Au poste-frontière international routier de Khanh Binh, les camions de marchandises franchissent régulièrement le pont Long Binh-Chrey Thom, qui enjambe la rivière Binh Di. Les activités d’import-export, de stockage et de transport s’y développent progressivement, donnant une nouvelle physionomie à cette zone frontalière.
Ouvert en 2002 et devenu poste-frontière principal en 2005, Khanh Binh a été officiellement élevé au rang de poste-frontière international routier le 7 août 2026.
Situé à l’extrémité de la route nationale 91C, il est relié au poste-frontière de Chrey Thom, dans la province cambodgienne de Kandal, par le pont Long Binh-Chrey Thom. Il offre ainsi une liaison directe entre An Giang, Kandal et Phnom Penh, située à environ 75 km.
Cette position offre des conditions favorables à l’acheminement de marchandises du delta du Mékong vers le marché cambodgien.
Selon Nguyen Huu Suong, vice-président permanent du Comité de gestion de la zone économique d’An Giang, les infrastructures routières desservant le poste-frontière, notamment la route nationale 91C et la route provinciale 957, devraient être améliorées. Des solutions en matière de transport et de connectivité logistique sont également envisagées afin de faciliter la circulation des marchandises et de réduire les délais et les coûts pour les entreprises. La province entend parallèlement attirer davantage d’investissements dans les entrepôts, le transport, le transbordement et les services liés aux importations et exportations.
À Khanh Binh, sept projets d’investissement sont actuellement en vigueur, pour un capital enregistré de plus de 470 milliards de dongs. Ces projets contribuent à renforcer les infrastructures et les services nécessaires aux échanges transfrontaliers.
An Giang prévoit par ailleurs de développer des centres logistiques associés aux postes-frontières internationaux. Celui de Khanh Binh sera notamment connecté à la route nationale 91 et à la rivière Binh Di, tandis que le centre logistique de Tinh Bien sera relié à la route nationale 91, à la route nationale N1, au canal Vinh Te et à l’autoroute Chau Doc-Can Tho-Soc Trang.
La province étudie également la construction de nouvelles routes reliant cette autoroute aux postes-frontières internationaux de Tinh Bien et de Khanh Binh. Ces infrastructures devraient raccourcir les trajets de transport des marchandises, favoriser les investissements et le développement des services, et donner un nouvel élan à l’économie des zones frontalières.
Avec près de 148 km de frontière terrestre avec le Cambodge, An Giang dispose de quatre postes-frontières internationaux : Tinh Bien, Ha Tien, Vinh Xuong et Khanh Binh. La province possède également des infrastructures portuaires et l’aéroport international de Phu Quoc, renforçant son potentiel de connectivité avec Phnom Penh et la région du golfe de Thaïlande.
Selon Le Trung Ho, vice-président du Comité populaire provincial, ces atouts facilitent l’acheminement de riz, de produits aquatiques, de produits agricoles transformés et d’autres marchandises d’An Giang et du delta du Mékong vers le marché cambodgien. Dans l’autre sens, les marchandises cambodgiennes peuvent accéder plus facilement aux centres de production et de consommation du delta du Mékong.
La modernisation des postes-frontières figure également parmi les priorités d’An Giang. La province prévoit de renforcer l’application des sciences et des technologies et la transformation numérique, de développer des postes-frontières numériques et intelligents et d’améliorer les capacités de contrôle et de dédouanement.
À mesure que les infrastructures de transport, les postes-frontières, les centres logistiques, les zones de production et les entreprises seront mieux connectés, An Giang pourra davantage tirer parti de sa position géographique. Les zones frontalières ne seront alors plus de simples lieux de transit, mais pourront devenir de nouveaux pôles de développement, favorisant le commerce et les services, la création d’emplois et de nouvelles opportunités pour les entreprises et la population.