Les Dao contribuent à protéger la frontière à l'extrémité nord du pays

À l’extrême Nord-Est du Vietnam, dans la province de Quang Ninh, au cœur des montagnes majestueuses et des villages blottis sur les versants, la communauté des Dao constitue une composante indissociable du développement des régions frontalières.

Lors d'une patrouille le long de la frontière à Quang Ninh. Photo : vietnamnet.vn
Lors d'une patrouille le long de la frontière à Quang Ninh. Photo : vietnamnet.vn

À mesure que la confiance de la population envers les collectivités locales se renforce et que les politiques de soutien permettent aux habitants d’améliorer leurs moyens de subsistance, les Dao prennent davantage conscience de leur responsabilité. Ils sont ainsi devenus une force essentielle dans la protection des frontières nationales et la garantie de la paix qui règne aux confins du pays.

La confiance des habitants au pied des bornes frontalières

Pour les populations vivant le long de la frontière, les bornes ne sont pas seulement des repères délimitant le territoire national sur une carte ; elles symbolisent avant tout la paix et la stabilité des villages.

Tang Dau Tinh, personnalité de confiance du hameau de Dong Van (commune de Hoanh Mo), participe depuis de nombreuses années, aux côtés des gardes-frontières, aux patrouilles le long de la frontière et aux inspections des bornes. Les sentiers serpentant sur les flancs des montagnes, traversant les torrents et les forêts anciennes lui sont désormais parfaitement familiers.

Selon lui, lorsque les habitants comprennent que protéger la frontière revient à préserver leur mode de vie, leurs moyens de subsistance et l’avenir de leurs enfants, la défense des lignes et des bornes frontalières cesse d’être la seule mission des gardes-frontières pour devenir une responsabilité partagée par l’ensemble de la communauté.

Pour Tang Dau Tinh, chaque patrouille ne constitue donc pas seulement une mission, mais aussi le devoir d’un homme né et élevé sur cette terre frontalière.

« Ici, chacun sait parfaitement qu’une frontière paisible est la condition d’un village paisible. C’est pourquoi, chaque fois qu’une patrouille ou une campagne de sensibilisation est organisée, les habitants répondent toujours présents », confie-t-il.

Des « bornes vivantes » aux confins de la Patrie

Le village de Dong Van n’est pas un cas isolé. Dans les communes frontalières telles que Hoanh Mo, Binh Lieu ou Hai Son, les groupes communautaires chargés de la surveillance des frontières et des bornes constituent depuis de nombreuses années un modèle particulièrement efficace.

À Hai Son, où plus de 90 % de la population appartient à des minorités ethniques, principalement les Dao et les San Chi, les habitants sont pleinement conscients que les plus de 34 kilomètres de frontière ne représentent pas seulement une ligne de défense nationale, mais aussi un espace de vie auquel plusieurs générations demeurent profondément attachées.

Les membres de ces groupes d’autogestion effectuent ainsi régulièrement des patrouilles avec les gardes-frontières, inspectent les bornes et signalent rapidement toute anomalie observée le long de la frontière. Leur connaissance approfondie des sentiers, des ruisseaux et des massifs forestiers constitue un atout précieux pour la surveillance et la protection de la souveraineté territoriale.

Selon le colonel Vu Van Hung, commissaire politique du Commandement des gardes-frontières de la province de Quang Ninh, les Dao ne sont pas seulement des habitants profondément enracinés sur leur terre ; ils constituent également de véritables « bornes vivantes », contribuant à renforcer sans cesse le dispositif de défense populaire des frontières. Photo : My Dung/vietnamnet.vn
Selon le colonel Vu Van Hung, commissaire politique du Commandement des gardes-frontières de la province de Quang Ninh, les Dao ne sont pas seulement des habitants profondément enracinés sur leur terre ; ils constituent également de véritables « bornes vivantes », contribuant à renforcer sans cesse le dispositif de défense populaire des frontières. Photo : My Dung/vietnamnet.vn

Le colonel Vu Van Hung, commissaire politique du Commandement des gardes-frontières de la province de Quang Ninh, indique que la zone frontalière de la province compte actuellement 22 groupes ethniques totalisant plus de 813 000 habitants. Parmi eux, la communauté des Dao, forte de plus de 53 600 personnes, est l’une des plus importantes minorités ethniques de la province et est implantée dans plusieurs secteurs stratégiques.

Selon lui, les Dao ne sont pas seulement des habitants profondément enracinés sur leur terre ; ils constituent également de véritables « bornes vivantes », contribuant à renforcer sans cesse le dispositif de défense populaire des frontières.

Au fil des années, ils ont perpétué leur tradition patriotique en collaborant activement avec les gardes-frontières pour surveiller les lignes et les bornes frontalières, garantir la sécurité nationale et l’ordre public et participer efficacement au mouvement populaire de protection de la souveraineté territoriale et de la sécurité des frontières nationales.

