Selon le ministère des Finances, les recettes budgétaires de l’État au cours des huit premiers mois de 2026 sont estimées à 2.023,8 billions de dôngs, soit 80% des prévisions annuelles et une hausse de 16% sur un an. Les recettes intérieures ont atteint 1.752,9 billions de dôngs, représentant 86,6% du total et progressant de 16,6%.
Cette progression des recettes permet de financer les dépenses publiques tout en maintenant les mesures de soutien budgétaire. Au cours des huit premiers mois, les dépenses budgétaires sont estimées à 1.608,3 billions de dôngs, soit 50,9% des prévisions annuelles et une hausse de 13,3% sur un an. Le montant total des impôts, taxes et loyers fonciers exonérés, réduits ou dont le paiement a été reporté, est estimé à environ 209 billions de dôngs.
Selon Mac Quoc Anh, vice-président et secrétaire général de l’Association des petites et moyennes entreprises de Hanoï, les mesures d’exonération, de réduction et de report des impôts et taxes ont un impact notable sur les entreprises, confrontées simultanément à la hausse des coûts des intrants, aux contraintes de financement, aux difficultés du marché, à la concurrence et aux exigences liées au renouvellement de leur modèle de croissance.
Il estime que la politique budgétaire est passée d’un soutien ponctuel à un dispositif de plus grande ampleur, continu et relativement coordonné. La prolongation jusqu’à fin 2026 de la réduction de la TVA de 10% à 8% pour de nombreux groupes de biens et services constitue, selon lui, une mesure concrète bénéficiant à la fois aux entreprises et aux consommateurs.
La résolution 43/2026/QH16 prévoit en outre une réduction de 30% de l’impôt sur les sociétés dû au titre des années fiscales 2026 et 2027 pour les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 10 milliards de dôngs, ainsi qu’une réduction de 30% de l’impôt sur le revenu des personnes physiques pour les entrepreneurs individuels relevant du seuil de chiffre d’affaires correspondant.
Pour Mac Quoc Anh, l’efficacité de ces mesures ne se mesure pas seulement aux montants exonérés, réduits ou reportés, mais aussi à leur capacité à aider les entreprises à préserver l’emploi, à accroître leurs investissements, à encourager les petits entrepreneurs à créer une entreprise et à améliorer la productivité.
Nguyen Van Duoc, directeur général de la société Trong Tin, souligne pour sa part que l’approche actuelle est davantage ciblée que durant la période de Covid-19, avec des mesures destinées à la fois à répondre aux difficultés immédiates et à créer des marges de manœuvre pour investir, développer la production et renforcer la compétitivité.
Du point de vue des entreprises, Nguyen Van Dieu, directeur de la société par actions An Phat, estime que la tendance à la hausse des coûts des intrants, de la logistique et du financement depuis le début de l’année rend les mesures fiscales nécessaires pour renforcer leur capacité à faire face aux chocs économiques. Il souligne également que l’accélération des investissements publics stimule la demande globale et ouvre de nouvelles opportunités au secteur privé.
Toutefois, l’efficacité de ces politiques dépend également de leur transparence, de leur stabilité et de leur accessibilité. Les procédures complexes, les conditions strictes ou le manque d’information peuvent notamment empêcher certaines PME d’en bénéficier pleinement. La simplification des procédures, une meilleure diffusion de l’information et une mise en œuvre rapide sont donc nécessaires pour que les mesures de soutien bénéficient effectivement aux entreprises.