Le Vietnam et l'UE signent une lettre d'intention sur l'éducation et la formation

Pour la première fois, le ministère vietnamien de l’Éducation et de la Formation et la Commission européenne ont signé une lettre d’intention visant à établir une coopération globale, de la reconnaissance des qualifications au développement des compétences pour la nouvelle période.

Le ministre vietnamien de l’Éducation et de la Formation, Hoàng Minh Son, et la vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée des Droits sociaux et des Compétences, des Emplois de qualité et de la Préparation, Roxana Mînzatu, signent la lettre d’intention sur l’éducation et la formation entre le Vietnam et l’UE. Photo : VNA
Le ministre vietnamien de l’Éducation et de la Formation, Hoàng Minh Son, et la vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée des Droits sociaux et des Compétences, des Emplois de qualité et de la Préparation, Roxana Mînzatu, signent la lettre d’intention sur l’éducation et la formation entre le Vietnam et l’UE. Photo : VNA

Une lettre d’intention relative à l’éducation et à la formation a été signée jeudi 22 octobre à Bruxelles entre le ministère vietnamien de l’Éducation et de la Formation et la Commission européenne (CE), dans le cadre de la visite officielle auprès de l’Union européenne (UE) du secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président de la République, Tô Lâm.

Le document a été signé par le ministre vietnamien de l’Éducation et de la Formation, Hoàng Minh Son, et la vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée des Droits sociaux et des Compétences, des Emplois de qualité et de la Préparation, Roxana Mînzatu.

Il s’agit du premier document entièrement consacré à l’éducation et à la formation entre les deux parties. Auparavant, la coopération dans ce secteur reposait essentiellement sur des dispositions générales inscrites dans un accord-cadre. Cette lettre d’intention dépasse donc le simple cadre du protocole diplomatique ; elle marque une étape formelle visant à ériger l’éducation en pilier de la coopération, assorti d’orientations et d’une feuille de route clairement définies.

La lettre d’intention souligne que, depuis l’établissement de relations diplomatiques en 1990, le Vietnam et l’UE entretiennent des relations durables, significatives et positives. L’éducation et la formation constituent un domaine de coopération important dans le cadre de l’Accord-cadre global de partenariat et de coopération entre l’Union européenne et le Vietnam, signé en 2012 et entré en vigueur en 2016. Les deux parties ont réaffirmé leur intérêt mutuel et leur volonté de renforcer leur coopération, sur la base de l’égalité, du respect mutuel et de la compréhension.

En vertu de ce document, les parties souhaitent approfondir et élargir leur coopération dans des domaines spécifiques, en commençant par l’échange d’informations et la connectivité dans le cadre du programme Erasmus+ — l’initiative phare de l’UE en matière d’éducation, de formation, de jeunesse et de sport. Elles coopéreront également au sein du Partenariat mondial pour l’éducation et d’autres programmes éducatifs menés à différents niveaux. Les points focaux nationaux du programme Erasmus+ bénéficieront d’un soutien afin de mieux assumer leur rôle de trait d’union.

Par ailleurs, les deux parties renforceront les capacités des individus et des établissements universitaires, favoriseront les échanges d’apprenants et de personnel académique, partageront leurs expériences et leurs bonnes pratiques, et faciliteront la mise en place de programmes conjoints de formation et de recherche.

Afin de concrétiser ces engagements, elles prévoient d’élaborer une feuille de route globale pour les activités de coopération, qu’elles soient existantes ou à venir.

Le ministre Hoàng Minh Son a déclaré à l’Agence vietnamienne d’information (VNA) que l’Europe a apporté un soutien significatif au Vietnam, notamment par le biais du programme Erasmus+ et de programmes conjoints entre universités et établissements d’enseignement, avec des résultats notables. Toutefois, ces activités demeuraient fragmentées et manquaient d’un cadre directeur commun.