« De nombreux anciens de village, chefs de hameau et personnalités de confiance de la communauté des Dao sont devenus des intermédiaires essentiels entre les comités communaux du Parti, les autorités locales, les gardes-frontières et la population. Ils jouent un rôle actif dans la sensibilisation des habitants au respect de la loi et dans la lutte contre les franchissements illégaux de la frontière, la contrebande et les différentes formes de criminalité dans les zones frontalières », souligne le colonel Vu Van Hung.

Un « bouclier invisible » fondé sur la confiance de la population

Aux côtés des gardes-frontières, les Dao participent également à la protection des forêts des bassins versants, qui constituent à la fois leur principale source de subsistance et un véritable « bouclier écologique » pour les régions frontalières.

Dans de nombreuses localités, les communautés ont adopté des règles collectives de protection des forêts, organisent des patrouilles régulières, préviennent les incendies, luttent contre l’exploitation illégale des ressources forestières et préservent les sources d’eau indispensables à la production agricole.

Dans ces forêts frontalières, les traces des habitants se mêlent à celles des gardes-frontières au fil des patrouilles. La protection des forêts n’est ainsi plus la seule responsabilité des autorités compétentes, mais une mission assumée par toute la communauté.

La défense de la souveraineté nationale va de pair avec la consolidation de la solidarité au sein des villages.

L’exemple de Tang Dau Tinh, secrétaire de la cellule du Parti, chef de village et personnalité de confiance, en est une parfaite illustration. Grâce à son prestige et à sa connaissance des coutumes locales, il a bien joué le rôle de médiateur dans de nombreux conflits entre familles.

Pour lui, préserver la cohésion de la communauté est tout aussi important que protéger chaque borne frontalière. Car ce n’est que lorsque les villages vivent en paix et que leurs habitants demeurent unis que la souveraineté nationale peut être solidement garantie à sa base.

« La stabilité des communautés locales, le développement socio-économique ainsi que la solidarité entre l'armée et la population constituent des facteurs décisifs pour édifier une région frontalière pacifique, amicale, coopérative et prospère », affirme Tang Dau Tinh.

La commune de Hoanh Mo intensifie la diffusion de ses politiques et directives, encourageant les habitants à se sensibiliser et à participer à des modèles d'autogestion pour garantir la sécurité nationale et l'ordre public. Photo : My Dung/vietnamnet.vn
La commune de Hoanh Mo intensifie la diffusion de ses politiques et directives, encourageant les habitants à se sensibiliser et à participer à des modèles d'autogestion pour garantir la sécurité nationale et l'ordre public. Photo : My Dung/vietnamnet.vn

Consolider la grande union nationale à partir des communautés locales

Ces dernières années, parallèlement au développement socio-économique, les conditions de vie des Dao dans les zones frontalières de la province de Quang Ninh se sont nettement améliorées.

Toutefois, plusieurs défis demeurent, notamment la persistance, dans certaines localités, de pratiques coutumières dépassées telles que les mariages précoces, ainsi que les risques liés à l’apparition de différentes formes de criminalité et de fléaux sociaux.

Dans ce contexte, les personnalités de confiance continuent de jouer pleinement leur rôle de trait d’union entre le Parti, les collectivités locales et la population.

Selon Vu Quang Truc, vice-président du Comité du Front de la Patrie du Vietnam de la province de Quang Ninh, le Front poursuivra ses efforts pour renforcer le bloc de la grande union nationale dès l’échelle des communautés locales, tout en intensifiant le contrôle de la mise en œuvre des politiques en faveur des régions habitées par les minorités ethniques, des zones montagneuses et des territoires frontaliers.

Il souligne qu’à mesure que Quang Ninh poursuit son ambition de devenir une municipalité placée directement sous l’autorité du gouvernement central, la province continuera d’accorder une attention accrue aux régions montagneuses, aux zones peuplées de minorités ethniques et aux territoires frontaliers, afin que leurs habitants bénéficient pleinement des fruits du développement socioéconomique tout en devenant des acteurs essentiels de la protection et de l’édification de leur terre natale.

Dans les hauts plateaux de Quang Ninh, la réalité prouve que la grande union nationale n’est pas une notion abstraite. Elle se traduit concrètement par les patrouilles le long de la frontière, la préservation des forêts, les efforts de réconciliation au sein des villages, l’action discrète des chefs coutumiers et des personnalités de confiance qui fédèrent les communautés, ainsi que par l’engagement quotidien des gardes-frontières aux côtés de la population.

Des maisons nichées au pied des montagnes aux forêts des hauts bassins versants, en passant par les pistes de patrouille qui longent la frontière, le peuple Dao contribue aujourd’hui de manière décisive à jeter les bases d’un développement durable de la province de Quang Ninh, sentinelle de l’extrême Nord-Est du Vietnam.

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