Protection des ours : Thai Nguyen met fin à plus de 20 ans de détention en captivité avec le sauvetage d’Ocean

Après plus de 20 ans de mobilisation en faveur du transfert des ours détenus en captivité, la province de Thai Nguyen, au Nord du Vietnam, a ramené à zéro le nombre d’ours encore détenus sur son territoire grâce au sauvetage d’Ocean, son dernier ours noir d’Asie captif.

Protection des ours : Thai Nguyen met fin à plus de 20 ans de détention en captivité avec le sauvetage d’Ocean

Elle devient ainsi la 23e localité du Vietnam à mettre fin à la détention d’ours en captivité.

Âgé de plus de 20 ans et pesant environ 170 kg, Ocean se trouvait dans le quartier de Tich Luong, province de Thai Nguyen. Il a été secouru le 15 juin 2026 par les gardes forestiers de Thai Nguyen en coordination avec l’Organisation Animals Asia.

Cette opération a permis à la province de mettre fin à une démarche entamée en 2004, lorsqu’elle comptait encore 70 ours détenus en captivité. Selon Nguyen Thi Loan, représentante du Poste de gardes forestiers n°17 relevant de la Direction provinciale des gardes forestiers de Thai Nguyen, les 70 ours ont tous été transférés volontairement, sans qu’aucun dispositif particulier ne soit exigé.

Le cas d’Ocean était particulièrement difficile.

La famille qui le détenait depuis 2004 s’était fortement attachée à lui et le considérait comme un membre de la famille. Elle avait investi dans une cage métallique solide, entretenait régulièrement son enclos et veillait attentivement à son alimentation et à ses soins. Dans ces conditions, une simple sensibilisation aux dispositions légales ne suffisait pas à convaincre les détenteurs de procéder au transfert.

Les gardes forestiers ont donc privilégié une approche de proximité, en recherchant patiemment des occasions de rencontrer la famille et d’échanger avec elle afin d’instaurer progressivement un climat de confiance.

Selon Nguyen Thi Loan, l’un des moments décisifs est intervenu lorsque les agents ont répondu aux principales inquiétudes des détenteurs concernant le sort de l’ours après son transfert. Ils leur ont expliqué qu’Ocean bénéficierait d’une prise en charge attentive, de davantage de liberté et de conditions lui permettant de vivre avec d’autres ours.

Cette expérience a également montré que, si la sensibilisation exige du temps et de la persévérance, le transfert doit au contraire être réalisé rapidement une fois que le détenteur a donné son accord. Immédiatement après l’accord de la famille, les autorités forestières ont accéléré la préparation du dossier, examiné les dispositions réglementaires en vigueur, rendu compte aux autorités compétentes et coordonné les opérations avec l’organisation chargée du sauvetage.

Le transfert du 15 juin présentait des difficultés particulières en raison des fortes chaleurs et de l’âge avancé d’Ocean. Les opérations d’anesthésie, d’examen médical, de transport et de prise en charge ont donc été préparées avec soin. Les conditions de transport et de refroidissement ont notamment été étudiées afin de limiter au maximum les risques pour la santé de l’animal.

À partir de cette expérience, Nguyen Thi Loan a identifié trois étapes essentielles : obtenir l’accord du détenteur, accélérer l’accomplissement des formalités par les autorités compétentes, puis assurer un sauvetage sûr et professionnel avec l’appui des spécialistes. Elle recommande également d’utiliser davantage de photos et de vidéos montrant concrètement les conditions de sauvetage et de soins des ours afin d’aider les détenteurs encore réticents à changer leur perception.

Selon elle, cette démarche repose sur une coordination étroite entre les gardes forestiers, les autorités locales, les organisations de masse et les organismes de conservation. Chacun peut mettre à profit ses propres atouts : les gardes forestiers connaissent le terrain et les populations locales, les autorités et organisations locales peuvent contribuer au travail de sensibilisation auprès des familles, tandis que les organismes de conservation apportent leur expertise en matière de sauvetage, de soins et d’information.

Après plus de 20 ans de mobilisation, Thai Nguyen est ainsi passée de 70 ours détenus en captivité à zéro, par la voie du transfert volontaire. Cette expérience peut servir de référence pour les efforts visant à prendre en charge les ours encore détenus dans les foyers à travers le Vietnam, au nombre de 129 selon les données citées lors de l’atelier.

NDEL

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