Les conséquences de l’agent orange/dioxine continuent d’affecter non seulement les personnes directement exposées, mais aussi de nombreuses familles sur plusieurs générations. Cette situation souligne la nécessité de poursuivre une aide concrète et durable aux victimes et de renforcer la coopération internationale pour remédier aux conséquences des produits chimiques utilisés pendant la guerre.
Ces questions ont été abordées lors d’une table ronde intitulée « 65 ans de la catastrophe de l’agent orange au Vietnam », organisée le 21 octobre à Hanoï par l’Union des organisations d’amitié du Vietnam, en coordination avec l’Association vietnamienne des victimes de l’agent orange/dioxine (VAVA), le Centre national d’action pour le traitement des produits chimiques toxiques et la dépollution de l’environnement (NACCET), le Bureau 701, chargé de la coordination des efforts visant à remédier aux conséquences des bombes, des mines et des produits chimiques laissés par la guerre, et la Vietnam–USA Society.
Dans son discours d’ouverture, le vice-président de l’Union des organisations d’amitié du Vietnam, Dong Huy Cuong, a souligné la volonté de mobiliser la diplomatie populaire et le soutien de la communauté internationale pour contribuer à remédier aux conséquences de l’agent orange.
De son côté, le général de division Nguyen Huu Chinh, président de la VAVA, a affirmé que l’aide aux victimes ne devait pas se limiter à une assistance ponctuelle, mais s’inscrire dans un accompagnement durable, notamment en matière de soins de santé, de réadaptation, d’éducation, de formation professionnelle, de développement des moyens de subsistance et d’intégration dans la société.
L’ambassadeur Bui The Giang, vice-président de la Vietnam–USA Society, a insisté sur la nécessité de traduire la bonne volonté en actions concrètes et de mobiliser des ressources internationales suffisantes pour soutenir les victimes et poursuivre la décontamination des sites pollués à la dioxine.
Le docteur Charles R. Bailey, ancien directeur du bureau de la Fondation Ford au Vietnam, a proposé de fournir des ressources à la VAVA et au NACCET afin de mettre à jour la liste des ménages comptant des personnes handicapées victimes de la guerre.
Il a suggéré de donner la priorité aux familles vivant sous le seuil de pauvreté et comptant une personne lourdement handicapée nécessitant une assistance permanente, dans les zones fortement touchées par les épandages de produits chimiques.
Il a également préconisé une aide directe sur trois ans, notamment pour l’amélioration du logement, la formation professionnelle, le financement de petites entreprises, la réadaptation et l’accès aux services sociaux. Vuong Thi Quyen, victime de l’agent orange de deuxième génération originaire de Quang Tri, a appelé les organisations vietnamiennes et internationales à poursuivre leur soutien aux victimes pour les aider à améliorer leurs conditions de vie et à mieux s’intégrer dans la société.
Selon les estimations, environ 4,8 millions de Vietnamiens ont été exposés aux produits chimiques toxiques, dont près de 3 millions sont considérés comme des victimes de l’agent orange/dioxine. Les conséquences se font encore sentir sur plusieurs générations. Selon des statistiques incomplètes, le pays comptait, en 2024, plus de 35.000 victimes de la troisième génération et plus de 6.000 de la quatrième génération.
Ces chiffres soulignent la nécessité de poursuivre une coopération à long terme entre les organisations vietnamiennes et les partenaires internationaux pour soutenir les victimes et remédier aux conséquences de la guerre.