Le secrétaire général du Parti communiste vietnamien et président de la République, To Lam, a lancé le chantier le 29 septembre, aux côtés de dirigeants du Parti et de l’État ainsi que de représentants de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).
Le projet de conservation, de restauration et de restitution du palais doit être réalisé entre 2026 et 2030 sur les fondations historiques mises au jour. Son coût est estimé à plus de 1 680 milliards de dôngs.
L’ancienne salle principale de la citadelle impériale
Le palais Kinh Thien a été construit en 1428, sous le règne de l’empereur Le Thai To, sur les vestiges de palais datant des dynasties des Ly et des Tran. Il a été achevé sous le règne de Le Thanh Tong.
Salle principale de la citadelle impériale de Thang Long, il accueillait les cérémonies les plus importantes de la cour.
En 1816, l’empereur Gia Long fit construire le palais Long Thien sur son emplacement pour servir de résidence impériale. Le bâtiment fut démoli en 1886 afin de laisser place à une installation militaire française.
Il ne subsiste aujourd’hui que la plateforme du palais et son escalier de pierre orné de dragons datant du XVe siècle.
La restitution sera menée sur le site historique d’origine. Conformément aux recommandations de l’UNESCO, elle devra préserver au maximum les vestiges archéologiques afin de garantir l’authenticité et l’intégrité du bien patrimonial.
Le projet couvre environ 10 700 m². Il comprend la plateforme du palais, la cour Dan Tri, les espaces situés à l’est, à l’ouest et au sud, ainsi que le jardin septentrional jusqu’au bâtiment D67.
Un édifice de 1 585 m²
Selon les représentations architecturales, le bâtiment principal comprendra sept travées et deux ailes latérales. D’une profondeur de cinq travées, il possédera une galerie extérieure large de 2,76 mètres et couvrira une superficie de 1 585 m².
Une balustrade de pierre entourera la plateforme. Sur les quatre côtés, des escaliers bordés de rampes sculptées de dragons et de motifs de nuages permettront d’accéder à l’édifice.
Le Centre de conservation du patrimoine de Thang Long-Hanoï indique que le secteur du palais renferme une succession de couches culturelles couvrant plus de 1 300 ans. Les nombreux vestiges et objets qui y ont été découverts retracent l’histoire de Thang Long et de Hanoï.
Les fondations de la salle principale ont été entièrement dégagées. Elles révèlent une plateforme d’environ trois mètres de haut, longue de 56,3 mètres et large de 49,6 mètres. L’ensemble de la cour et du bâtiment principal occupe 2 792 m².
Des fondations exceptionnelles dans l’architecture vietnamienne
Les spécialistes considèrent que les soubassements des colonnes du palais sont les plus imposants jamais identifiés dans l’architecture traditionnelle vietnamienne.
Le système comprend dix rangées de six bases de colonnes. Il dessine un plan de neuf travées en façade et de cinq en profondeur, avec une galerie périphérique de 2,76 mètres.
Ces fondations témoignent des principes de l’architecture palatiale vietnamienne et des échanges culturels régionaux. Elles illustrent également la manière dont la pensée confucéenne fut intégrée à la conception des édifices officiels sous la dynastie des Le.
Une toiture symbolisant le pouvoir impérial
La toiture du palais comportera deux niveaux aux angles relevés et sera couverte de tuiles vernissées jaunes ornées de dragons.
Des sculptures en forme de têtes de dragon seront placées sur le faîte et les arêtes du toit. Le motif du dragon à la gueule ouverte mordant l’extrémité du faîtage, caractéristique de cette période, avait remplacé les représentations de dragons et de phénix courantes sous les dynasties des Ly et des Tran.
Associés à d’autres décors, tels que les dragons enroulés, les frises de perles et les motifs de nuages stylisés, ces ornements symbolisent l’autorité suprême et la pérennité de la dynastie comme de l’État. Ils traduisent aussi la forte influence du confucianisme sur l’architecture impériale de l’époque.