pour la ville.
À Bac Ninh, la réorganisation des terrains publics vise à soutenir l’expansion industrielle et les services urbains, tandis que certains anciens bâtiments administratifs sont reconvertis à des usages culturels et éducatifs.
Dans plusieurs provinces du Centre, notamment à Ha Tinh, d’anciens sièges communaux ont été transformés en centres de santé, postes de police ou espaces communautaires.
D’autres localités envisagent de vendre aux enchères certains terrains afin de financer des projets d’infrastructures, des écoles ou des équipements publics.
La consolidation de parcelles publiques auparavant dispersées facilite également une planification plus cohérente et une exploitation plus efficace à long terme.
Les experts ont estimé que, s’ils sont exploités de manière cohérente et intégrés aux plans d’aménagement, les biens publics réorganisés pourraient devenir un véritable « capital d’amorçage » pour de futurs projets d’infrastructures, de services publics et de développement urbain.
Une nouvelle vision de la gestion des biens publics
L’évolution la plus marquante réside dans le changement d’approche de la gestion des biens publics.
Longtemps centrée sur la prévention des pertes et du gaspillage, celle-ci vise désormais à créer davantage de valeur économique et sociale.
Selon le ministère des Finances, de nombreux terrains et bâtiments réorganisés sont prioritairement destinés aux secteurs de la santé, de l’éducation, de la culture et du sport, permettant ainsi de réduire les coûts liés à l’acquisition foncière et aux nouveaux investissements.
Les experts estiment également que le modèle d’administration locale à deux niveaux favorise une utilisation plus efficace des ressources publiques, limite les investissements dispersés et renforce les capacités de financement des infrastructures essentielles.
Certaines difficultés persistent toutefois. Plusieurs localités accusent encore des retards en raison de procédures foncières complexes, d’un manque de coordination dans la planification ou de mécanismes de gestion encore incomplets.
Dans certains cas, les actifs excédentaires restent au stade de l’inventaire sans être pleinement intégrés aux stratégies de développement local.
Malgré ces défis, après un an de mise en œuvre, ce modèle montre qu’il contribue non seulement à rationaliser l’organisation administrative, mais aussi à créer de nouvelles ressources pour le développement, à améliorer l’utilisation des biens publics et à soutenir plus efficacement les objectifs socio-économiques du pays.