Hanoi possède un système d’arbres urbains riche et diversifié, mais sa planification n’est pas encore véritablement scientifique.
Hanoi possède un système d’arbres urbains riche et diversifié, mais sa planification n’est pas encore véritablement scientifique.

Vision dans la planification du développement du système d’espaces verts de la capitale Hanoi

Ces dernières années, Hanoï a accordé une attention particulière à l’investissement et au développement de son système d’espaces verts urbains. Toutefois, ce processus n’a pas toujours été mené de manière véritablement scientifique ni inscrit dans une vision à long terme, prenant parfois la forme d’initiatives ponctuelles.

Cette situation exige que le développement du système d’espaces verts soit intégré dans la planification et la gestion de la région de la capitale, depuis l’échelle municipale jusqu’au niveau communal, selon une approche scientifique.

Hanoi possède pourtant un système d’arbres urbains riche et diversifié.

Lors de la cérémonie de lancement du « Têt de plantation d’arbres en mémoire éternelle du Président Hô Chi Minh » en 2026, organisée dans l’enceinte du projet du Musée du Parti communiste du Vietnam à Hanoi, le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam Tô Lâm a réaffirmé que la position constante du Parti et de l’État consiste à associer le développement économique à la protection de l’environnement.

Il a également souligné que la plantation d’arbres devait passer résolument de la prise de conscience à des actions concrètes, en évitant toute organisation ostentatoire ou formelle.

Dans l’esprit de « planter un arbre et veiller à sa bonne croissance », chaque arbre mis en terre doit être entretenu et protégé afin de pouvoir se développer durablement.

La plantation doit être liée à une planification globale et associée au développement d’infrastructures urbaines vertes, intelligentes et modernes, tout en visant à augmenter le ratio d’espaces verts par habitant.

Situation actuelle et limites

À partir des orientations du secrétaire général Tô Lâm, il est utile de revenir sur plusieurs décennies de mise en œuvre du Têt de plantation d’arbres et de comparer le niveau de couverture végétale de Hanoi avec celui de certaines capitales de la région et du continent.

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Ces dernières années, Hanoi a choisi d’investir dans certaines espèces d’arbres urbains adaptées au paysage et aux conditions climatiques.

Dans des villes comme Tokyo au Japon, le taux de couverture de la canopée forestière atteint environ 75 %, tandis qu’il est d’environ 65 % en République de Corée et de plus de 60 % en Malaisie.

Ces pays ont développé un système d’espaces verts organisé en plusieurs ceintures successives.

Au Vietnam, la couverture forestière globale n’atteint qu’environ 42 %. La superficie moyenne d’espaces verts par habitant à Hanoi n’est que d’environ 1,93 m², alors que dans de nombreux pays elle varie entre 5 et 10 m².

Lorsque je suis allé étudier à Tokyo en 1993, j’ai été surpris de constater que les arbres y étaient relativement petits et bas, contrairement aux grands arbres de Hanoi. Ce n’est qu’après avoir observé les effets de violentes tempêtes et inondations que j’en ai compris la raison.

Les recherches et les enquêtes menées au Japon, en République de Corée et en Malaisie, notamment à Tokyo et à Séoul, permettent d’apprécier la vision stratégique et les solutions mises en œuvre pour développer et gérer un système d’espaces verts structuré en plusieurs niveaux.

Dans ces capitales, la ceinture extérieure est constituée de forêts, y compris des forêts de protection des bassins versants qui alimentent les réservoirs d’eau de la ville.

Viennent ensuite les espaces verts situés dans les parcs des zones vallonnées ou sur d’anciens sites d’enfouissement de déchets réhabilités. On trouve ensuite des alignements d’arbres le long des rivières et des routes nationales, puis des parcs urbains, des arbres d’alignement le long des rues, des places et des jardins publics.

L’observation du choix des espèces, des techniques de plantation et de l’entretien des espaces verts urbains dans ces pays montre que le Vietnam a encore beaucoup à apprendre. Dans ces pays, toute personne abattant un arbre sans autorisation peut être sanctionnée, voire poursuivie en justice conformément à la loi.

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Les nouveaux quartiers urbains de Hanoi accordent désormais davantage d’attention aux espaces verts.

Des experts forestiers internationaux ont également reconnu la valeur particulière du système d’arbres urbains du centre de Hanoi, le considérant comme original et précieux, et estimant qu’il doit être strictement protégé et développé.

Cependant, la gestion et le développement du système d’espaces verts de la capitale présentent encore de nombreuses limites. Dans certains cas, des arbres anciens plantés et entretenus pendant plusieurs dizaines d’années ont été abattus pour construire des infrastructures de transport. Par ailleurs, les travaux de rénovation des routes et des trottoirs ont parfois sectionné les racines de nombreux arbres, ce qui les rend vulnérables aux tempêtes.

Les techniques de plantation et d’élagage à Hanoi ne répondent pas toujours aux exigences techniques. Certaines espèces ont été choisies de manière inappropriée, comme ce fut le cas lors de la plantation d’érables rouges sur l’avenue Nguyen Chi Thanh. Dans d’autres cas, les fosses de plantation ont été creusées trop peu profondément ou les arbres plantés étaient trop grands, ce qui a réduit leurs chances d’adaptation. Dans les parcs, l’élagage n’est pas toujours effectué dans l’objectif de créer des espaces ombragés agréables pour les habitants.

