Énergie nucléaire : le Vietnam renforce la formation des ressources humaines

Selon la décision n° 1012/QD-TTg, les besoins en ressources humaines sont estimés à environ 1 920 personnes pour la centrale nucléaire de Ninh Thuan 1 et 1 980 pour Ninh Thuan 2.

Construction de la zone de relogement destinée au projet de centrale nucléaire de Ninh Thuan 2. Photo : VNA.
Construction de la zone de relogement destinée au projet de centrale nucléaire de Ninh Thuan 2. Photo : VNA.

La construction, le développement et l’exploitation d’une centrale électronucléaire s’inscrivent sur plusieurs décennies et nécessitent un cadre juridique cohérent, des capacités de gestion, des dispositifs de sûreté et de sécurité nucléaires, des ressources humaines qualifiées et une coopération internationale étroite. Les ressources humaines constituent à cet égard l’une des conditions déterminantes.

Selon la décision n° 1012/QD-TTg, les besoins en ressources humaines sont estimés à environ 1 920 personnes pour la centrale nucléaire de Ninh Thuan 1 et 1 980 pour Ninh Thuan 2. La décision n° 893/QD-TTg fixe par ailleurs pour objectif, d’ici à 2030, de former l’ensemble des personnels chargés de la gestion publique de l’énergie atomique aux niveaux central et local, et de faire en sorte qu’au moins 50% des effectifs de l’autorité nationale de sûreté nucléaire disposent des compétences nécessaires pour élaborer la législation, évaluer, inspecter et superviser la sûreté et la sécurité des centrales nucléaires et des réacteurs de recherche.

Toutefois, le secteur fait face à une pénurie d'enseignants et d'équipements spécialisés. Duong Thanh Tung, responsable au Centre de formation nucléaire relevant de l'Institut de l'énergie atomique du Vietnam (VINATOM), indique que cet institut ne compte qu'une dizaine d'experts aptes à enseigner, dont la plupart sont proches de la retraite.

Les équipements destinés aux travaux pratiques et expérimentaux de l’Institut ne répondent pas encore aux besoins de la formation. Le laboratoire du Centre de formation nucléaire ne dispose actuellement d’aucune source radioactive, tandis que les modèles pratiques utilisent principalement l’eau et la chaleur. Les équipements informatiques de base destinés aux stagiaires sont également insuffisants. Il est donc nécessaire d’investir dans les capacités de recherche sur l’énergie nucléaire afin d’améliorer la qualité de la formation.

À long terme, le Vietnam doit également renforcer ses effectifs d’enseignants et d’experts spécialisés dans l’énergie nucléaire, confronté à un manque de spécialistes dans ce domaine. Selon Nguyen Hoang Linh, directeur de l’Agence vietnamienne pour la sûreté radiologique et nucléaire, la relance du programme nucléaire vietnamien exige non seulement de disposer de ressources humaines suffisantes au niveau national, mais aussi de répondre aux exigences de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), condition essentielle à un développement sûr et efficace du programme nucléaire.

Construction de la zone de relogement destinée au projet de centrale nucléaire de Ninh Thuan 2. Photo: VNA
Construction de la zone de relogement destinée au projet de centrale nucléaire de Ninh Thuan 2. Photo: VNA

En tant qu’organisme chargé de la mise en œuvre de la décision n° 893/QD-TTg, l’Agence vietnamienne pour la sûreté radiologique et nucléaire coordonne avec les organismes concernés l’élaboration d’un plan global et la mise en œuvre des différentes tâches, en commençant par l’évaluation des besoins en ressources humaines et l’élaboration de programmes de formation.

Face aux ressources nationales encore limitées, elle entend renforcer la coopération internationale, notamment en envoyant des agents en formation et en stage dans des établissements nucléaires réputés à l’étranger. Elle prévoit également de renforcer la coopération avec l’AIEA et les pays dotés d’une industrie nucléaire avancée, notamment à travers des programmes de formation et des échanges d’experts.

Du côté des partenaires internationaux, Xavier Perrette, vice-président chargé des relations internationales à l’Institut national des sciences et techniques nucléaires de France, souligne l’importance d’une planification des ressources humaines à long terme, intégrée à chaque étape du projet, de la conception à la gestion des déchets.

Pham Tuan Hiep, secrétaire général du Réseau des experts vietnamiens de l’énergie nucléaire à l’étranger (VietNuc), a indiqué que le réseau compte environ 200 membres dans plusieurs pays et contribue à la formation des cadres ainsi qu’au partage d’expériences internationales, afin de renforcer les compétences pratiques encore limitées au Vietnam. Il joue également un rôle de passerelle entre les experts vietnamiens à l’étranger et les spécialistes internationaux dans le développement du programme nucléaire vietnamien.

Pour former une nouvelle génération de chercheurs capables de diriger des équipes spécialisées, VietNuc recommande d’associer la formation de longue durée aux grands centres mondiaux de recherche nucléaire et de développer au Vietnam des programmes de formation fondamentaux conformes aux normes internationales, adaptés aux besoins en personnel et aux compétences requises pour chaque fonction.

Back to top