Faire du tourisme un secteur économique de pointe

Faire du tourisme un secteur économique de pointe

La Résolution no 26-NQ/TW du Bureau politique, datée du 22 août 2026, sur le développement du tourisme vietnamien en tant que secteur économique de pointe dans la nouvelle ère, marque une étape historique et ouvre la voie à une nouvelle percée du secteur.

Dans cette nouvelle phase, la croissance devra privilégier la qualité plutôt que le volume : la performance touristique ne se mesurera plus uniquement au nombre de visiteurs, mais surtout à la valeur créée.

Une croissance spectaculaire qui renforce la position du Vietnam

Près de dix ans après la mise en œuvre de la Résolution No 08-NQ/TW du Bureau politique, datée du 16 janvier 2017, visant à faire du tourisme un secteur économique de pointe, le tourisme vietnamien a connu une croissance remarquable grâce à des mécanismes et des politiques favorables.

Le Vietnam s'est ainsi imposé comme l'une des destinations touristiques affichant les rythmes de croissance les plus élevés au monde.

Entre 2017 et 2019, avant la pandémie de Covid-19, le nombre de visiteurs internationaux est passé de 12,9 à 18 millions, soit une croissance annuelle moyenne de 18,1 %.

Le tourisme intérieur a progressé de 73,2 à 85 millions de voyageurs.

Les recettes touristiques totales sont passées de 541 000 à 755 000 milliards de dôngs, tandis que la contribution du secteur au PIB a atteint 9,2 % en 2019.

Après les difficultés provoquées par la pandémie, le tourisme vietnamien a amorcé une reprise vigoureuse à partir de 2023.

En 2025, le pays a accueilli près de 21,2 millions de visiteurs internationaux et enregistré 137 millions de voyages touristiques intérieurs.

Les recettes touristiques ont dépassé 1 million de milliards de dôngs, pour une contribution directe d'environ 8,8 % au PIB.

Pour 2026, le secteur s'est fixé pour objectif d'accueillir 25 millions de visiteurs internationaux et 150 millions de touristes nationaux.

2.jpg
La spontanéité et la simplicité des enfants des régions montagneuses. Photo : VIET NGA.

Selon les classements du Forum économique mondial (WEF), le Vietnam est passé de la 75e place sur 141 économies en 2015 à la 63e sur 140 en 2019 dans l'indice de développement du tourisme et des voyages (TTDI), soit une progression de 12 rangs.

En 2026, il a atteint la 52e place sur 110 économies, gagnant sept rangs par rapport à 2024.

Le pays a également été régulièrement distingué lors de prestigieuses cérémonies internationales. Aux World Travel Awards (WTA), il a notamment été sacré cinq fois « Première destination patrimoniale mondiale » et six fois « Première destination d'Asie », tandis que de nombreuses collectivités locales et entreprises vietnamiennes ont également reçu des récompenses.

Le Vietnam est passé de la 75e place sur 141 économies en 2015 à la 63e sur 140 en 2019 dans l'indice de développement du tourisme et des voyages (TTDI), soit une progression de 12 rangs.

En 2026, il a atteint la 52e place sur 110 économies, gagnant sept rangs par rapport à 2024.

Selon les classements du Forum économique mondial

Fort de ces résultats, le tourisme s'affirme comme l'un des secteurs les plus dynamiques du développement socio-économique national. Sa croissance exerce des effets d'entraînement sur de nombreuses activités, contribuant à la réduction de la pauvreté, à l'amélioration des conditions de vie, à la transformation des espaces urbains et ruraux, ainsi qu'à la préservation et à la valorisation du patrimoine culturel. Elle participe également à la promotion de l'image du Vietnam et de sa population à l'étranger.

Malgré ces avancées, plusieurs obstacles structurels subsistent : des infrastructures de transport et d'accueil touristique encore insuffisamment coordonnées, une qualité inégale des ressources humaines, des capacités limitées de gestion des destinations, des produits touristiques parfois répétitifs et peu compétitifs à l'international, ainsi qu'une coopération interrégionale et intersectorielle insuffisante.

À cela s'ajoutent les difficultés à attirer et à fidéliser les visiteurs à fort pouvoir d'achat, sans oublier les pressions environnementales et la surfréquentation de certaines destinations.

