Automobile : le « Made in Vietnam » à l’épreuve de la concurrence mondiale

Longtemps tournée vers le marché intérieur, l’industrie automobile vietnamienne accélère désormais ses exportations, mettant à l’épreuve sa compétitivité, ses capacités technologiques et son intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

Des véhicules électriques VinFast rassemblés au port de Hai Phong avant leur embarquement pour l’exportation. Photo : VNA.
Des véhicules électriques VinFast rassemblés au port de Hai Phong avant leur embarquement pour l’exportation. Photo : VNA.

Longtemps tournés principalement vers la production et l’assemblage destinés au marché intérieur, plusieurs constructeurs automobiles vietnamiens accélèrent désormais leurs exportations, diversifient leurs débouchés et cherchent à renforcer leur position au sein des chaînes de valeur mondiales.

Un test pour l’industrie automobile vietnamienne

Ces dernières années, des groupes tels que THACO, Hyundai Thanh Cong, VinFast et KIM LONG MOTOR ont intensifié leurs exportations de véhicules complets et de composants. Cette évolution constitue un test exigeant pour leurs capacités technologiques, la qualité de leurs produits et leur aptitude à intégrer les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Le 14 août 2026, Hyundai Thanh Cong a exporté des véhicules Hyundai produits dans la province de Ninh Binh (Nord) vers le Mexique et l’Australie, marquant une étape importante après son entrée sur plusieurs marchés asiatiques. En 2026, l’entreprise prévoit d’exporter 15.280 unités, dont 10.160 véhicules complets et 5.120 ensembles de composants. Au cours des cinq prochaines années, Hyundai Thanh Cong entend se développer sur les marchés du Moyen-Orient, de l’Afrique, de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud, ainsi qu’en Russie, avec un volume total prévu de 187.000 unités.

Pour THACO, les exportations reposent sur son écosystème industriel de Chu Lai. Le groupe exporte des autobus, des camions et d’autres véhicules, ainsi que des composants et des pièces détachées.

Dans le secteur des véhicules électriques, VinFast a expédié en juillet son 38e lot, comprenant plus de 5.000 véhicules, vers l’Europe et d’autres marchés, moins de quatre ans après l’exportation de son premier lot de 999 véhicules.

KIM LONG MOTOR, de son côté, a exporté en mars 2026 ses dix premiers autobus diesel et électriques vers la Thaïlande, dans le cadre d’un contrat portant sur 300 véhicules. Certains modèles exportés affichent un taux de localisation supérieur à 80%.

L’exportation de véhicules complets n’est qu’un début

La progression des exportations marque un nouveau tournant pour l’industrie automobile vietnamienne. Toutefois, les marchés internationaux imposent des exigences élevées en matière de taux de localisation, de développement de l’industrie de soutien, de technologies, de ressources humaines et de normes techniques.

Exporter vers des marchés exigeants ne consiste donc pas seulement à accroître les volumes. Il s’agit également de démontrer la capacité des entreprises à maîtriser la qualité et leur chaîne d’approvisionnement, ainsi qu’à répondre à des normes environnementales et de sécurité strictes.

Selon les experts du secteur, l’industrie automobile vietnamienne passe progressivement d’une logique de « production destinée au marché intérieur » à une logique de « production destinée à la concurrence mondiale ». Les entreprises renforcent ainsi leurs investissements dans la recherche et développement (R&D), les technologies clés et les chaînes d’approvisionnement.

L’enjeu n’est désormais plus seulement de savoir si le Vietnam peut produire des automobiles, mais si les véhicules « Made in Vietnam » sont capables de rivaliser sur les marchés mondiaux et quelle part de la valeur ajoutée peut être conservée dans l’économie nationale. La réponse à ces questions déterminera la place du Vietnam sur la carte régionale et mondiale de la production et des exportations automobiles.

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