Construire un Vietnam résilient face au changement climatique

Le renforcement de la résilience des infrastructures est considéré comme une priorité, les infrastructures constituant une première ligne de protection contre les aléas climatiques.

 Photo : VNA.
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Le Vietnam figure parmi les pays les plus vulnérables aux impacts du changement climatique. Afin d’y faire face, le Gouvernement a adopté le Plan national d’adaptation au changement climatique pour la période 2021-2030, avec une vision à l’horizon 2050, approuvé par la Décision no 1422/QD-TTg du 19 novembre 2024. Toutefois, dans la pratique, ces orientations demeurent largement cantonnées au niveau des politiques publiques, tandis que les investissements concrets en faveur des actions d’adaptation restent limités.

Depuis 2009, le ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement (aujourd’hui ministère de l’Agriculture et de l’Environnement) a publié pour la première fois des scénarios nationaux de changement climatique, s’appuyant sur les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ainsi que sur des études menées au niveau national.

Photo : kinhtemoitruong.

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Ces scénarios visent à projeter les évolutions de la température, des précipitations et du niveau de la mer au Vietnam à l’horizon 2050 et 2100.

La version la plus récente de ces scénarios a été rendue publique en 2020.

Quinze ans après les premières publications, le changement climatique n’est plus une menace lointaine, mais une réalité manifeste, dont les manifestations observées tendent même à dépasser les projections initiales.

Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), les cinq années les plus chaudes jamais enregistrées correspondent à la période 2020-2025. Entre 2023 et 2025, la température moyenne mondiale a dépassé le seuil de +1,5 °C, notamment en 2024.

Par ailleurs, l’instabilité croissante des systèmes climatiques a entraîné une alternance d’épisodes de sécheresse extrême et de pluies diluviennes, liées respectivement aux phénomènes El Niño et La Niña.

Photo : kinhtemoitruong.

Les projections fondées sur le sixième Rapport d’évaluation (AR6) du GIEC indiquent que la température moyenne mondiale pourrait augmenter de 1,5 à 1,7 °C par rapport à la période préindustrielle (1850-1900) entre 2030 et 2050, selon les scénarios. Dans ce contexte, l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C fixé par l’Accord de Paris apparaît difficilement atteignable, ce qui impose d’anticiper des scénarios climatiques plus défavorables.

Au Vietnam, ces évolutions se traduisent par des records climatiques sans précédent.

En mai 2023, la station de Hoi Xuan, dans la province de Thanh Hoa, a enregistré une température de 44,1 °C, proche du record national de 43,4 °C mesuré à Huong Khe (Ha Tinh) en 2019.

En matière de précipitations, la station de Bach Ma a relevé, le 27 octobre 2025, un cumul de 1,739 mm en 24 heures, un niveau exceptionnel à l’échelle mondiale.

Les catastrophes naturelles provoquent des pertes humaines et économiques considérables, affectant durablement les moyens de subsistance des populations et le développement national. Selon la Direction de la gestion des digues et de la prévention des catastrophes, les dommages économiques ont atteint 60 000 milliards de dôngs en 2017, 35 500 milliards en 2020 et 88,748 milliards en 2024. Pour l’année 2025, les pertes sont estimées à plus de 100 000 milliards de dôngs.

D’après les scénarios climatiques actualisés, la température moyenne au Vietnam pourrait augmenter de 1,1 à 1,5 °C entre 2030 et 2050. Le nombre de jours avec des températures supérieures à 35 °C devrait croître de 15 à 30 jours par an, tandis que les précipitations pourraient augmenter de 5 à 15 % à l’échelle nationale.

Photo : kinhtemoitruong.

Ces évolutions s’accompagneraient d’une intensification des phénomènes extrêmes tels que des vagues de chaleur, des inondations majeures et des typhons puissants, ainsi que d’une élévation du niveau de la mer, accentuant les risques de submersion côtière, notamment dans le delta du Mékong et à Hô Chi Minh-Ville.

Face à ces défis, le renforcement de la résilience des infrastructures est considéré comme une priorité, les infrastructures constituant une première ligne de protection contre les aléas climatiques. Parallèlement aux ouvrages de protection traditionnels, les approches fondées sur les écosystèmes, telles que la préservation des forêts, des zones humides et des mangroves, jouent un rôle essentiel dans la réduction des risques et l’adaptation durable au changement climatique.

NDEL
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