Le transport aérien fait actuellement face à de nombreuses difficultés en raison de la hausse des prix du carburant, alors que celui-ci représente de 35 à 40 % des coûts totaux d’exploitation.
À l’approche des congés du 30 avril et du 1er mai et de la haute saison estivale, la volatilité persistante des prix du carburant pose la question d’un ajustement approprié des tarifs du transport de passagers et du fret, afin de maintenir les liaisons aériennes et de répondre aux besoins de déplacement de la population ainsi qu’aux activités commerciales, touristiques et extérieures du pays.
Selon le ministère de la Construction, les coûts d’exploitation de Vietnam Airlines ont augmenté de 50 à 60 %, ceux de Sun Phu Quoc Airways de 30 %, tandis que VietJet Air doit faire face à des surcoûts de 2.000 milliards de dongs par mois.
Outre la hausse des prix du carburant, le conflit au Moyen-Orient a entraîné la fermeture ou la restriction de plusieurs espaces aériens, notamment ceux de l’Iran, de l’Irak, du Koweït, du Qatar, des Émirats arabes unis et d’Israël, obligeant les compagnies à modifier leurs itinéraires. Ces détours allongent les temps de vol, augmentent la consommation de carburant, les coûts liés aux heures supplémentaires des équipages et à la maintenance, ce qui pèse davantage encore sur la rentabilité du secteur aérien.
Par ailleurs, les coûts indirects augmentent également, notamment les redevances de survol sur les itinéraires de substitution et les surprimes d’assurance aérienne, sous l’effet des perturbations de la chaîne d’approvisionnement énergétique.
La flambée des prix du carburant rend de nombreuses lignes moins rentables, voire déficitaires. Les compagnies aériennes vietnamiennes sont ainsi contraintes de revoir leurs opérations et de réaménager leurs programmes de vols à partir d’avril 2026 afin de réduire leur consommation de carburant et d’éviter les annulations de vols en cas de perturbation de l’approvisionnement.
L’Autorité de l’aviation civile du Vietnam (CAAV) a mené, le 20 mars, une enquête rapide auprès de près de 40 compagnies aériennes internationales et régionales. Les résultats montrent que plus de 60 % d’entre elles appliquent déjà, envisagent d’appliquer ou prévoient d’augmenter une surcharge carburant ou de relever leurs tarifs à partir de la mi-mars 2026.
À l’heure actuelle, les compagnies aériennes vietnamiennes élaborent également des plans de surcharge carburant sur les liaisons internationales, susceptibles d’entrer en vigueur dès le début du mois d’avril.
Le vice-ministre de la Construction, Nguyen Xuan Sang, a estimé que l'aviation subit le pire impact lié aux hydrocarbures. Le ministère de la Construction a demandé à la CAAV de réexaminer et d’évaluer les options d’ajustement des coûts des compagnies aériennes. L’objectif est d’adapter le cadre tarifaire à la situation actuelle, de manière flexible, tout en évitant toute pénurie susceptible de perturber les services de transport, conformément aux directives du Premier ministre.
De son côté, le directeur général de la CAAV, Uong Viet Dung, a insisté sur la nécessité de garantir une exploitation aérienne absolument sûre, sans rupture ni interruption de service, et d’éviter une hausse excessive des prix des billets par rapport au pouvoir d’achat de la population, en particulier à l’occasion des congés du 30 avril et du 1er mai et de la haute saison estivale 2026.
La CAAV a demandé aux compagnies aériennes d’adapter leurs plans d’exploitation afin de limiter les pertes, d’optimiser les coûts et de maintenir leur réseau de vols, tout en coopérant avec le secteur touristique pour développer des liaisons vers des marchés potentiels. Elles sont également appelées à collaborer avec les fournisseurs afin de garantir un approvisionnement en carburant adapté aux besoins réels…