« Étudier à l'étranger sans quitter le Vietnam » : une solution pour retenir les talents

Les établissements d'enseignement supérieur à capitaux étrangers développent les possibilités d'« études internationales au Vietnam » et introduisent de nouvelles méthodes pédagogiques, des mécanismes d'assurance qualité ainsi qu'un environnement académique multiculturel, selon le ministère de l'Éducation et de la Formation.

Les universités à capitaux étrangers poursuivent leur développement au Vietnam. Photo : BUV.
Les universités à capitaux étrangers poursuivent leur développement au Vietnam. Photo : BUV.

La Résolution n°10-NQ/TW du Bureau politique sur le développement de l'économie à capitaux étrangers préconise de passer d'une logique centrée sur l'attraction des investissements à une stratégie privilégiant des investissements de qualité, fondés sur le transfert de connaissances et le renforcement des capacités nationales.

Quand l'enseignement international s'installe au Vietnam

Dans le domaine de l'éducation, cette orientation implique que les universités à investissements directs étrangers (IDE) ne se limitent pas à proposer des programmes de formation, mais créent une véritable valeur ajoutée pour les étudiants, le marché du travail et l'ensemble du système éducatif.

Selon le rapport présenté lors de la Conférence sur l'enseignement supérieur 2025, près de 250 000 Vietnamiens poursuivent actuellement leurs études à l'étranger, un niveau sans précédent. Ce chiffre reflète l'intérêt croissant pour les formations et les environnements académiques internationaux, tout en soulevant la question de savoir comment permettre aux jeunes d'accéder à une éducation de qualité sans rompre leurs liens avec le Vietnam.

Pour Nguyen Thu Thuy, directrice du Département de la coopération internationale au ministère de l'Éducation et de la Formation, les établissements d'enseignement supérieur à capitaux étrangers ont considérablement développé l'offre d'« études internationales au Vietnam ». Ils apportent également des méthodes d'enseignement innovantes, des systèmes d'assurance qualité, des modèles de gouvernance et un environnement multiculturel.

Ce modèle permet aux étudiants de suivre un cursus international sans quitter le pays, tout en développant leurs compétences linguistiques, leur esprit critique et leur capacité à évoluer dans un contexte multiculturel, avec un coût plus accessible pour de nombreuses familles.

Toutefois, un coût inférieur ou l'obtention d'un diplôme étranger ne suffisent pas, à eux seuls, à garantir la qualité d'une université internationale.

Selon Le Viet Khuyen, vice-président de l'Association des universités et collèges du Vietnam, la qualité ne se mesure pas uniquement à la réputation d'un établissement étranger ou à l'enseignement en anglais. Elle doit se refléter dans les programmes, le corps enseignant, les méthodes pédagogiques et les résultats des évaluations indépendantes.

Ce n'est qu'à cette condition que les étudiants pourront réellement bénéficier d'un enseignement supérieur de niveau international au Vietnam.

Mieux connecter les étudiants au marché du travail

Au-delà de la qualité académique, la capacité des établissements à rapprocher les étudiants du marché de l'emploi vietnamien constitue un facteur déterminant.

Pour Le Thi Loan, ancienne vice-doyenne de la faculté d'Éducation de l'Académie de gestion de l'éducation, les entreprises ne devraient pas intervenir uniquement au moment du recrutement, mais être associées dès le début de la formation, en participant à la conception des programmes, en proposant des projets concrets, des stages et un accompagnement professionnel.

Ce contact direct avec les entreprises permet aux étudiants de mieux comprendre les attentes du monde professionnel, d'acquérir les compétences comportementales nécessaires et de transformer leurs connaissances en savoir-faire opérationnels.

En retour, les entreprises bénéficient d'un accès privilégié à une main-d'œuvre formée selon les standards internationaux tout en maîtrisant la culture et l'environnement économique vietnamiens.

Selon les experts, l'esprit de la Résolution n°10-NQ/TW exige que les projets d'IDE génèrent une réelle valeur ajoutée et des effets d'entraînement, plutôt que de fonctionner comme de simples projets commerciaux.

Dans le secteur de l'éducation, cette ambition passe notamment par le transfert de connaissances, la coopération en matière de recherche, la formation des enseignants et le partage des bonnes pratiques de gouvernance avec les établissements vietnamiens.

Dans ce contexte, Le Viet Khuyen cite l'Université britannique du Vietnam (British University Vietnam – BUV) comme un exemple remarquable. Grâce à son ambition d'offrir au Vietnam un enseignement supérieur britannique tout en appliquant des standards internationaux d'assurance qualité, l'établissement figurait, en 2025, parmi les 17 universités vietnamiennes reconnues par le ministère de l'Éducation et de la Formation pour la qualité internationale de leur enseignement.

Grâce au modèle d'« études internationales au Vietnam », les étudiants peuvent également participer à des programmes d'échange et effectuer des séjours d'études à l'étranger, tout en conservant le Vietnam comme principal lieu de formation.

En parallèle de son réseau académique international, l'université s'appuie sur un réseau de plus de 500 entreprises partenaires, proposant stages, projets en entreprise, accompagnement professionnel et mise en relation avec les recruteurs.

L'association d'un programme de formation international, d'opportunités de mobilité à l'étranger et d'un vaste réseau d'entreprises illustre la manière dont les universités à capitaux étrangers transforment les ressources internationales en compétences au service des étudiants et du marché du travail vietnamien.

Selon Nguyen Thu Thuy, les modèles fondés sur une coopération structurée en matière de transfert de connaissances, de recherche et de gouvernance contribueront à renforcer les capacités et la compétitivité de l'enseignement supérieur vietnamien.

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