Développer les ressources humaines en science, technologie, innovation et transformation numérique

Fondée sur le partenariat entre l'État, les universités et les entreprises, la coopération tripartite s'impose comme un levier essentiel pour renforcer la recherche, l'innovation et la formation des talents au Vietnam.

Lors du séminaire. Photo : NDEL.
Lors du séminaire. Photo : NDEL.

Les faits l'ont démontré : aucune organisation ni aucune entreprise ne peut, à elle seule, relever efficacement le défi de la formation des talents technologiques sans une coopération étroite avec les acteurs clés. Les entreprises sont les mieux placées pour anticiper les évolutions du marché, les établissements d'enseignement constituent le socle de la connaissance, tandis que l'État définit les orientations stratégiques et met en place un cadre juridique favorable.

Le 5 août à Hanoï, un séminaire consacré au renforcement de la coopération entre l'État, les établissements d'enseignement et les entreprises pour développer les ressources humaines dans les domaines des sciences, des technologies, de l'innovation et de la transformation numérique a réuni un grand nombre de représentants des administrations, des universités et du secteur privé.

Coopération tripartite pour l'innovation

Dans son discours d’ouverture, Do Tien Thinh, directeur adjoint du Centre national pour l'innovation (NIC) relevant du ministère vietnamien des Finances, a souligné que les sciences, les technologies, l'innovation et la transformation numérique constituent actuellement des moteurs essentiels de la croissance économique, de l'amélioration de la productivité et du renforcement de la compétitivité nationale.

Toutefois, pour que ces leviers produisent pleinement leurs effets, le facteur décisif demeure le capital humain, en particulier des professionnels disposant de solides compétences scientifiques, technologiques, d'une capacité d'innovation et d'une grande faculté d'adaptation aux mutations rapides du marché du travail.

Selon lui, le développement d'une main-d'œuvre hautement qualifiée exige une coopération étroite, durable et permanente entre les autorités publiques, les établissements d'enseignement et de recherche ainsi que les entreprises.

L'État a pour mission de bâtir les institutions, de perfectionner les mécanismes et les politiques publiques tout en créant un environnement propice à cette coopération. Les établissements d'enseignement assurent la formation, la recherche et la préparation des futurs talents, tandis que les entreprises identifient les besoins du marché, favorisent le transfert de technologies, offrent des environnements d'apprentissage pratique et recrutent les diplômés.

Do Tien Thinh, directeur adjoint du Centre national pour l'innovation (NIC) relevant du ministère vietnamien des Finances. Photo : NDEL
Do Tien Thinh, directeur adjoint du Centre national pour l'innovation (NIC) relevant du ministère vietnamien des Finances. Photo : NDEL

« Une coopération efficace entre ces trois acteurs permettra de réduire l'écart entre les programmes de formation et les besoins du marché, tout en favorisant des programmes de développement des compétences plus concrets, applicables et porteurs d'effets durables », a estimé Do Tien Thinh.

En tant que responsable du Centre national pour l'innovation (NIC), il a exprimé le souhait de renforcer les échanges avec les partenaires afin de recueillir davantage de propositions concernant les politiques et les mécanismes destinés à promouvoir les partenariats public-privé dans les domaines des sciences, des technologies, de l'innovation et de la transformation numérique.

À cette occasion, Do Tien Thinh a présenté le programme Samsung Innovation Campus (SIC 2026), qui constitue une illustration concrète de ce modèle de coopération tripartite. Mis en œuvre conjointement par Samsung Vietnam, le Centre national pour l'innovation et près d'une vingtaine d'universités et d'établissements d'enseignement supérieur à travers le pays, ce programme ambitionne de former plus de 2 200 étudiants aux technologies de pointe au cours de l'année 2026, a-t-il indiqué.

Pour sa part, Kim Yong Sup, directeur général adjoint de Samsung Vietnam, a fait part de la stratégie de sa société en matière de développement des ressources humaines de haut niveau. Selon lui, le partenariat entre l'État, les entreprises et les établissements d'enseignement constitue à la fois une solution et un modèle fondamental pour préparer les talents de demain.

