La filière des fruits et légumes ambitionne d'atteindre 10 mds de dollars d'exportations

Fort d’une croissance à deux chiffres continue depuis des années, l’Association vietnamienne des fruits et légumes (Vinafruit) estime que les recettes d’exportation pourraient atteindre 10 milliards de dollars dès 2026.

Transformation de mangues destinées à l'exportation vers les États-Unis, l'Europe, la République de Corée et le Japon chez l'usine d’ANTESCO, dans la province de Lâm Dông. Photo: VNA.
Transformation de mangues destinées à l'exportation vers les États-Unis, l'Europe, la République de Corée et le Japon chez l'usine d’ANTESCO, dans la province de Lâm Dông. Photo: VNA.

D’après l’Association vietnamienne des fruits et légumes (Vinafruit), les recettes totales d’exportation pour 2025 sont estimées entre 8 et 8,4 milliards de dollars, soit une hausse de 1,3 à 1,4 milliard de dollars par rapport à 2024, ce qui représente une croissance de 18%. Il s’agit d’une performance remarquable malgré la volatilité persistante du commerce mondial, témoignant de la compétitivité croissante des produits agricoles vietnamiens sur les marchés internationaux.

Cette solide performance s’explique par un ensemble de facteurs favorables. La demande sur les principaux marchés, tels que la Chine, les États-Unis, la République de Corée, le Japon et l’Union européenne, a connu une nette reprise. Parallèlement, un plus grand nombre de fruits vietnamiens ont obtenu l’accès officiel à l’exportation vers des marchés exigeants, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives de croissance.

Le président de Vinafruit, Nguyên Thanh Binh, a déclaré que la croissance des exportations ces dernières années, dépassant les fluctuations saisonnières, s’inscrit désormais dans une tendance haussière bien définie. Une attention accrue portée à la qualité, à la traçabilité et au respect des normes du marché permet aux produits vietnamiens de s’implanter plus solidement dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

La Chine demeure le premier marché d’exportation, représentant une part importante du chiffre d’affaires total. Cependant, elle représente également le plus grand défi pour le secteur, a-t-il souligné.

Malgré une forte hausse de la valeur des exportations, les expéditions vers la Chine restent vulnérables. Les liens entre production et consommation nationales demeurent fragiles et fragmentés, et l’agriculture à petite échelle, influencée par les signaux du marché à court terme, reste courante. Lorsque le marché fluctue ou que les politiques d’importation changent, la chaîne d’approvisionnement est exposée à des perturbations.

Selon le Dr Nguyên Dinh Bich, expert en économie agricole, la principale faiblesse du secteur réside dans l’organisation de la production. Si la croissance est rapide, elle n’est pas encore solidement ancrée. Sans des liens plus étroits entre les zones de production de matières premières, la transformation et la distribution, le secteur restera vulnérable si les principaux marchés durcissent leurs normes ou modifient leur réglementation.

Les enseignements tirés des précédents engorgements aux frontières demeurent donc essentiels, d’autant plus que les pays importateurs continuent de renforcer leurs exigences en matière de quarantaine, de sécurité alimentaire et de durabilité.

Objectif 10 milliards de dollars

Malgré ces défis, les perspectives à long terme restent positives. Forte d’une croissance à deux chiffres continue depuis des années et alors que le Vietnam figure désormais parmi les 25 plus grandes nations commerçantes mondiales,
Vinafruit estime que les recettes d’exportation pourraient atteindre 10 milliards de dollars dès 2026.

De nombreuses entreprises jugent cet objectif réalisable si les obstacles actuels sont levés. Un représentant de la Compagnie par actions de fruits et légumes de Tiên Giang (VEGETIGI) a déclaré qu’il subsiste un potentiel important, notamment pour les produits transformés et les fruits frais haut de gamme. Cependant, les entreprises ont besoin de politiques stables concernant les zones d’approvisionnement en matières premières, la logistique et l’accès aux marchés.

Les coûts logistiques, en particulier ceux liés à la chaîne du froid, représentent toujours une part importante des dépenses, ce qui nuit à la compétitivité par rapport aux concurrents régionaux.

Les experts ont souligné la nécessité de solutions globales et à long terme, notamment la création de zones de production concentrée, la normalisation des codes d’unités de production et la certification des installations de conditionnement en adéquation avec la demande du marché. La diversification des marchés d’exportation et l’augmentation de la part des produits transformés sont également considérées comme essentielles.

Le président de Vinafruit, Nguyên Thanh Binh, a ajouté que le maintien du soutien de l’État en matière d’accès aux marchés, d’harmonisation des normes et d’infrastructures de crédit et de logistique sera essentiel pour garantir une croissance durable. Il est crucial que l’objectif de 10 milliards de dollars soit lié à la qualité et à la résilience de cette croissance, car le secteur demeure vulnérable aux aléas climatiques, aux maladies et aux fluctuations du marché.

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