La Banque d’État demande aux banques de réduire les taux des prêts aux PME

La Banque d'État du Vietnam a ordonné aux banques commerciales d'appliquer une réduction d'au moins 1 % des taux d'intérêt débiteurs sur les prêts accordés aux PME, une initiative majeure destinée à alléger le coût du capital et à stimuler l'activité économique.

Application des technologies à la production de crevettes destinées à l’exportation à Ca Mau. Photo : VNA.
Application des technologies à la production de crevettes destinées à l’exportation à Ca Mau. Photo : VNA.

La Banque d’État du Vietnam a demandé aux banques commerciales de réduire d’au moins 1% par an les taux d’intérêt des prêts accordés aux PME, une mesure destinée à alléger leurs coûts de financement, à fluidifier les flux de crédit et à soutenir la production et la croissance, dans un contexte où les taux d’intérêt restent difficiles à réduire davantage.

Les banques commerciales doivent mettre en œuvre ce programme dès août 2026 et publier leurs taux ainsi que leurs programmes de crédit afin de garantir la transparence et de faciliter l’accès des entreprises au financement. Les banques publiques sont appelées à jouer un rôle pionnier dans la mobilisation des ressources, tandis que les autres établissements sont encouragés à participer en fonction de leurs conditions et de leurs capacités.

Agribank a récemment lancé un programme de crédit préférentiel d’un montant de 70.000 milliards de dôngs, prévu jusqu’en 2028, avec des taux d’intérêt inférieurs de 1 à 2 points de pourcentage par an aux taux moyens appliqués aux prêts de même durée. Les financements ciblent notamment les PME ainsi que les secteurs de l’agriculture et des zones rurales, des industries auxiliaires, des technologies de pointe, des exportations, de l’économie numérique, de l’intelligence artificielle, des semi-conducteurs, de la transformation et de la fabrication ainsi que les projets relevant de la classification verte.

De son côté, NCB a réduit de 0,5% par an, à compter du 11 août, les taux d’intérêt de l’ensemble de ses programmes de crédit destinés aux particuliers et aux entreprises. La banque accorde la priorité au financement des projets verts, de l’économie numérique, de la construction, des matériaux de construction et des ouvrages nationaux d’importance stratégique.

Pour plusieurs experts, ces mesures devraient contribuer à réduire le coût du capital, à fluidifier les flux de crédit et à permettre aux entreprises de réinvestir, d’accroître leur production et de soutenir la croissance.

Nguyên Quang Huy, de la Faculté des finances et de la banque de l’Université Nguyên Trai, estime que la politique de la Banque d’État présente un impact positif non seulement pour les entreprises, mais également pour les secteurs des exportations, de l’économie numérique, de l’IA, des semi-conducteurs, des industries auxiliaires et des projets verts. Selon lui, l’effet le plus immédiat sera la réduction des coûts de financement et l’amélioration des flux de trésorerie des entreprises.

Selon la Banque d’État, à fin juillet 2026, l’encours de crédit de l’ensemble de l’économie atteignait près de 20,3 millions de milliards de dôngs, en hausse de 8,98% par rapport à fin 2025. L’encours des crédits accordés aux entreprises s’élevait à près de 11 millions de milliards de dôngs, représentant 53,3% du total, dont plus de 9,1 millions de milliards de dôngs pour les entreprises privées.

Nguyên Van Hung, directeur de Hasa Bio Foods, située à Hô Chi Minh-Ville, souhaite pouvoir accéder aux programmes de crédit préférentiels destinés aux entreprises exportatrices et aux projets verts afin de réduire ses coûts de financement et d’améliorer sa compétitivité.

Selon Tu Tiên Phat, directeur général d’ACB, les entreprises doivent diversifier leurs solutions d’accès au financement. Pour les entreprises d’import-export disposant de recettes en devises, les prêts en dollars peuvent être assortis d’un taux d’environ 4% par an. En tenant compte d’une variation du taux de change de 1 à 1,5%, le coût maximal du financement serait d’environ 6%.

Les entreprises peuvent également recourir à des produits dérivés et à des contrats à terme afin de gérer les risques de change. Les entreprises de taille moyenne pourraient par ailleurs envisager l’émission d’obligations. Les banques peuvent les conseiller dans ces opérations ou investir dans leurs obligations, leur permettant ainsi de disposer de financements d’une maturité de cinq à sept ans et de stabiliser leurs flux de trésorerie.

VNA/NDEL
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