Mieux protéger les travailleurs vietnamiens à l’étranger

Lors des débats de la première session non ordinaire de la XVIe législature de l’Assemblée nationale, les députés ont examiné le projet de loi modifiant et complétant la Loi sur les travailleurs vietnamiens employés à l’étranger sous contrat.

Des ouvriers travaillent dans une usine de transformation de textiles destinés à l'exportation. Photo : VNA.
Des ouvriers travaillent dans une usine de transformation de textiles destinés à l'exportation. Photo : VNA.

Ils ont proposé plusieurs mesures visant à renforcer la gestion de l’État, à lutter contre les fraudes et à mieux protéger les droits et les intérêts légitimes des travailleurs.

Lors des débats en groupe, le 5 août, sur le projet de loi modifiant et complétant plusieurs dispositions de la Loi sur les travailleurs vietnamiens employés à l’étranger sous contrat, les députés ont estimé que le texte comportait de nombreuses avancées permettant de renforcer la discipline, d’améliorer l’efficacité de la gestion publique et de mieux protéger les droits et les intérêts légitimes des travailleurs vietnamiens exerçant à l’étranger dans le cadre de contrats de travail.

Le député Nguyen Thanh Liem (province de Quang Tri) a relevé quatre insuffisances dans la mise en œuvre des fonctions de gestion de l’État concernant l’envoi de travailleurs vietnamiens à l’étranger.

Premièrement, certains travailleurs profitent de leur contrat pour s’enfuir dans le pays d’accueil afin de rechercher un emploi mieux rémunéré.

Deuxièmement, des entreprises vietnamiennes ayant remporté des marchés à l’étranger souhaitent y envoyer des travailleurs vietnamiens, mais ne savent pas quelle autorité est compétente pour traiter les formalités administratives.

Troisièmement, il n’existe pas encore de base de données nationale recensant les entreprises organisant l’envoi de travailleurs à l’étranger. Certaines ouvrent ainsi des antennes dans les provinces, ce qui complique la vérification de leur légalité par les autorités locales.

Quatrièmement, des individus exploitent le prétexte des contrats de travail pour organiser des activités frauduleuses, y compris des réseaux de traite des êtres humains.

Selon le député Nguyen Thanh Liem, le projet de loi apporte les dispositions nécessaires pour remédier à ces quatre problèmes et renforcer l’efficacité de la gestion publique dans ce domaine.

La députée Ly Anh Thu (province d’An Giang) a proposé que les entreprises assument pleinement leur responsabilité dans le recrutement, l’évaluation et la sélection des travailleurs destinés à travailler à l’étranger, afin de prévenir le courtage illégal et de déterminer clairement les responsabilités en cas d’infraction.

Elle a également suggéré d’ajouter au projet de loi un principe de non-discrimination, ainsi que des critères transparents pour définir les secteurs prioritaires bénéficiant de mécanismes de formation, de perfectionnement des compétences, d’un accès sécurisé au crédit et de services de conseil destinés aux groupes vulnérables.

Pour la députée Ly Huong (province de Lao Cai), de nombreux pays et territoires, en particulier la République de Corée, connaissent actuellement une forte demande de travailleurs saisonniers dans des secteurs tels que l’agriculture, la transformation des produits agricoles, le tourisme, les services et d’autres activités, pour des contrats d’une durée de cinq à moins de douze mois.

Ce programme a contribué à créer des emplois pour les travailleurs ruraux, leur assurant des revenus stables et participant à la réduction de la pauvreté ainsi qu’à la mise en œuvre efficace du Programme national de développement de la nouvelle ruralité. Les travailleurs revenus de République de Corée disposent d’un capital financier, de compétences professionnelles et d’une meilleure discipline de travail, autant d’atouts favorisant leur insertion et la création d’entreprises dans leur localité d’origine.Toutefois, le programme pilote d’envoi de travailleurs saisonniers vietnamiens en République de Corée, mis en œuvre dans le cadre de la coopération entre les localités des deux pays pour une période de cinq ans à compter du 1er janvier 2022, ne prévoit pas encore de critères ni de conditions spécifiques pour les participants. Il n’existe pas non plus de dispositions nationales définissant les politiques de soutien à ces travailleurs.

En outre, certains employeurs sud-coréens continuent d’embaucher des travailleurs en situation irrégulière, tandis que des intermédiaires tirent profit de cette situation. Il en résulte des cas de fuite, de travail illégal, de troubles à l’ordre public dans le pays d’accueil, ainsi que des risques accrus d’exploitation, portant également atteinte à la coopération bilatérale en matière de main-d’œuvre.

La députée Ly Huong a proposé d’inscrire dans la loi un nouveau mécanisme permettant l’envoi de travailleurs saisonniers à l’étranger dans le cadre de programmes de coopération locale, afin de répondre aux besoins de la pratique, de consolider la base juridique existante et d’élargir les possibilités d’emploi pour les travailleurs vietnamiens.

VNA/NDEL

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