La planification urbaine de Hanoi n’accorde pas encore toute l’attention nécessaire au développement du système d’espaces verts et manque d’une véritable vision stratégique. Le rôle de ces espaces dans l’équilibre écologique de la région de la capitale n’est pas encore clairement défini. Au cours des vingt dernières années, les plans d’aménagement n’ont pas suffisamment précisé les orientations pour développer et gérer ces espaces, tandis que certaines forêts de protection ont été défrichées pour la construction de logements ou de zones de loisirs.

Dans les nouveaux quartiers urbains, bien que certaines initiatives aient intégré des normes environnementales et urbaines en matière d’espaces verts, ces exemples restent encore limités. Dans de nombreux endroits, les aménagements sont réalisés de manière superficielle et ne répondent pas aux normes nationales en raison d’une planification encore sommaire.

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Cependant, les constructions dans ces nouveaux quartiers restent encore assez denses et manquent des espaces verts nécessaires.

Quelques orientations et solutions à long terme

La rénovation des orientations et la vision de la planification du système d’espaces verts de Hanoi doivent s’appuyer sur une réorganisation de l’espace urbain et sur le développement d’infrastructures vertes, intelligentes et modernes, garantissant l’équilibre écologique et plaçant les citoyens au centre. Il est également nécessaire de corriger les insuffisances actuelles en s’appuyant sur des normes internationales adaptées aux conditions tropicales du Vietnam.

Pour l’ensemble de la région de la capitale, la ceinture extérieure devrait être consacrée au développement et à la gestion des forêts de protection et des forêts spéciales afin d’atteindre un taux de couverture supérieur à 75 %. Des zones telles que la forêt de recherche Nui Luot, le parc national de Ba Vi, la forêt de protection de Soc Son, le parc national de Tam Dao ou encore certaines réserves naturelles devraient être préservées et renforcées. Parallèlement, des programmes de reboisement pourraient être développés dans les zones montagneuses du nord.

Dans ces régions, la plantation, l’entretien et la gestion forestière doivent être réalisés conformément aux normes techniques. Le choix des espèces doit également être diversifié afin de renforcer la protection de l’environnement tout en créant des paysages attrayants.

Dans les zones de transition entre la périphérie et le centre urbain, il est nécessaire de planifier et de développer les espaces verts dans les communes périurbaines afin de garantir l’équilibre écologique. Environ 35 % de la superficie naturelle de ces zones devrait être consacrée aux espaces verts et aux nouveaux parcs, ce qui permettrait d’augmenter considérablement la surface verte par habitant.

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Un espace vert planifié en harmonie avec le réseau de rivières et de lacs contribue à créer un paysage agréable et un environnement sain (Photo : VNA).

Dans les nouveaux quartiers urbains, les zones industrielles et les zones de services, il devrait être obligatoire que les espaces verts représentent au moins 40 % de la superficie totale. Les espèces plantées doivent être adaptées aux conditions locales et faire l’objet d’une gestion rigoureuse.

Il convient également de planifier et de développer les espaces verts le long des rivières de la ville et de leurs affluents — notamment le fleuve Rouge, les rivières Duong, Ca Lo et Day — ainsi qu’autour des lacs et le long des grands axes de transport. La plantation et l’entretien doivent être clairement confiés à des responsables identifiés, avec des ressources financières adéquates et un système transparent de récompenses et de sanctions.

Dans la zone intra-urbaine, la plus complexe en raison de l’espace limité et de la forte pression urbaine, la priorité doit être donnée à la rénovation et à la gestion des espaces verts dans les parcs et autour des lacs urbains. L’abattage arbitraire des arbres doit être strictement interdit et les procédures de plantation, d’entretien et d’élagage doivent être améliorées afin de préserver le paysage naturel et de mieux répondre aux besoins des habitants.

Il est également nécessaire de restaurer les espaces verts autour des lacs tels que le lac de l’Ouest, le lac Hoàn Kiếm ou le lac Trúc Bạch, ainsi que le long des rivières urbaines comme la Tô Lịch et la Kim Ngưu. La superficie des plans d’eau urbains a fortement diminué au fil des années ; il est donc indispensable d’éviter le remblayage des lacs et des rivières, car l’eau et les arbres constituent des éléments essentiels du paysage et des régulateurs naturels du climat urbain.

Enfin, la gestion des arbres d’alignement le long des grandes avenues, des rues et des ruelles doit être améliorée grâce à une évaluation régulière, à l’élimination des arbres morts et à la protection des arbres présentant un risque de chute. Les plantations complémentaires doivent être réalisées de manière appropriée.

La rénovation des espaces verts dans les bâtiments administratifs, les villas et les maisons urbaines doit également être renforcée par des réglementations strictes visant à protéger et à développer le patrimoine arboré.

En définitive, la planification, le développement et la gestion du système d’espaces verts doivent être intégrés dans la planification globale de la région de la capitale, depuis la ville jusqu’au niveau des communes, afin de construire une capitale durable, équilibrée et respectueuse de l’environnement.

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