La valeur créée, véritable mesure d'un secteur de pointe

À l'aube d'une nouvelle étape de développement, les critères d'évaluation de la croissance touristique doivent évoluer.

Le nombre de visiteurs demeure important, mais ne saurait constituer l'unique indicateur de réussite. Un marché générant de nombreuses arrivées, mais caractérisées par des séjours courts, de faibles dépenses et une forte pression sur les infrastructures et l'environnement, ne peut offrir les mêmes bénéfices qu'un marché créateur de valeur, d'emplois de qualité, de consommation locale et de préservation des ressources.

Il est donc indispensable de passer d'une croissance extensive à un développement en profondeur, axé sur la qualité et la valeur ajoutée.

Les nouveaux relais de croissance résident dans la capacité à proposer des expériences distinctives et à plus forte valeur ajoutée : tourisme haut de gamme, tourisme culturel, tourisme nocturne, économie événementielle et activités immersives.

3.png
4.png
Scène de la vie quotidienne dans les régions montagneuses. Photo : VIET NGA

À Hanoï, au-delà des rues piétonnes, plusieurs produits touristiques nocturnes ont acquis une identité propre et contribuent à renforcer l'attractivité de la capitale.

Parmi eux figurent les visites « Nuit sacrée » à la prison de Hoa Lo, le programme « Nuit impériale de Thang Long – Une expérience unique » à la Cité impériale de Thang Long, ainsi que « Quintessence du savoir » au Temple de la Littérature – Quoc Tu Giam.

Dans le delta du Mékong, après une longue période marquée par la similitude des offres, de nombreux vergers et sites écotouristiques ont investi dans de nouvelles expériences afin de séduire les visiteurs.

Les acteurs du tourisme de la région du Sud-Ouest cherchent également à diversifier leurs activités pour attirer et retenir les touristes dans le nouveau contexte territorial issu des réorganisations administratives, notamment grâce au développement de l'économie nocturne et à l'organisation de grands événements et spectacles consacrés à l'histoire, à la culture et aux populations locales.

Spécialisée dans le tourisme et l'organisation d'événements, la société par actions GBest Vietnam a choisi de faire du tourisme MICE — réunions, voyages de motivation, conférences et expositions — son principal axe de développement.

Plutôt que de proposer uniquement des circuits ou des prestations isolées, l'entreprise privilégie la conception de programmes adaptés aux objectifs propres à chaque client professionnel.

Selon Nguyen Thi Huyen, directrice générale de GBest Vietnam, le tourisme MICE peut devenir l'un des segments à forte valeur ajoutée du secteur. En effet, chaque groupe de voyageurs d'affaires génère non seulement des recettes pour les agences de voyages, mais aussi une demande en transport aérien et terrestre, hébergement, organisation de conférences, restauration, achats et services locaux.

Le développement du tourisme MICE doit donc s'inscrire dans un écosystème touristique cohérent et intégré.

5a.png

Nguyen Trung Quan, directeur de la société de tourisme aérien AVITOUR Vietnam, membre du Comité exécutif et responsable des relations extérieures et de la promotion touristique du Club des voyagistes UNESCO de Hanoï, souligne :

« Nous considérons qu'il est indispensable d'innover dans nos produits, de former les ressources humaines, d'appliquer les nouvelles technologies et de contrôler la qualité des services. Une agence de voyages ne doit pas se contenter d'amener des touristes dans une localité. Elle doit aussi contribuer, aux côtés des autorités locales, à créer des expériences de qualité, à préserver l'image de la destination et à générer des bénéfices durables pour la communauté. »

Il ajoute : « À mon sens, la mesure ultime de la réussite d'un secteur touristique de pointe ne réside pas seulement dans le nombre de visiteurs, mais dans la valeur que chaque voyage apporte aux touristes, aux entreprises, aux habitants et à l'économie. »

La valeur créée doit ainsi devenir le principal critère d'évaluation du tourisme en tant que secteur économique de pointe.

Au-delà du nombre de visiteurs, plusieurs indicateurs doivent être pris en compte : la contribution au PIB et à la productivité économique, les dépenses moyennes par visiteur, la durée des séjours, le taux de retour des touristes, les recettes d'exportation des services touristiques, l'emploi et les revenus des populations locales, les retombées sur les autres secteurs économiques, ainsi que les performances environnementales et la durabilité.

