La rivière Nhue s'étend sur 76 km, dont 61,5 km traversent 19 communes et quartiers de la capitale vietnamienne Hanoï, le reste se situant dans la province de Ninh Binh.
Elle prend sa source à l'écluse de Lien Mac, dans le quartier de Dong Ngac, et quitte le territoire de Hanoï au niveau de la commune de Ung Hoa.
Elle assure à la fois l'approvisionnement en eau pour l'agriculture et le drainage des eaux de la zone urbaine.
Il y a une trentaine ou une quarantaine d'années, les deux rives étaient encore peu urbanisées.
Seuls quelques ensembles résidentiels destinés aux agents des administrations y étaient construits, tandis que le reste de l'espace était largement couvert de végétation.
En saison des pluies, l'eau, chargée d'alluvions, était trouble ; en saison sèche, elle redevenait claire, riche en poissons et en crevettes, faisant vivre de nombreuses familles de pêcheurs.
Avec l'urbanisation, les espaces verts ont progressivement cédé la place aux habitations.
Le long de la rue Thanh Binh, dans le quartier de Ha Dong, les maisons se sont multipliées jusqu'à empiéter sur le couloir de protection de la rivière.
De nombreux tronçons sont aujourd'hui envasés, le lit s'est rétréci, accentuant les difficultés d'évacuation des eaux et la pollution.
Plusieurs sections de la rivière traversant les quartiers de Dong Ngac, Thuy Phuong, Xuan Phuong, Trung Van et Ha Dong sont fortement polluées : l'eau y est trouble, les déchets et les jacinthes d'eau recouvrent la surface.
Les berges sont envahies par les herbes sauvages et de nombreux secteurs sont envasés ou occupés illégalement, réduisant encore le débit du cours d'eau.
Face à cette pollution persistante, à l'envasement du lit de la ri vière et à la dégradation des infrastructures riveraines, le Conseil populaire de Hanoï a approuvé le principe d'investissement d'un vaste projet de réhabilitation de la rivière Nhue.
Le projet, dont le coût est estimé à 75.000 milliards de dôngs, couvrira l'ensemble du cours de la rivière, de l'écluse de Lien Mac jusqu'à la limite administrative de Hanoï.
Il concernera 19 communes et quartiers : Thuong Cat, Dong Ngac, Phu Dien, Xuan Phuong, Tu Liem, Tay Mo, Dai Mo, Ha Dong, Kien Hung, Dai Thanh, Binh Minh, Ngoc Hoi, Tam Hung, Thuong Tin, Thuong Phuc, Dan Hoa, Phuong Duc, Chuyen My et Ung Hoa.
Le long de la rivière, dans le quartier de Xuan Phuong, de nombreux bâtiments et habitations sont délabrés et présentent un aspect négligé.
À plusieurs endroits, le lit de la rivière est également empiété. La qualité de l'eau s'est fortement dégradée, affectant le paysage et l'environnement.
Selon les statistiques de la municipalité de Hanoï, le bassin versant de la rivière Nhue compte environ 2 521 sources de rejets, provenant d'entreprises, de zones industrielles, d'établissements médicaux et de villages de métiers.
D'importants volumes d'eaux usées domestiques et industrielles, insuffisamment traitées avant leur rejet dans la rivière, exercent une pression considérable sur la qualité de l'eau.
À de nombreux endroits, les eaux usées provenant des zones résidentielles, des ateliers et des usines sont directement déversées dans la rivière par des conduites installées sur les berges.
Depuis plus de dix ans, la rivière retrouve rarement sa couleur brun rouge caractéristique des eaux riches en alluvions ; elle affiche désormais une teinte bleu-noir.
Les poissons et les crevettes ont pratiquement disparu, tout comme les villages de pêcheurs qui vivaient autrefois sur ses rives.
Le tronçon traversant la commune de Dai Thanh est marqué par de nombreux dépôts d'ordures le long des berges et par des infrastructures dégradées.
Un pont ferroviaire métallique permet le passage des trains vers les provinces du Nord, tandis que la voie réservée aux deux-roues, large d'à peine 1,5 mètre, est régulièrement saturée aux heures de pointe.
Le terrain situé à l'entrée du pont My Hung, dans la commune de Dai Thanh, est affecté par des glissements et des affaissements de terrain.
Selon la proposition actuelle, le groupe Geleximco serait chargé de la réalisation du projet, comprenant la construction et la réhabilitation des ouvrages essentiels du système de digues, le dragage du lit de la rivière ainsi que les travaux de dépollution. Le chantier devrait être mené entre 2026 et 2029.
De nombreux habitants cultivent des légumes sur les terrains situés le long des berges, mais n'osent pas utiliser l'eau de la rivière pour l'irrigation en raison de la pollution et des mauvaises odeurs.
Chaque jour, Nguyen Nhu Hy, habitant de la commune de Thuong Phuc, pompe de l'eau provenant d'un puits, la laisse décanter pendant une journée avant d'arroser son champ de périlla. « Les berges sont laissées à l'abandon et envahies par les herbes.
Chaque année, je dois les débroussailler trois à quatre fois pour pouvoir cultiver des légumes », explique-t-il.
Un ancien ouvrage hydraulique situé le long de la rivière, dans la commune de Dan Hoa, est inutilisé depuis longtemps.
Le plan d'eau intérieur est entièrement encerclé par les déchets.
Un déversoir évacue directement les eaux provenant des exploitations agricoles de la commune de Thuong Phuc vers la rivière.
Le faible débit et la stagnation des eaux favorisent la pollution, au point que les poissons et les crevettes y survivent difficilement.
On y trouve principalement des poissons nettoyeurs d'aquarium, tandis que les autres espèces proviennent, pour la plupart, d'étangs d'élevage. Photo prise à la station de pompage de Hoa Binh, dans la commune de Ngoc Hoi.
À proximité de la pagode Duong Hien, dans la commune de Thuong Tin, à l'endroit où la rivière To Lich se jette dans la rivière Nhue, les déchets s'accumulent en grande quantité et dégagent une forte odeur nauséabonde.
Près de dix kilomètres plus loin, les déchets et les jacinthes d'eau recouvrent près de la moitié de la surface de la rivière sur le tronçon traversant la commune de Chuyen My.