Le site patrimonial de Yen Tu entre dans sa plus belle saison. Au printemps, les pèlerins y affluent en nombre ; l’automne offre au contraire une atmosphère paisible qui invite à prolonger la visite. Sous un climat doux, chacun peut ralentir le pas, profiter de la limpidité des lieux et s’imprégner de la culture bouddhique Truc Lam.
Culminant à 1 068 mètres, le mont Yen Tu domine la chaîne en arc de Dong Trieu, à la frontière entre les provinces de Quang Ninh et de Bac Ninh, sur le territoire de l’ancienne province de Bac Giang. À sa beauté naturelle spectaculaire s’ajoute une profonde dimension spirituelle, façonnée par plusieurs siècles d’histoire. Temples, ermitages et stupas anciens disséminés sur ses versants composent un paysage sacré exceptionnel.
Dès le mois de septembre, Yen Tu se métamorphose. Dans l’air frais, les feuillages prennent progressivement des teintes jaunes et rouges éclatantes, tandis que des nappes de nuages blancs enveloppent les sommets d’une atmosphère silencieuse et contemplative.
La pureté de l’air et les sons discrets de la nature en font une destination idéale pour ceux qui recherchent la paix intérieure.
À la différence de la grande saison des pèlerinages, ouverte chaque année le dixième jour du premier mois lunaire, l’automne permet de parcourir les marches de pierre dans une ambiance simple et sereine. Selon la tradition, ces marches auraient été foulées par le roi-bouddha Tran Nhan Tong lors de son ascension vers la pagode Dong.
Le vénérable Thich Dao Hien, vice-président et secrétaire général de la section de Quang Ninh de l’Église bouddhique du Vietnam, rappelle que les Vietnamiens ont coutume de se rendre dans les pagodes au printemps et à l’automne. Ces deux saisons, marquées par l’harmonie du ciel et de la terre et par un climat agréable, favoriseraient l’apaisement du corps et de l’esprit.
Une lumière dorée effleure les toitures incurvées, caractéristiques de l’architecture bouddhique de la dynastie Tran. Grâce à son climat frais et à ses paysages changeant de jour en jour, l’automne sur la montagne sacrée constitue une période propice à la pratique spirituelle et à la contemplation.
Les visiteurs peuvent ainsi mieux saisir la philosophie du cu tran lac dao : vivre au cœur du monde ordinaire tout en conservant un esprit paisible, libre et détaché.
Dans l’enceinte de Hue Quang Kim Thap, cœur spirituel de Yen Tu, les anciens jardins de stupas se couvrent de mousse sous le soleil d’automne. Devant la pagode Hoa Yen, la rangée de platanes d’Orient âgés de plus de sept cents ans perd ses feuilles. Leurs branches dénudées attendent la douceur du printemps pour refleurir, image du dépassement des épreuves et de la sérénité recherchée dans le bouddhisme.
Le calme des forêts, la fraîcheur de l’air et le murmure de la nature continuent d’attirer les voyageurs en quête de tranquillité.
Venue de Hanoï, Nguyen Thu Duyen raconte avoir vécu une expérience remarquable lors d’un week-end à Yen Tu. Dans le silence de la montagne et des forêts sacrées, seul le son des cloches des pagodes venait rompre le calme, avec, dit-elle, un effet apaisant sur l’âme.
« Ce qui m’a le plus marquée, c’est le pèlerinage commencé avant l’aube : la traversée de forêts millénaires, les rochers couverts de mousse et le murmure des ruisseaux tout au long de l’ascension. Le plus beau moment a été de voir les premières lueurs du jour percer les nuages au sommet, près de la pagode Dong », confie-t-elle.
Selon les autorités de Quang Ninh, le programme « Couleurs automnales et méditation » doit se tenir de la mi-août à décembre sur le site historique de Yen Tu et dans plusieurs lieux touristiques du quartier du même nom. De nombreuses activités sont proposées quotidiennement à horaires fixes afin de faciliter les visites et les séjours.
À l’automne, Yen Tu offre une alliance harmonieuse entre splendeur naturelle et profondeur spirituelle. Des forêts baignées de lumière dorée aux espaces de méditation silencieux du sommet, chaque instant y procure un sentiment de paix difficile à décrire.
Découvrir la montagne sacrée en cette saison, c’est accomplir un pèlerinage parmi les feuillages d’or tout en cheminant vers la sérénité intérieure.