À première vue, ce sont les teintes rouge profond de la terre, et brun doré des bols exposés au soleil, qui captent le regard. Loin du raffinement de la céramique artistique, la fabrication de ces bols destinés à recueillir le latex révèle une beauté simple et authentique.
Les artisans se considèrent comme des « artistes pieds nus ». Pas de plans élaborés, seulement des mains rugueuses, un tour ancien et une terre minutieusement sélectionnée.
Au tour, la concentration des artisans est totale. Terre, eau et force humaine se mêlent pour donner naissance à chaque forme.
Des milliers de bols reposent, immobiles, attendant l’épreuve finale du feu pour devenir robustes et durables.
Vue d’en haut, la cour de séchage se transforme en une installation artistique, où les couleurs contrastées créent un tableau vivant.
Le soleil, « feu céleste », sèche les bols, mais met aussi à l’épreuve la résistance des travailleurs.
Le chapeau conique, simple et humble, protège du soleil tout en incarnant la culture des populations agricoles locales.
Le métier de céramiste repose sur une observation attentive du ciel : l’artisan doit suivre avec précision le séchage des bols sous le soleil ardent.
Le feu du four de Thanh Tan brûle toujours, et les bols modestes poursuivent leur route vers les plantations d’hévéas. Entre soleil et vent des confins, la fabrication de ces bols persiste avec patience et constance, recueillant silencieusement le « trésor blanc » qui enrichit la terre natale.