Actuellement, dans de nombreuses localités, en particulier dans les établissements de santé de base, les systèmes de serveurs, les équipements terminaux et les connexions Internet ne sont ni complets ni suffisamment fiables pour assurer un fonctionnement optimal.
"Bien que l’infrastructure des technologies de l’information ait été investie en faveur des établissements de santé, il existe encore une disparité entre les établissements de différents niveaux, en particulier dans certaines postes de santé des régions rurales et éloignées", a souligné Le Van Cuong, directeur du Service de la santé de la province de Thanh Hoa.
Il a ajouté que la connexion Internet n’est pas stable et que les équipements informatiques ainsi que les serveurs restent limités, ce qui affecte la mise en place des dossiers médicaux électroniques et la connexion des données.
La transformation numérique du secteur de la santé nécessite des ressources considérables, mais de nombreux hôpitaux publics relevant des groupes 3 et 4, dont le modèle financier ne permet que de couvrir les dépenses courantes et non les investissements, doivent encore attendre un soutien des autorités compétentes.
Ces établissements doivent investir dans des équipements pour déployer les dossiers médicaux électroniques, mais se heurtent à des ressources disponibles limitées.
Une autre difficulté rencontrée par les hôpitaux publics est l’absence d’un cadre tarifaire pour les services de technologies de l’information.
Par conséquent, les assurances santé ne peuvent pas rembourser les services utilisant des logiciels, tels que le stockage d’images, la signature numérique ou le stockage des dossiers et des images.
Un autre blocage réside dans le choix et la mise en œuvre des logiciels. Le marché propose de nombreuses entreprises fournissant des solutions de dossiers médicaux électroniques, chacune avec des normes de données différentes, qui ne sont pas toujours adaptées à la réalité de chaque établissement.
Les hôpitaux doivent à la fois se renseigner, tester les logiciels et ajuster leurs processus internes. Or, n’importe quel logiciel ne peut répondre aux besoins.
"Le remplacement d’un logiciel dans un hôpital est très difficile car l’activité médicale est un processus continu qui ne peut être interrompu, surtout lorsqu’il s’agit de transférer les données de l’ancien vers le nouveau", a partagé le docteur Nguyen Ngoc Vinh, vice-directeur de l’hôpital de Ba Vi (Hanoï).
La mise en place de critères d’évaluation
D’autre part, si les logiciels représentent le matériel, les habitudes de travail ainsi que les compétences informatiques du personnel médical et des patients constituent le "logiciel vivant" qui détermine le succès ou l’échec de la transformation numérique.
De nombreux médecins et infirmiers ont travaillé pendant des décennies avec des carnets et des dossiers papier ; il leur faut aujourd’hui passer complètement à un environnement numérique.
Sans une direction ferme et une formation adéquate, cela représente un véritable défi.
De plus, les compétences informatiques du personnel médical ne sont pas uniformes, ce qui peut entraîner des erreurs de saisie lors des premières phases d’application.
De nombreux hôpitaux ne disposent que de quelques informaticiens chargés de l’ensemble du système, tandis que pour beaucoup de patients, les services numériques restent une nouveauté.
Pour surmonter ces obstacles, selon Nguyen Le Phuc, vice-directeur du Département des sciences et de la formation (ministère de la Santé), les autorités compétentes vont élaborer et ajuster les textes législatifs concernant l’application des technologies informatiques dans les soins médicaux, en mettant à jour les règlements de la Loi sur l’exploration et les soins médicaux de 2023.
Elles publieront également des directives détaillées sur les tarifs des services de soins, incluant à la fois les soins couverts par l’assurance santé et les services à la demande, en intégrant les coûts liés à l’application des technologies de l’information.
Par ailleurs, il est prévu une normalisation technique et qualitative des systèmes d’information, la définition de normes de connexion et d’interopérabilité des données entre logiciels, ainsi que des critères d’évaluation de la qualité des systèmes d’information hospitaliers, de sécurité, de confidentialité et de protection des données de santé personnelles.
Parallèlement, l’État allouera des ressources pour soutenir les hôpitaux en difficulté dans le déploiement des dossiers médicaux électroniques, et organisera des formations, séminaires et forums pour partager les expériences.