Cette évolution soulève un enjeu majeur de politique publique : la construction d'un écosystème touristique compétitif.

Créer les conditions d'un véritable essor du tourisme

Le tourisme vietnamien entre dans une nouvelle phase de développement. Dans ce contexte, la résolution no 26-NQ/TW ouvre de nouvelles perspectives, avec des objectifs plus ambitieux, une approche plus globale et des solutions de rupture.

L'enjeu essentiel consiste à concevoir le tourisme comme un écosystème économique intégré, mobilisant l'ensemble du système politique.

Le 7 septembre 2026, le gouvernement a adopté la résolution no 263/NQ-CP relative à son programme d'action, afin de traduire dans les faits, de manière complète et coordonnée, les orientations, objectifs, missions et solutions définis dans la Résolution no 26-NQ/TW.

6.jpg
La saison des fleurs de sarrasin sur le plateau rocheux. Photo : THANH HONG

Cette nouvelle orientation vise à transformer en profondeur les modes de pensée et les méthodes de développement touristique, en privilégiant la qualité, l'efficacité, la durabilité et la création d'une forte valeur ajoutée.

Elle entend également renforcer le rôle du tourisme comme moteur de croissance, en lien avec la transformation numérique, la transition écologique, le développement culturel, la défense et la sécurité nationales, ainsi que l'amélioration de la compétitivité du pays.

La résolution no 263/NQ-CP définit huit grandes priorités :

1. Renouveler les approches, renforcer la prise de conscience et les responsabilités des dirigeants en matière de développement touristique

2. Perfectionner les institutions et les politiques, créer des avancées stratégiques et mobiliser plus efficacement les ressources consacrées au tourisme

3. Développer les infrastructures et créer des pôles touristiques hautement compétitifs

4. Développer les marchés et les produits touristiques à forte valeur ajoutée, tout en améliorant l'efficacité économique du secteur

5. Renforcer l'efficacité de la communication et de la promotion touristiques, afin de valoriser davantage la marque touristique du Vietnam

6. Développer les ressources humaines, les entreprises et les communautés touristiques pour répondre aux nouvelles exigences

7. Accélérer l'application des sciences et technologies, l'innovation, la transformation numérique et le développement du tourisme intelligent

8. Moderniser la gouvernance touristique et améliorer la qualité des destinations pour les rendre plus vertes, intelligentes, sûres et durables

Selon Nguyen Trung Khanh, directeur de l'Autorité nationale du tourisme du Vietnam, malgré une croissance soutenue, la réalisation des objectifs fixés pour 2030 demeure un défi considérable. Le pays ambitionne en effet d'accueillir entre 45 et 50 millions de visiteurs internationaux et de servir 160 millions de touristes nationaux.

7a.png

Ces objectifs sont d'autant plus ambitieux que la pandémie de Covid-19 a durement touché le tourisme vietnamien, entraînant un retard de développement estimé à près de cinq ans.

Pour les atteindre, il faudra mettre en œuvre des solutions novatrices et décisives, tout en mobilisant les ressources au plus haut niveau.

Plusieurs questions doivent être résolues de manière coordonnée, notamment la politique des visas, les investissements dans les infrastructures, le développement des produits, la promotion touristique et la transformation numérique.

Face aux exigences croissantes en matière d'efficacité économique, le secteur doit non seulement accroître le nombre de visiteurs, mais aussi augmenter la valeur réelle que le tourisme apporte à l'économie vietnamienne.

Les objectifs de la résolution no 26-NQ/TW
D'ici 2030, le Vietnam entend faire du tourisme un secteur économique de pointe contribuant directement à hauteur de 10 à 12 % au PIB, tout en maintenant sa position parmi les pays d'Asie du Sud-Est les plus performants en matière de taille du marché et de rythme de croissance.
Le pays vise entre 45 et 50 millions de visiteurs internationaux, 160 millions de touristes nationaux et des recettes touristiques totales comprises entre 80 et 90 milliards de dollars.
À l'horizon 2045, le Vietnam ambitionne de développer un tourisme moderne et durable, affirmant son rôle de moteur de l'économie, avec une contribution directe de 14 à 15 % au PIB.
Il aspire également à figurer parmi les 30 pays les plus compétitifs au monde dans le domaine du tourisme et à accueillir 70 millions de visiteurs internationaux.
Back to top