Nay Djruêng : des genoux meurtris à un parcours semé d’espoir pour la communauté

Né avec de graves malformations dues aux séquelles de l’agent orange, Nay Djruêng (32 ans), originaire du village de JI, dans la commune de Ia Dreh (province de Gia Lai), a frôlé la mort dès sa naissance et connu une enfance marquée par d’immenses difficultés.

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Nay Djruêng (32 ans), originaire du village de JI, dans la commune de Ia Dreh (province de Gia Lai), est né avec de graves malformations causées par les séquelles de l’agent orange et a frôlé la mort dès sa naissance. (Photo : THP)

Aujourd’hui, celui qui se traînait autrefois sur ses genoux pour aller à l’école est devenu un acteur engagé du développement communautaire, offrant de nouvelles perspectives à de nombreuses personnes défavorisées.

Aux frontières de la vie dès sa naissance

Les parents de Nay Djruêng, enfants des hauts plateaux de Gia Lai, avaient combattu au sein des forces de guérilla pendant la guerre. Revenus à la vie civile, ils ont vu les séquelles des agents chimiques se manifester sur le corps de leur fils.

Né avec des membres atrophiés et sévèrement déformés, Djruêng a failli perdre la vie dès ses premiers jours. Dans un contexte où les malformations congénitales étaient parfois perçues comme un mauvais présage, sa famille avait envisagé de l’enterrer vivant avant que son oncle aîné ne s’oppose fermement à cette décision et ne lui sauve la vie.

Malgré l’adversité, l’enfant nourrit très tôt le désir d’apprendre. Il apprend à écrire avec ses mains handicapées et parcourt plus d’un kilomètre en se traînant sur ses genoux pour rejoindre l’école. Plus tard, l’obtention d’une prothèse de jambe lui permettra de poursuivre son chemin avec davantage de confiance et de détermination.

Une vocation née des épreuves

Refusant toute forme de compassion passive, Nay Djruêng choisit l’éducation comme voie d’émancipation. Diplômé en technologies de l’information, il quitte Gia Lai pour Hô Chi Minh-Ville, où il construit sa carrière. Il travaille aujourd’hui au sein de l’Association des victimes de l’agent orange/dioxine de Hô Chi Minh-Ville, où il est chargé de la communication.

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Aujourd’hui, Nay Djruêng est responsable de la communication au sein de l’Association des victimes de l’agent orange/dioxine de Hô Chi Minh-Ville. (Photo : THP)

Son engagement le plus remarquable se traduit par les projets communautaires qu’il mène depuis plus de douze ans. Grâce à l’initiative « Traverser la saison des récoltes » (*Đi qua mùa rẫy*), il consacre une partie de ses revenus à l’achat de fournitures scolaires, de vélos et de bourses destinées aux élèves défavorisés des régions montagneuses.

En octobre 2024, son action a été récompensée par le prix « Rayonner par la volonté » (*Tỏa sáng nghị lực Việt*). Peu après, avec plusieurs collaborateurs, il a créé la Fondation de bourses d’études *Thiên Nga* (« Cygne »), destinée à soutenir les élèves en difficulté et les bénévoles en situation de handicap.

Après plus d’une décennie d’engagement associatif, Djruêng est arrivé à une conviction : les personnes handicapées ne manquent pas de courage, mais d’opportunités. Pour lui, tout « vilain petit canard » peut devenir un cygne si on lui offre un soutien adapté.

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Depuis des années, Djruêng poursuit sans relâche son engagement en faveur de l’éducation, en attribuant des bourses d’études pour aider les élèves défavorisés à poursuivre leur scolarité. (Photo : THP)

La rencontre de deux volontés d’exception

Le parcours de Nay Djruêng a profondément touché l’opinion publique. Dans l’émission télévisée « Nối trọn yêu thương » diffusée sur VTV1, il a rencontré Mme Vu Phuong Thanh, championne du monde de l’ultra-endurance Swiss Ultra 2022 et ambassadrice de la marque Number 1 du groupe Tan Hiep Phat.

Cette rencontre a réuni deux personnalités animées par une même détermination : l’une repousse les limites du sport d’endurance, l’autre transforme les épreuves de la vie en actions concrètes au service des autres.

Émue par son histoire, Vu Phuong Thanh lui a déclaré : « Vous êtes la preuve vivante que rien n’est impossible. »

Au nom du groupe Tan Hiep Phat, elle lui a remis un cadeau symbolique afin de l’encourager à poursuivre ses actions solidaires et à diffuser des valeurs positives au sein de la société.

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Vu Phuong Thanh, ambassadrice de la marque Number 1, remet à Nay Djruêng le trophée symbolique et un cadeau du programme « Nối trọn yêu thương ». (Photo : THP)

Recevant cette distinction, Djruêng a rappelé la devise qui guide sa vie :

« I can do it, you can do it and we can do it – Je peux le faire, vous pouvez le faire et nous pouvons le faire ensemble. »

Au cœur du rythme effréné de la vie moderne, ce jeune homme de l’ethnie Jrai poursuit inlassablement son œuvre de solidarité. Son succès ne se mesure pas en gains financiers, mais en opportunités offertes et en destins transformés.

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