Construire une école inter-niveaux au cœur de la cordillère de Truong Son : sous le soleil brûlant des sommets

En juillet 2025, lors du lancement du projet de construction de 248 écoles inter-niveaux avec internat à travers le pays, dont à Da Nang, le secrétaire général du Parti et président de l’Etat To Lam avait souligné l’attention particulière du Parti et de l’Etat envers les populations des zones frontalières.

Construire une école inter-niveaux au cœur de la cordillère de Truong Son : sous le soleil brûlant des sommets

Sur les hauteurs de Da Nang, au Centre du Vietnam, les journées de travail sur les chantiers se déroulent sous un soleil particulièrement intense. Le lieutenant-colonel Hoang Anh Hoai, de la Zone navale 3, évoque les conditions difficiles auxquelles les militaires sont confrontés : les nuits peuvent être très froides, tandis que les températures deviennent accablantes durant la journée.

La chaleur de La Deê

Un après-midi, sur le chantier de La Deê, le lieutenant-colonel Hoang Anh Hoai poursuit le travail sur un mur en construction. Il raconte qu’au début de sa participation au chantier, il lui est arrivé de souffrir d’un coup de chaleur, avant de s’habituer progressivement aux conditions.

La chaleur est d’autant plus éprouvante qu’elle s’accompagne d’un air étouffant et de nuages de poussière rouge. Les structures métalliques exposées au soleil deviennent brûlantes au toucher. Après une journée passée à transporter du fer et des échafaudages, certains militaires doivent se rafraîchir les mains et les épaules avec de l’eau une fois revenus à leur lieu d’hébergement.

Ces conditions rappellent à Hoang Anh Hoai les années passées sur l’île Son Ca, dans l’archipel de Truong Sa, où il avait participé à la construction et au transport de matériaux. Né en 1974, membre du Parti depuis 29 ans et originaire de Ha Tinh, il s’est engagé dans l’armée, a suivi sa formation puis a travaillé à Da Nang.

En 2025, lui et ses camarades avaient également participé à la campagne Quang Trung dans les zones côtières de la province de Gia Lai. Il garde en mémoire le conseil de son père, ancien soldat de Truong Son : où que l’on soit affecté, il faut rester proche de la population et des autorités locales.

Sur les pentes de La Êê

Au fil de l’avancement du projet scolaire à La Êê, les militaires et les ouvriers continuent de travailler sur un terrain particulièrement escarpé. Lors de plusieurs visites sur le chantier, les prévisions de l’Observatoire hydrométéorologique du Centre annonçaient des températures dépassant 38 °C, avec un niveau 1 de risque de catastrophe naturelle lié à la chaleur.

La Êê était autrefois une localité enclavée au milieu d’un vaste massif montagneux. Fin 2025, le Comité populaire de Da Nang avait publié la décision n° 776/QD-UBND déclarant une situation d’urgence liée aux catastrophes naturelles sur une portion de la route DH4.NG traversant la commune.

Sur la route menant au chantier, la poussière rouge recouvre les maisons riveraines. Des camions transportant les matériaux gravissent péniblement les pentes. Un ruban rouge apposé à l’avant des véhicules et une banderole appelant à achever les travaux dans les délais donnent à l’ensemble du chantier une allure de mobilisation collective.

Le lieutenant-colonel Le Dat, officier du poste-frontière de La Êê, explique que les conditions y sont encore plus éprouvantes que sur les chantiers de Hung Son, La Deê et Dac Pring. Le site de La Êê n’est pas installé dans une vallée, mais sur le versant d’une montagne en forme de selle, sans ombre, avec des bâtiments implantés à différentes altitudes, comme des marches.

Le chantier de La Êê est réalisé par la Compagnie 532, relevant de la 12e Corps d’armée. Des centaines d’ouvriers y travaillent aux côtés des gardes-frontières de La Êê, de militaires de la Marine, des forces blindées et mécanisées et des miliciens permanents.

Bloong Sat, né en 2006 et membre de l’ethnie Co Tu, fait partie des miliciens locaux. Admis au Parti le 30 avril dernier, il a ensuite été affecté au chantier. Il considère cette mission comme une occasion de mettre à l’épreuve son engagement en tant que jeune membre du Parti au service du pays et de la population.

Le soleil du chantier

Au début du projet, les militaires travaillaient toute la journée en plein air. À partir de juillet 2026, après l’achèvement des structures en béton, certaines tâches ont pu être effectuées à l’intérieur. Les travaux restant à réaliser à l’extérieur ont alors été confiés aux miliciens permanents.

Pour beaucoup d’entre eux, issus des ethnies Co Tu et Gie Trieng, le climat et les conditions naturelles difficiles font partie de leur quotidien. A Lang Hoan raconte qu’après avoir terminé son service à midi et déjeuné, il lui arrive encore de retourner travailler dans son jardin avant de reprendre le chantier dans l’après-midi.

Tran Le Hoang, originaire de Nui Thanh, avait participé à la campagne Quang Trung fin 2025. Cette fois, il s’est porté volontaire pour rejoindre la zone frontalière depuis le quartier de Ban Thach et y rester plusieurs mois sans rentrer chez lui. Il se souvient des premiers jours, lorsque le terrain était encore profondément bouleversé, que la poussière envahissait le chantier et que les engins circulaient sans interruption. En août, avec les bâtiments désormais sortis de terre, les conditions sont devenues moins éprouvantes.

Le général de division Luong Dinh Chung, commissaire politique de la 5e Région militaire, a souligné que les cadres et soldats devaient pleinement comprendre la portée de cette mission, qui ne constitue pas seulement une aide aux travaux. Il s’agit également d’une tâche politique importante, traduisant la responsabilité, l’engagement et la crédibilité des forces armées auprès des autorités locales et de la population, notamment des habitants des zones frontalières encore confrontés à de nombreuses difficultés.

NDEL
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