Après près de deux heures de route, le bus transportant une trentaine d'étudiants de l'Université de Dong Thap s'arrête à Thuong Lac, une commune frontalière située à environ 70 kilomètres de leur campus.
À peine arrivés, les jeunes volontaires déposent leurs sacs avant de se mettre immédiatement au travail.
Leur mission ne consiste pas seulement à repeindre une école ou à distribuer quelques cadeaux. Pendant plusieurs semaines, ils participeront à la rénovation des sanitaires de l'école primaire et du collège, animeront des activités éducatives pour les enfants, accorderont des bourses scolaires à des élèves défavorisés, nettoieront des dépôts sauvages d'ordures et créeront une pépinière destinée au reboisement de la commune.
« Nous voulons rendre ces lieux plus accueillants pour les enfants, mais aussi leur transmettre de bonnes habitudes d'hygiène », explique Nguyen Thao Nhi, responsable des étudiants et secrétaire de l'Union de la jeunesse de la Faculté des sciences naturelles.
Les anciens murs gris des sanitaires se couvrent progressivement de fresques colorées réalisées par les étudiants eux-mêmes.
Une rencontre entre deux mondes
Située le long de la frontière terrestre entre le Vietnam et le Cambodge, Thuong Lac reste confrontée à de nombreuses difficultés.
Les infrastructures demeurent incomplètes et les habitations sont dispersées sur un vaste territoire. Certaines familles parcourent dix à quinze kilomètres à moto pour permettre à leurs enfants de participer aux activités estivales organisées par les étudiants.
Pour Nguyen Trong Phuc, étudiant en pédagogie technologique, cette première mission de volontariat marque profondément son parcours.
Avec ses camarades, il organise des jeux éducatifs, des ateliers de langues étrangères et diverses activités destinées aux plus jeunes.
« Je garderai longtemps le souvenir de cette région frontalière. Nous n'apportons qu'une petite contribution, mais si elle peut aider les enfants à croire davantage en leur avenir, alors notre engagement aura eu un sens », confie-t-il.
Selon le directeur de l'école de Thuong Lac, la présence des étudiants constitue une expérience nouvelle pour les élèves.
« Ils deviennent des modèles auxquels les enfants peuvent s'identifier. Ils leur montrent que les études permettent d'ouvrir d'autres horizons. »
Des projets conçus selon les besoins locaux
Loin des opérations symboliques, la campagne estivale repose sur un principe simple : répondre aux attentes exprimées par les collectivités locales.
Des lampadaires solaires sont installés dans certains secteurs isolés. Des terrains de jeux sont aménagés. Des jardins d'arbres sont créés. Des cours de natation, de musique, de dessin ou de langues étrangères sont proposés aux enfants.
L'université mobilise cette année près de 600 étudiants, dont une grande partie intervient dans les communes frontalières.
Une nouveauté marque également cette édition : un projet baptisé « Les chansons de la frontière ».
Des équipes artistiques composées d'étudiants organisent des spectacles dans les villages et vendent leurs peintures afin de collecter des fonds destinés aux actions sociales menées par les autorités locales.
Parallèlement, un programme d'orientation professionnelle accompagne les adolescents qui quittent le système scolaire après le collège afin de les aider à trouver une formation ou un métier.
Construire un développement durable
Pour les responsables provinciaux, l'objectif dépasse largement la seule période estivale.
Les projets sont sélectionnés après consultation des communes afin qu'ils continuent de produire des effets une fois les étudiants repartis.
La campagne de volontariat de l'été 2026 mobilise entre 2 000 et 3 000 étudiants, répartis dans une cinquantaine d'équipes, avec un budget proche de 10 milliards de dôngs (environ 330 000 euros), financé par les autorités provinciales, les universités et des entreprises partenaires.
Les autorités souhaitent désormais faire des zones frontalières une priorité en matière de développement social, d'innovation et de transition numérique.
« Nous voulons laisser derrière nous des réalisations utiles et durables, qui permettront aux communes frontalières de poursuivre leur développement bien après la fin de la campagne », résume Le Hoang Quyet, secrétaire de l'Union provinciale de la jeunesse.
À Dong Thap, l'été ne se résume donc pas à une parenthèse universitaire. Pour plusieurs milliers d'étudiants, il devient une manière concrète de mettre leurs compétences au service des communautés les plus éloignées, là où quelques semaines d'engagement peuvent parfois laisser une empreinte durable.