À l'intérieur du laboratoire d'analyse ADN mobilisé pour identifier les soldats vietnamiens tombés au combat

Dans le cadre de la campagne nationale de 500 jours et nuits consacrée à la recherche, au rapatriement et à l'identification des soldats vietnamiens tombés au combat dont l'identité demeure inconnue, le Centre d'expertise ADN traite des milliers d'échantillons de restes humains conservés depuis plusieurs décennies.

Chaque échantillon suit un protocole scientifique rigoureux, depuis la préparation des fragments osseux et l'extraction de l'ADN jusqu'au séquençage génétique et à la comparaison avec les profils génétiques des familles afin de restituer une identité aux disparus.

Le Centre d'expertise ADN, rattaché à l'Institut de biologie de l'Académie vietnamienne des sciences et des technologies, est chargé de recevoir, conserver et préserver les échantillons de restes humains provenant des cimetières militaires de l'ensemble du pays. Parallèlement, il prépare le déploiement des analyses ADN de routine fondées sur l'étude de l'ADN mitochondrial.

Selon Tran Trung Thanh, directeur du Centre d'expertise ADN, le volume d'analyses à réaliser au Vietnam est considérable. D'ici à la fin de la campagne nationale, le laboratoire devra procéder à l'expertise de 6 623 échantillons de restes humains actuellement conservés dans ses installations.

« Nous sommes pleinement conscients de l'ampleur de cette mission. L'ensemble du personnel est déterminé à accomplir cette tâche avec le plus grand sérieux afin d'accélérer l'identification des soldats tombés au combat », souligne-t-il.

Le laboratoire de conservation abrite aujourd'hui plusieurs milliers d'échantillons provenant de cimetières militaires répartis dans tout le Vietnam.

Ces restes humains ont été inhumés depuis au moins un demi-siècle et, pour certains, depuis 70 à 80 ans.

Cette longue période d'exposition aux conditions naturelles a fortement dégradé la qualité de l'ADN, rendant les analyses particulièrement complexes.

Après leur sortie de la salle de stockage, les fragments osseux sont transférés vers la zone de préparation où ils sont enregistrés et documentés.

Les techniciens éliminent d'abord la couche superficielle altérée par le temps, la calcification ou les effets de l'environnement.

Ils sélectionnent ensuite la partie osseuse la mieux conservée avant d'en prélever un fragment destiné aux analyses génétiques.

Au cours de cette étape, l'os est réduit en une fine poudre afin de faciliter l'extraction de l'ADN.

Cette méthode permet de préserver autant que possible l'échantillon d'origine, afin qu'il puisse être utilisé ultérieurement pour d'éventuelles expertises ou recherches complémentaires.

Les échantillons sont ensuite transférés vers la salle de séquençage génétique, où les spécialistes utilisent des technologies de séquençage de nouvelle génération (NGS-SNP), particulièrement adaptées aux restes humains dont le matériel génétique est fortement dégradé.

La préparation des bibliothèques génétiques nécessaires au séquençage dure généralement près de deux jours. Les échantillons sont ensuite analysés par les séquenceurs pendant environ 16 heures sans interruption.

Une fois le séquençage achevé, le travail est loin d'être terminé. Les profils génétiques obtenus doivent encore être comparés avec les échantillons ADN fournis par les proches des soldats disparus. Cette étape constitue souvent la plus longue et la plus complexe. L'identité des restes étant inconnue, les chercheurs doivent déterminer avec quelles familles effectuer les comparaisons. Selon les cas, cette procédure peut durer plusieurs mois, voire plus d'une année.

Pour les équipes du Centre d'expertise ADN, chaque concordance génétique représente bien davantage qu'un résultat scientifique. Parmi des milliers d'échantillons analysés, chaque identification réussie permet à une famille de retrouver enfin l'identité d'un proche disparu et constitue une source de profonde satisfaction pour les chercheurs, qui considèrent cette mission à la fois comme un défi scientifique majeur et un devoir de mémoire envers les victimes de guerre.

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