« C’est la première fois qu’une lettre d’intention est signée entre le ministère vietnamien de l’Éducation et de la Formation et la Commission européenne, visant à mettre en œuvre une coopération globale — allant de la reconnaissance des qualifications dans l’éducation et la formation au développement des compétences pour cette nouvelle période », a-t-il souligné.

Selon le responsable, le second axe porte sur une coopération approfondie, destinée à élaborer des feuilles de route précises couvrant la réforme de l’enseignement général, de l’enseignement professionnel et de l’enseignement supérieur. L’objectif est de renforcer les capacités institutionnelles, d’intensifier les échanges d’étudiants et d’enseignants, et de favoriser des partenariats étroits entre les établissements de formation des deux parties.

Le ministre Hoàng Minh Son a qualifié cette initiative de levier essentiel pour développer des ressources humaines de haute qualité, soutenant ainsi la réforme du modèle de croissance du pays et répondant aux besoins des investisseurs étrangers dans les secteurs de haute technologie.

Concernant les prochaines étapes, il a indiqué que les deux parties mettraient en place un groupe de travail conjoint chargé d’élaborer une feuille de route pour la mise en œuvre. Conformément aux directives du secrétaire général et président Tô Lâm, cette coopération devra se concrétiser par des actions, des projets et des programmes tangibles, dont les résultats et l’efficacité seront évalués chaque année.

Sur cette base, les deux parties poursuivront leurs efforts d’ajustement afin d’évoluer vers une coopération équitable et globale, dépassant le cadre d’une relation unilatérale fondée sur le seul soutien européen.

Pendant des années, la coopération éducative entre le Vietnam et l’UE a été perçue principalement sous l’angle de l’aide, des bourses d’études et du financement de projets. L’accent mis par le Vietnam sur l’« égalité » et un partenariat « bidirectionnel » témoigne de sa nouvelle posture : celle d’un partenaire qui souhaite co-concevoir des programmes plutôt que de se limiter à recevoir un soutien, a-t-il indiqué.

La lettre d’intention a été remise lors d’une table ronde de haut niveau réunissant le secrétaire général et président Tô Lâm ainsi que des dirigeants de grandes entreprises européennes et belges.

Selon le ministre Hoàng Minh Son, les entreprises belges et européennes ont manifesté un vif intérêt pour le développement de leurs investissements au Vietnam, en ciblant des secteurs exigeant une main-d’œuvre hautement qualifiée, tels que les hautes technologies, la logistique et la santé.

Il a souligné que la remise directe du document de coopération à la Commission européenne, lors de cette table ronde, envoie un message clair : le Vietnam s’engage à promouvoir une formation adaptée aux besoins des entreprises étrangères, répondant ainsi aux exigences tant actuelles que futures.

L’engagement en faveur de ressources humaines de haute qualité constitue un atout majeur pour attirer les investissements, offrant au Vietnam un avantage concurrentiel pour séduire des entreprises étrangères, notamment celles de premier plan, a-t-il poursuivi.

Le responsable a précisé que ce message a été clairement illustré lors du forum : les entreprises souhaitant investir au Vietnam fondent leurs décisions sur la disponibilité de ressources humaines hautement qualifiées. Par conséquent, le choix du moment et du lieu pour la remise de ce document revêt une importance particulière.

En intégrant un accord éducatif dans le cadre de ses échanges avec les investisseurs, le Vietnam signifie que les ressources humaines font désormais partie intégrante de sa stratégie d’attractivité, au même titre que les infrastructures, le cadre institutionnel et les mesures incitatives.

Pour les entreprises européennes cherchant à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement, disposer d’une main-d’œuvre formée selon des normes compatibles avec celles de l’Europe constitue un avantage indéniable.

La signature de la lettre d’intention a eu lieu le jour même où le Vietnam et l’UE ont publié un communiqué de presse conjoint, dans lequel les dirigeants des deux parties ont convenu de renforcer la coopération dans les domaines de l’éducation et de la formation.

VNA/NDEL

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