Kim Yong Sup, directeur général adjoint de Samsung Vietnam. Photo : NDEL
Kim Yong Sup, directeur général adjoint de Samsung Vietnam. Photo : NDEL

« Nous sommes convaincus que, parallèlement aux investissements industriels, investir dans les personnes et dans le développement des compétences représente l'investissement le plus durable pour l'avenir. Si les usines créent la valeur économique d'aujourd'hui, les talents technologiques constituent les fondations de la valeur des décennies à venir. C'est pourquoi Samsung poursuit depuis plusieurs années une série de programmes de responsabilité sociétale et de formation des talents reposant sur ce modèle de coopération tripartite. Le programme Samsung Innovation Campus en est l'illustration la plus concrète : les établissements d'enseignement assurent la communication, le recrutement des étudiants et l'organisation des cours. Samsung fournit les programmes pédagogiques conformes aux standards internationaux, les équipements ainsi que des experts issus du monde professionnel. Enfin, le NIC joue le rôle de plateforme de mise en relation afin d'étendre ce modèle aux universités et instituts de formation de l'ensemble du pays », a-t-il expliqué.

Le représentant de Samsung Vietnam a également insisté sur le fait que le groupe ne souhaite pas seulement être reconnu comme le premier investisseur étranger ou le principal exportateur au Vietnam, mais ambitionne surtout de devenir le partenaire le plus fiable dans la formation et l'accompagnement des futurs talents technologiques vietnamiens.

Nguyen Thi Thu Ha, directrice adjointe du Bureau des partenariats public-privé auprès du Département de la gestion des marchés publics (ministère vietnamien des Finances), prend la parole lors du séminaire. Photo : NDEL
Nguyen Thi Thu Ha, directrice adjointe du Bureau des partenariats public-privé auprès du Département de la gestion des marchés publics (ministère vietnamien des Finances), prend la parole lors du séminaire. Photo : NDEL

Des propositions pertinentes

Lors du séminaire, les participants ont échangé sur les différents modèles de coopération existants ainsi que sur les besoins concrets permettant de renforcer ce partenariat entre les trois acteurs, dans l'objectif de développer des ressources humaines de haute qualité au service des sciences, des technologies, de l'innovation et de la transformation numérique au Vietnam.

Nguyen Thi Thu Ha, directrice adjointe du Bureau des partenariats public-privé auprès du Département de la gestion des marchés publics (ministère vietnamien des Finances), a présenté les mécanismes et les politiques encadrant les partenariats public-privé dans les domaines des sciences, des technologies, de l'innovation et de la transformation numérique.

Phung Trung Nghia, recteur de l'Université des technologies de l'information et de la communication (ICTU) rattaché à l'Université de Thai Nguyen. Photo : NDEL
Phung Trung Nghia, recteur de l'Université des technologies de l'information et de la communication (ICTU) rattaché à l'Université de Thai Nguyen. Photo : NDEL

Phung Trung Nghia, recteur de l'Université des technologies de l'information et de la communication (ICTU) rattaché à l'Université de Thai Nguyen, a estimé qu'il était nécessaire de mettre en place un mécanisme d'investissement encourageant les entreprises à soutenir les universités par la création de laboratoires, de centres de formation, la fourniture d'équipements, de technologies, d'experts, de bourses d'études et de financements, mais aussi en participant directement à la conception des programmes de formation, à leur actualisation, à l'enseignement, à l'encadrement des travaux pratiques ainsi qu'à l'évaluation des résultats.

Il a également plaidé pour la création d'un Fonds commun pour la recherche et l'innovation, reposant sur un cofinancement entre l'État, les établissements d'enseignement et les entreprises.

Pour lui, il importe de mettre en place des mécanismes d'expérimentation encadrés permettant de tester de nouveaux modèles pédagogiques, des entreprises implantées au sein des universités ou encore la commercialisation des résultats de la recherche.

Par ailleurs, il est indispensable de définir des critères d'évaluation prenant en compte le degré d'implication des entreprises, la qualité des ressources humaines formées, les résultats de la recherche, leur potentiel d'application ainsi que leur contribution à l'innovation et au développement durable du pays, a-t-il ajouté.

« La coopération ne devient véritablement efficace que lorsque les entreprises participent pleinement aux activités de formation, de recherche et d'innovation », a noté Phung Trung Nghia.

À l'issue du séminaire, les organisateurs ont mis à l’honneur plusieurs partenaires, instituts et établissements d'enseignement qui accompagnent la mise en œuvre du programme Samsung Innovation Campus 2026.

La Résolution N°57 (N°57-NQ/TW), adoptée le 22 décembre 2024 par le Bureau politique du Parti communiste vietnamien, érige le développement de la science, de la technologie, de l’innovation et de la transformation numérique en priorité nationale. Elle affirme que cette ambition relève de l’ensemble de la société : les citoyens et les entreprises en sont les acteurs centraux, les scientifiques le moteur, tandis que l’État en assure l’impulsion et la coordination.

Cette orientation appelle à renforcer les synergies entre les pouvoirs publics, les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, ainsi que le secteur privé.

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