Dessins à la cire d'abeille et teinte à l'indigo au cœur du décor doré de Ta Van

Intégrer l'artisanat traditionnel aux parcours d'immersion donne un nouvel éclat au tourisme communautaire à Ta Van, dans la province de Lao Cai. Du dessin à la cire chaude jusqu'à la teinture à l'indigo, les visiteurs s'initient à la culture locale et à la vie du village à travers des gestes simples et authentiques.

Les touristes d’ecouvrent les dessins à la cire d'abeille et teinte à l'indigo au cœur du décor doré de Ta Van. Photo : NDEL.
Les touristes d’ecouvrent les dessins à la cire d'abeille et teinte à l'indigo au cœur du décor doré de Ta Van. Photo : NDEL.

L'apprentissage des métiers s'impose comme le temps fort des circuits axés sur le patrimoine vivant. Le charme de cette expérience réside dans les récits transmis au fil des créations, reflets d'un savoir-faire séculaire. Ces activités d'une grande sobriété permettent aux voyageurs d'appréhender le quotidien, le travail manuel et les connaissances empiriques transmis de génération en génération, offrant ainsi une dimension intime à leur périple.

Au milieu des rizières mûres de la vallée de Muong Hoa, des groupes de visiteurs arpentent paisiblement les hameaux pour découvrir le mode de vie des habitants de Lao Chai et de Ta Van. Après une randonnée au cœur des terrasses émeraudes et dorées, les demeures modestes des villageois deviennent d'accueillantes escales. Là, les voyageurs découvrent la technique de décoration à la cire d'abeille, s'initient à la teinture à l'indigo et confectionnent de leurs propres mains des objets à partir de matières traditionnelles.

La décoration à la cire d'abeille est ancrée de longue date dans les communautés des hautes montagnes du Nord-Ouest. Sur de la toile de lin brut, les artisans tracent motifs et figures géométriques à la cire chaude avant d'immerger le tissu dans les cuves d'indigo. Après de nombreux bains de teinture, la couche de cire préservée laisse apparaître des réserves claires qui forment les dessins caractéristiques des costumes traditionnels et des étoffes brocardées. Aujourd'hui, certaines étapes de cet artisanat d'art sont intégrées aux circuits touristiques pour offrir une expérience pratique inédite. Tout en dessinant et en teignant les étoffes, les voyageurs échangent avec leurs hôtes et s'imprègnent des savoirs populaires liés à la vie montagnarde.

Tan Su May, membre de la coopérative de Muong Hoa (hameau de Ta Van Day 2, commune de Ta Van), guide les participants à travers les gestes fondamentaux du dessin à la cire et du processus de teinture. S'exprimant dans un anglais fluide, elle présente le répertoire des motifs, montre aux visiteurs étrangers comment appliquer la cire sur la toile et comment tracer lignes droites ou arabesques au gré de leur inspiration.

Le matériel d'atelier comprend du tissu de lin, de la cire d'abeille et des stylets. Pièce maîtresse de cet ensemble d'outils, le stylet à cire se compose d'un manche en bambou muni d'une plume en lames de cuivre triangulaires ajustées.

Après les explications d'usage, les participants esquissent leurs motifs au crayon sur la toile de lin. Ces premiers traits permettent de structurer la composition et d'équilibrer l'emplacement des figures sur l'étoffe. Une fois le croquis achevé, il est temps de se familiariser avec la cire d'abeille fondue et le stylet traditionnel.

La cire est maintenue fluide sur un petit foyer. Tout au long du travail, la température est scrupuleusement conservée entre 50 et 70 °C à l'aide de braises chaudes. L'artisan d'un jour trempe la pointe du stylet dans la coupelle de cire, préserve la quantité juste, puis applique l'outil sur l'étoffe bien tendue. La pression de la main et la régularité du geste déterminent la fluidité de la ligne. À chaque effleurement, la cire chaude pénètre le cœur des fibres textiles pour former une barrière imperméable. Les tracés brun-jaune indiquent les zones réservées qui conserveront leur teinte naturelle après la teinture, la couche de cire empêchant le bain d'indigo de pénétrer le tissu.

Pour qui apprivoise le stylet pour la première fois, les premiers traits manquent souvent de régularité. Mais après quelques ajustements, les droites, les courbes et les registres ornementaux se détachent avec de plus en plus de netteté sur la toile blanche.

Toute la délicatesse repose dans le mouvement du poignet. Le trait doit être suffisamment dense pour isoler le tissu sans déformer la ligne du motif. Derrière ces gestes en apparence élémentaires, les visiteurs mesurent la patience, la minutie et la somme d'expériences accumulées au fil des siècles.

Une fois l'étape du dessin à la cire achevée, la pièce de lin est plongée dans la cuve de teinture. À travers des cycles répétés de trempage, de séchage à l'air libre et de rebain, la couleur indigo se fixe progressivement sur la fibre. Plus le trempage est prolongé, plus la nuance gagne en profondeur.

Au terme du processus de teinture, la cire est éliminée à l'eau bouillante. Le fond du tissu prend sa teinte indigo caractéristique, tandis que les lignes protégées par la cire révèlent leur éclat originel. Les ornements apparaissent alors avec un contraste saisissant. Du premier trait de crayon sur la toile vierge jusqu'au motif révélé par les bains successifs, le voyageur prend la mesure du chemin parcouru pour donner naissance à une pièce d'artisanat d'exception.

L'apprentissage de cet art traditionnel s'impose véritablement comme le temps fort des circuits axés sur le patrimoine vivant. Le charme de cette expérience réside dans les récits transmis au fil des créations, reflets d'un savoir-faire séculaire. Ces activités d'une grande sobriété permettent aux voyageurs d'appréhender le quotidien, le travail manuel et les connaissances empiriques transmis de génération en génération, offrant ainsi une dimension intime à leur périple.

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