Marché du carbone forestier : un nouveau levier de financement pour la filière sylvicole

Le développement du marché du carbone forestier ouvre de nouvelles perspectives de financement pour la filière sylvicole vietnamienne, contribuant à la protection des forêts, à l’amélioration des moyens de subsistance des populations locales et à la réalisation de l’objectif de neutralité carbone du pays.

La télédétection au service du suivi et de la vérification des crédits carbone forestiers au Vietnam. Photo : Département de la télédétection nationale.
La télédétection au service du suivi et de la vérification des crédits carbone forestiers au Vietnam. Photo : Département de la télédétection nationale.

La mise en place et le développement du marché du carbone forestier ouvrent à la filière sylvicole vietnamienne de nouvelles perspectives de mobilisation de ressources financières en faveur de la protection et du développement des forêts, tout en contribuant à des moyens de subsistance durables, notamment dans les zones peuplées de minorités ethniques.

Les premiers résultats du mécanisme de paiement pour les crédits carbone forestiers confirment le fort potentiel de cet instrument pour articuler préservation des ressources naturelles et développement socio-économique.

Selon Pham Hong Luong, vice-directeur du Département de la foresterie et de la protection forestière (VNFOREST), relevant du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, la mise en œuvre du mécanisme de paiement au titre de l'Accord de paiement des réductions d'émissions (ERPA) pour la région du centre-nord, a produit des effets tangibles sur les plans économique, social et environnemental. Le programme a permis au Vietnam de mobiliser 56,5 millions de dollars, bénéficiant directement à plus de 77 700 ménages et près de 2 000 communautés engagées dans la protection des forêts, dont plus de 40 000 personnes issues de minorités ethniques.

Ces ressources financières ont contribué à améliorer les revenus des populations, à développer les infrastructures rurales et à renforcer le rôle des communautés locales dans la gestion et la protection forestières. En associant bénéfices économiques concrets et préservation des forêts, le mécanisme favorise une responsabilisation accrue des habitants et une nette réduction des infractions forestières.

Le programme a également permis de préserver plus de 2,15 millions d’hectares de forêts naturelles dans le Centre-Nord, maintenant un taux de couverture forestière d’environ 57 % – un résultat significatif dans le contexte du changement climatique et de la conservation de la biodiversité. Face à ce potentiel, la filière sylvicole s’emploie à consolider le cadre juridique et technique. Les priorités portent sur l’élaboration d’un décret relatif aux services d’absorption et de stockage du carbone forestier, ainsi que sur la définition de normes nationales pour les crédits carbone, a indiqué Pham Hong Luong.

Parallèlement, un système national de mesure, de rapport et de vérification (MRV) est en cours de finalisation, de même qu’un registre de gestion des crédits carbone. L’usage des systèmes d’information géographique, de l’imagerie satellitaire et de plateformes de suivi renforce la transparence et la fiabilité des données. Le secteur prépare également la cession de 4,91 millions de tonnes de CO₂ excédentaires issues de la période 2018-2019 sur le marché volontaire. Les recettes générées seront réinvesties dans la protection et le développement des forêts, créant un cycle financier durable.

Selon Pham Hong Luong, la participation au marché du carbone ne se limite pas à générer de nouvelles recettes pour la filière sylvicole : elle renforce surtout le lien étroit entre protection des forêts, développement économique et amélioration des conditions de vie des populations. En valorisant les forêts à travers leur capacité d’absorption et de stockage du carbone, leur valeur écologique est pleinement reconnue, créant un puissant levier en faveur d’une gestion et d’un développement forestiers durables.

Dans la perspective de l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050, le marché du carbone forestier s’affirme progressivement comme un instrument stratégique pour mobiliser des financements nationaux et internationaux, valoriser pleinement le rôle écologique des forêts et soutenir un développement sylvicole moderne et durable.

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