Chaque année, elles absorbent environ 7,6 milliards de tonnes de CO₂ (près de 20 % des émissions mondiales), mais les investissements dans leur protection et leur restauration restent largement insuffisants. Les besoins devraient atteindre 300 à 500 milliards de dollars américains par an d’ici 2030-2050.
Les crédits carbone forestiers constituent progressivement un nouveau marché, contribuant à compenser les émissions tout en créant de la valeur économique grâce aux services écosystémiques. Le Vietnam, dont le territoire est couvert de forêts à plus de 42 %, présente un potentiel important pour participer à ce marché. Le cadre juridique initial a été mis en place (décret 06/2022), avec une phase pilote prévue de 2025 à 2027 et un lancement officiel en 2028. L’accord portant sur la vente de 10,3 millions de tonnes de CO₂ à la Banque mondiale en 2023 représente un test important.
Cependant, le marché est encore en phase de développement et se heurte à de nombreuses exigences strictes en matière de transparence, de vérification et de qualité du crédit. Le Vietnam doit également relever des défis tels que les risques naturels, une gouvernance complexe, les questions relatives aux droits fonciers et la répartition des bénéfices entre les parties prenantes.
Pour attirer les investissements, il est nécessaire d'améliorer les institutions, de mettre en place un système de mesure normalisé à l'échelle internationale, de garantir la transparence des données et de réduire la bureaucratie. Parallèlement, il est indispensable de diversifier les sources de capitaux (investissements privés, fonds climatiques, obligations vertes, PPP) et de renforcer le rôle des institutions financières dans l'apport de capitaux et la gestion des risques.
À terme, la coopération internationale permettra au Vietnam d'accéder à des technologies et des normes de pointe, améliorant ainsi la qualité de ses crédits carbone. Le principal défi n'est pas seulement d'exploiter le potentiel de ses forêts, mais de construire un marché du carbone transparent et fiable afin de transformer ce potentiel en flux de capitaux effectifs.