Le Premier ministre a promulgué, le 24 juin, la Décision n°1128/QD-TTg approuvant le Programme global de développement de l’économie collective pour la période 2026-2030, visant à renforcer le rôle du secteur de l’économie collective et des coopératives dans l’économie nationale, tout en contribuant à la création d’emplois, à l’amélioration des revenus de la population et à la garantie de la sécurité sociale.
Selon ce programme, le secteur de l’économie collective sera développé selon une approche dynamique et efficace, capable de s’adapter aux nouvelles tendances grâce à l’application accrue des sciences et des technologies, à l’innovation et à la transformation numérique dans les activités de production et de commerce. L’État renforcera également l’accès aux politiques de soutien afin d’attirer davantage de citoyens vers les coopératives, d’encourager les entreprises à établir des liens étroits avec celles-ci et de promouvoir la reproduction des modèles performants.
Production au sein d'une coopérative de la province de Cà Mau. Photo : VNA.
Le programme fixe pour objectif qu’à l’horizon 2030, le pays compte environ 140.000 groupes coopératifs regroupant deux millions de membres, 45.000 coopératives réunissant huit millions de membres, ainsi que 340 unions de coopératives comprenant quelque 1.700 coopératives affiliées. La proportion des coopératives classées dans les catégories « bonnes » et « assez bonnes » devrait atteindre au moins 60% du total national.
En matière de ressources humaines, le programme vise à ce qu’au moins 25% des cadres dirigeants des coopératives soient titulaires d’un diplôme universitaire ou équivalent, qu’environ 80% des directeurs de coopératives bénéficient d’une formation professionnelle de base à la gestion et que la proportion de femmes à la tête des coopératives et unions de coopératives atteigne au minimum 30%.
L’un des axes prioritaires du programme concerne l’application des hautes technologies dans l’agriculture. D’ici 2030, le Vietnam ambitionne de compter plus de 5.000 coopératives et 500 groupes coopératifs utilisant les technologies avancées dans la production et la commercialisation des produits agricoles. Le programme prévoit également le développement de la traçabilité des produits agricoles ainsi que le renforcement des liens entre entreprises et coopératives au sein des chaînes de valeur. L’objectif est que près de 50% des coopératives agricoles soient intégrées à ces chaînes de valeur en partenariat avec des entreprises.
Parallèlement, au moins 200 coopératives et unions de coopératives particulièrement performantes seront sélectionnées afin de servir de modèles à reproduire à l’échelle nationale. Chaque province ou ville relevant directement du pouvoir central devra identifier au moins six modèles exemplaires. Les collectivités locales seront également tenues d’intégrer au moins un projet d’investissement public destiné à soutenir les coopératives dans leurs plans d’investissement à moyen terme.
Concernant les orientations de développement, le programme met l’accent sur la création de modèles coopératifs liés aux chaînes de valeur et aux produits phares de chaque localité, sur l’élargissement du nombre de membres ainsi que sur le renforcement de la coopération entre les coopératives, les entreprises et les autres acteurs économiques afin d’améliorer leur efficacité, d’élargir les débouchés et d’accroître leur compétitivité.
Dans le secteur agricole, l’économie collective et les coopératives continueront de jouer un rôle central dans la restructuration de la production agricole et dans l’édification de la Nouvelle Ruralité. Le programme encourage notamment le développement des unions de coopératives agricoles, des coopératives multiservices ainsi que des modèles associés aux zones de matières premières concentrées et aux chaînes de production et de commercialisation. Les coopératives bénéficieront également d’un soutien pour l’adoption des hautes technologies, la traçabilité des produits, les certifications de qualité et l’agriculture biologique.
Dans les secteurs de l’industrie et de la construction, l’accent sera mis sur la consolidation et l’élargissement des coopératives existantes, ainsi que sur le développement de modèles liés aux villages de métiers traditionnels, aux pôles industriels ruraux et aux programmes de promotion industrielle. Les coopératives seront soutenues dans la modernisation de leurs équipements et dans l’innovation technologique afin d’améliorer leur productivité et leur efficacité.
Dans le domaine du commerce et des services, le programme prévoit le développement de coopératives multisectorielles, notamment dans la logistique, la distribution, la transformation et la commercialisation des produits de leurs membres. Il encourage également le développement du tourisme communautaire, du tourisme écologique et expérientiel associé à la préservation et à la valorisation des identités culturelles locales. La protection de la propriété intellectuelle, à travers les indications géographiques et les marques collectives, figurera également parmi les priorités.
Pour atteindre ces objectifs, le programme prévoit plusieurs groupes de mesures, notamment la poursuite de l’amélioration du cadre institutionnel et des politiques de soutien à l’économie collective, le renforcement de l’accès aux financements et des capacités financières, la sensibilisation du public au rôle de l’économie collective ainsi que le développement des ressources humaines et l’amélioration des capacités de gestion des coopératives.
La mise en œuvre de ce programme devrait permettre de donner un nouvel élan au secteur de l’économie collective, de favoriser le développement de l’économie verte et circulaire, d’améliorer les revenus de la population et de contribuer activement aux objectifs de développement durable du pays pour les années à venir.