À 8h20, le 3 avril 1975, le drapeau révolutionnaire flottait sur le quartier général de l’administration fantoche provinciale.
La ville de Dà Lat et la province de Tuyên Duc étaient totalement libérées.
À cette date, les deux provinces du sud de Tây Nguyên (Hauts Plateaux du Centre du Vietnam) Tuyên Duc et Lâm Dông étaient entièrement libérées, marquant la fin triomphale de la campagne de Tây Nguyên, bien au-delà des prévisions initiales.
Le 3 avril 1975, à Khanh Hoa (au Centre), après la libération de la ville de Nha Trang, la division 10 et les forces armées locales ont progressé vers la zone militaire de Cam Ranh, une base navale stratégique ennemie.
À Dà Lat, après la libération de Duc Trong, nos forces ont poursuivi leur avancée pour s’emparer de cette ville, dernier bastion ennemi crucial de Tây Nguyên.
À 3h du matin, nos troupes ont atteint le carrefour Phi Nôm et se sont divisées en deux axes : le Bataillon 840 du Régiment 812 (région militaire 6) s’est avancé sur la Route 21 vers la ville de D’Ran, où l’ennemi en fuite abandonna la zone. L’unité prit rapidement le contrôle du district de Don Duong et y établit un comité militaire de gestion.
Parallèlement à cela, le Bataillon 186 progressait sur la Route 20 en direction de Dà Lat.
À 8h, le 3 avril 1975, il atteignit le carrefour de la station-service Kim Cuc, l’entrée de la ville, où il fut rejoint par des cadres révolutionnaires locaux.
Une section du bataillon, accompagnée des cadres de la résistance locale, prit alors le contrôle du siège de l’administration provinciale.
À 8h20, le drapeau révolutionnaire était hissé au cœur de l’administration fantoche.
Ainsi, le 3 avril 1975, les deux provinces méridionales des Hauts Plateaux étaient entièrement libérées et la campagne de Tây Nguyên s’achevait sur une victoire éclatante, dépassant toutes les attentes.
En seulement 30 jours d’offensive ininterrompue, nos forces avaient anéanti et dispersé le Corps d’armée 2 de l’armée de la République du Vietnam, une réserve stratégique de l’ennemi, ainsi que l’ensemble de ses forces dans les Hauts Plateaux du Centre et les provinces de Phu Yên et Khanh Hoa.
Le même jour, au poste de commandement à l’est du pont La Ngà, le comité militaire du 4e corps d’armée finalisait le plan d’attaque de Xuân Lôc, une position défensive majeure surnommée la “porte d’acier” de l’est de Saïgon.
Le plan de combat approuvé consistait à mobiliser une importante force d'infanterie, de blindés et d'artillerie pour attaquer directement le poste de commandement du district militaire et la Division 18, s'emparer rapidement de Xuân Lôc, créant ainsi une position et une dynamique favorables à l'avancée des forces de libération vers Biên Hoa et Bà Ria-Vung Tàu (au Sud du Vietnam).
Du 1er au 3 avril 1975, en coordination avec d'autres forces, les unités de la marine ont successivement participé à la prise des bases de Quy Nhon, Nha Trang et Cam Ranh.
L'Offensive maritime comprenait trois navires lance-missiles du Bataillon 173 (Régiment 172), quatre patrouilleurs de combat du Régiment 171 et des navires de transport militaire de la Brigade 125, exerçant une pression qui a semé le trouble parmi l'ennemi, réduisant ainsi ses opérations de soutien et de ravitaillement sur le front maritime.
Sur la ligne de soutien stratégique de la piste Hô Chi Minh, le 3 avril 1975, le deuxième convoi, composé de 395 véhicules du régiment automobile 515 et d’une unité du régiment automobile 13 du Commandement de Truong Son, a assuré le déplacement de la Division 312 et du quartier général du Corps d’armée 1 par l’itinéraire oriental de Truong Son en direction du Sud du Vietnam.
Ce même jour, l’avant-garde marcha vers la position du quartier général de la région et du Comité central du sud à la base de Lôc Ninh.
À l’arrière, au nord, durant les deux premiers mois de 1975, un total de 57 000 soldats furent mobilisés (sur un objectif de 108 000 pour l’année), formés en urgence et envoyés au front.
De nombreux cadres du Parti communiste du Vietnam et du ministère vietnamien de la Défense, issus des états-majors des différentes branches militaires, furent déployés sur le terrain pour superviser les préparatifs de l’offensive finale.