Le Musée de Hanoï inaugure un espace d’installation artistique à partir d’épaves d’avions et de carcasses de bombes

Des fragments d’avions et des carcasses de bombes, autrefois conservés comme objets de collection au Musée de Hanoï, se transforment aujourd’hui en un espace artistique. Il s’agit d’une nouvelle approche visant à valoriser le patrimoine et les objets historiques à travers le langage de l’art.

Des débris d’avion et des carcasses de bombes sont mis en scène dans un espace artistique. Photo: nhandan.vn
Des débris d’avion et des carcasses de bombes sont mis en scène dans un espace artistique. Photo: nhandan.vn

Des pièces d’avions et des reliquats de bombes sont mis en scène dans un espace artistique.

Dans l’après-midi du 2 mars, au Musée de Hanoï ; quartier de Tu Liem, Hanoï, le Service de la culture et des sports de Hanoï, en collaboration avec le Musée de Hanoï, a organisé la cérémonie d’ouverture de deux espaces d’installations d’art contemporain intitulés « Guerre et Paix » et « Danse du Printemps ».

Parmi eux, l’installation « Guerre et Paix », réalisée par les artistes Thu Tran et Tay Phong, impressionne particulièrement par son impact visuel. L’œuvre est constituée de fragments d’avions et de morceaux de bombes collectés et conservés par le Musée de Hanoï.

Au lieu de présenter ces objets comme de simples vestiges historiques, les artistes les ont intégrés dans une nouvelle structure esthétique, créant ainsi un dialogue entre passé et présent, entre la mémoire de la guerre et l’aspiration à la paix.

L’œuvre repose sur deux structures principales en acier reliées par un passage évoquant les divisions engendrées par la guerre. Au terme de ce chemin apparaissent des images de treillages fleuris, de lotus et de rubans multicolores, symboles de paix et de renaissance. Suspendus à une hauteur intermédiaire, les fragments d’avions invitent à un changement de regard sur les objets, passant d’une lecture strictement historique à une expérience de réflexion et de contemplation.

Aux matériaux métalliques froids s’ajoutent des sphères, des formes géométriques ainsi que des bandes de soie réalisées en papier dó et en papier d’ananas recouverts de laque, créant de forts contrastes visuels. L’installation entre également en résonance avec le bas-relief du peintre Nguyen Hai consacré à l’événement de la capture du pilote John McCain par l’armée et la population vietnamiennes au lac Truc Bach le 26 octobre 1967.

Selon l’artiste Thu Tran, la plus grande difficulté du processus de création résidait dans la manière d’aborder des reliques chargées d’histoire, afin de respecter leur authenticité tout en construisant une esthétique suffisamment subtile pour instaurer un dialogue avec le public. De son côté, l’artiste Tay Phong a mis l’accent sur la structuration de l’espace et le rythme visuel, orientés vers une expérience ouverte permettant au public d’engager sa propre réflexion face à l’histoire.

Le même jour, le Musée de Hanoï a également inauguré l’espace d’installation « Danse du Printemps » de l’artiste Nguyen Duc Phuong.

Cet espace associe le bambou à des bandes de couleurs vives, produisant un effet visuel dynamique évoquant le rythme du printemps et l’esprit de renouveau. L’image du fouet dans l’art du tuong (théâtre classique vietnamien) est exploitée et mise en scène dans un mouvement ascendant suspendu dans l’air, rappelant la figure de génie Giong, symbole de la volonté indomptable et de la force nationale.

À partir de cette image symbolique du fouet issue de l’art traditionnel, l’artiste développe une installation visuelle contemporaine portant un message d’énergie nouvelle et de confiance en l’avenir.

Le Musée de Hanoï a officiellement mis en service ses espaces d’exposition permanente il y a un mois et a déjà attiré un grand nombre de visiteurs durant les récentes festivités du Têt de l’année du cheval.

Grâce à la richesse de ses collections couvrant de nombreux thèmes, de la nature à l’histoire et à la culture de la capitale, le Musée de Hanoï constitue l’un des principaux lieux de visite, d’apprentissage et de recherche de la ville.

L’organisation simultanée de ces deux installations aux expressions distinctes crée un ensemble harmonieux : d’un côté, un espace propice à la méditation sur le passé ; de l’autre, une vision lumineuse tournée vers l’avenir.

À travers cette initiative, le Musée de Hanoï affirme son rôle d’institution culturelle créative, où le patrimoine n’est pas seulement conservé, mais également « réveillé » par de nouveaux langages artistiques, diffusant des messages de paix, de créativité et de développement durable.

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