Cette mission, à la fois complexe et hautement symbolique, témoigne de la reconnaissance de la nation envers ceux qui ont sacrifié leur vie pour l'indépendance.
Le 22 juillet, l'équipe chargée de la recherche et du rapatriement des dépouilles des soldats morts pour la Patrie relevant du Commandement militaire de la ville de Da Nang (au Centre du Vietnam) a annoncé avoir retrouvé une huitième dépouille dans la grotte de Da Sap (K600), située dans la commune de Ha Nha, portant à huit le nombre total de soldats découverts sur ce site.
Le colonel Tran Huu Ich, membre du Comité permanent du Parti de la ville et commandant du Commandement militaire de Da Nang, s'est rendu sur place pour inspecter les opérations, encourager les équipes engagées et leur demander d'élargir les recherches.
Il a insisté sur la nécessité de passer minutieusement au crible chaque secteur susceptible d'abriter des traces de soldats tombés au combat, afin qu'aucune dépouille ni aucun objet personnel ne demeure enfoui dans les profondeurs de la grotte.
Depuis plusieurs jours, les militaires de l'équipe de recherche travaillent sans relâche dans des conditions particulièrement difficiles. Ils doivent progresser sur un terrain escarpé, dans des galeries étroites, obscures et exposées à un risque permanent d'éboulement.
À l'aide d'outils manuels, chaque couche de terre et de roche est retirée avec une extrême précaution ; le moindre indice est repéré, documenté, collecté et conservé selon un protocole rigoureux.
C'est cette persévérance, associée à un sens aigu des responsabilités, qui a permis de retrouver la huitième dépouille, conformément aux informations recueillies auprès des témoins de l'époque, aux enquêtes de terrain et aux conclusions des travaux de vérification menés en amont.
Présent sur le site, le colonel Tran Huu Ich a demandé aux différents services de poursuivre avec détermination la « Campagne des 500 jours et nuits consacrée à la recherche, au regroupement et à l'identification des dépouilles des soldats morts pour la Patrie ».
Il a appelé les équipes à abandonner une approche passive fondée sur la simple réception d'informations pour adopter une démarche proactive, mobilisant toutes les sources documentaires disponibles.
Selon lui, les recherches ne doivent pas seulement s'appuyer sur les témoignages des anciens combattants et l'étude des archives. Elles doivent également intégrer une veille systématique de la presse, des réseaux sociaux ainsi que des informations communiquées par la population. Dès qu'un élément crédible apparaît, les opérations de reconnaissance et de vérification doivent être engagées sans délai.
Le colonel a également souligné l'urgence de cette mission. Plus d'un demi-siècle après les combats, les restes humains continuent de se dégrader, compromettant progressivement la qualité des échantillons biologiques nécessaires aux analyses ADN et, par conséquent, aux futures identifications.
« Si nous intervenons trop tard et que les prélèvements ADN deviennent impossibles, ce ne sera pas seulement une immense douleur pour les familles des soldats disparus ; ce sera aussi un échec pour tous ceux qui sont chargés de cette mission », a-t-il déclaré.
Le colonel Tran Huu Ich a appelé les équipes à agir avec célérité et détermination, sans jamais renoncer à la prudence, afin de saisir chaque occasion de rendre leur nom aux soldats tombés au combat et de permettre leur retour auprès de leurs familles, de leurs camarades et de leur terre natale, plus de cinquante ans après leur disparition.
Outre les dépouilles, les équipes de recherche ont mis au jour de nombreux objets ayant appartenu aux soldats : fragments de tissu, boutons d'uniforme, sandales en caoutchouc, casques tropicaux, stylos à bille, flacons de médicaments ainsi que divers effets personnels et équipements militaires datant de la guerre.
L'ensemble des dépouilles, des objets retrouvés et des échantillons biologiques est désormais conservé conformément aux procédures scientifiques en vigueur afin de faciliter les analyses ADN et l'identification des soldats.
Selon le Commandement militaire de la ville de Da Nang, la grotte de Da Sap ne constitue pas une cavité isolée, mais un vaste réseau de galeries interconnectées creusées au cœur de la montagne.
L'entrée de la grotte avait été détruite par les bombardements pendant la guerre, tandis que plusieurs passages demeurent obstrués par des éboulis. L'humidité permanente, l'exiguïté des lieux et le risque d'effondrement rendent les opérations particulièrement complexes.
Bien que les huit dépouilles correspondant aux premières informations recueillies aient désormais été retrouvées, les autorités militaires ont décidé de poursuivre les recherches. Elles n'excluent pas que d'autres soldats soient encore ensevelis dans cette zone, où les combats furent particulièrement meurtriers.
Autrefois connue sous le nom de grotte logistique K600, la grotte de Da Sap servait de dépôt de vivres, d'armes et de munitions destinés à assurer le soutien logistique des champs de bataille, notamment celui de Quang Da.
Selon les témoignages d'anciens combattants, aux alentours du 25 avril 1969, après que son emplacement eut été découvert, la zone fut violemment bombardée par l'aviation et l'artillerie ennemies. L'entrée de la grotte s'effondra, ensevelissant de nombreux cadres et soldats.