Ouvrir de nouvelles perspectives pour le marché des produits dérivés sur matières premières

Le 28 septembre, le ministre de l’Industrie et du Commerce a signé la décision n° 2433/QĐ-BCT approuvant le projet « Développement du marché des produits dérivés sur matières premières au Vietnam pour la période 2026-2030, avec une vision à l’horizon 2045 ».

Photo d'illustration : NDEL.
Photo d'illustration : NDEL.

Cette décision constitue une étape visant à concrétiser les orientations de développement du marché et à créer les bases nécessaires à la poursuite de l’élaboration du cadre juridique, notamment du projet de loi sur les transactions de produits dérivés sur matières premières actuellement en préparation et appelé à être soumis à l’examen de l’Assemblée nationale.

Le marché des produits dérivés sur matières premières se trouve à un tournant important, alors que le Vietnam œuvre simultanément à parachever son cadre juridique et à développer une infrastructure de marché moderne, transparente et connectée à l’international.

L’approbation par le ministère de l’Industrie et du Commerce du projet de développement du marché des produits dérivés sur matières premières pour la période 2026-2030, avec une vision à l’horizon 2045, devrait permettre d’élargir l’accès aux instruments de couverture contre le risque de prix et d’aider les entreprises à mieux anticiper les fluctuations de plus en plus imprévisibles des marchés de matières premières.

Dans les faits, l’économie vietnamienne est largement ouverte sur l’extérieur, tandis que de nombreux produits stratégiques, notamment les produits agricoles, l’énergie et les métaux, sont régulièrement affectés par les fluctuations des cours internationaux. Lorsqu’ils sont utilisés à bon escient, les produits dérivés peuvent permettre aux entreprises et aux producteurs de mieux se prémunir contre les risques de prix, plutôt que de subir entièrement les fluctuations du marché.

Le ministère de l’Industrie et du Commerce considère également comme nécessaire l’élaboration d’une loi sur les transactions de produits dérivés sur matières premières afin de combler les lacunes du cadre juridique actuel.

Pour assurer un développement substantiel du marché, la priorité consiste d’abord à parachever le cadre institutionnel. Le projet de loi sur les transactions de produits dérivés sur matières premières est élaboré dans l’objectif d’harmoniser les règles relatives aux produits, aux acteurs du marché, aux modalités de transaction, aux infrastructures de marché, à la compensation et au règlement, à la gestion des risques ainsi qu’aux activités comportant des éléments étrangers.

L’objectif est de mettre en place un marché transparent et sûr, tout en limitant les chevauchements avec les législations relatives aux valeurs mobilières, aux activités bancaires, aux changes et à d’autres secteurs spécialisés. Parallèlement au cadre juridique, les infrastructures de marché doivent également faire l’objet d’investissements coordonnés, depuis les systèmes de négociation et de compensation jusqu’aux mécanismes d’appel de marge, à la gestion des actifs garantis, ainsi qu’aux entrepôts, aux certificats d’entrepôt et à la connexion des données.

Ces éléments sont déterminants pour assurer l’interconnexion entre le marché des produits dérivés et celui des matières premières physiques, et ainsi améliorer l’efficacité de la formation et de la référence des prix.

Une étape préparatoire notable a été franchie le 3 septembre 2026, lorsque le ministère de l’Industrie et du Commerce a publié la circulaire n° 47/2026/TT-BCT fixant les dispositions relatives aux dossiers de création d’une bourse de marchandises, aux obligations de déclaration et à la connexion des données.

Auparavant, le gouvernement avait publié le décret n° 302/2026/NĐ-CP détaillant les activités d’achat et de vente de marchandises par l’intermédiaire des bourses de marchandises.

Parallèlement au parachèvement du cadre juridique, le projet prévoit d’élargir les catégories d’acteurs et de produits participant au marché, de renforcer les compétences professionnelles et la gestion des risques, de réduire les coûts de transaction et d’accroître progressivement les possibilités de connexion avec les marchés internationaux.

Ces questions préoccupent également la communauté des entreprises. Selon la Confédération vietnamienne du commerce et de l’industrie (VCCI), les coûts liés aux appels de marge et à la comptabilité, l’accès au marché ainsi que l’interconnexion avec les institutions financières existantes figurent encore parmi les obstacles à lever.

L’approbation du projet ne se limite donc pas à ouvrir un nouveau canal de négociation de matières premières. Plus important encore, elle constitue une étape visant à créer les fondations nécessaires pour que le marché des produits dérivés devienne une composante à part entière de l’économie réelle, en aidant les entreprises à mieux gérer les risques de prix, à renforcer leur compétitivité et à permettre progressivement aux produits vietnamiens de s’intégrer davantage aux chaînes d’approvisionnement et aux marchés internationaux.

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