Durant la guerre de résistance contre les forces américaines, Duc Lap et Dak Sak occupaient une position stratégique de tout premier plan.
Les ennemies y avaient édifié un véritable verrou défensif destiné à contrôler le sud des Hauts Plateaux du Centre, à surveiller l'axe logistique stratégique de Truong Son ainsi qu'à protéger le corridor frontalier avec le Cambodge.
La colline 722 est ainsi devenue l'un des principaux champs de bataille de la campagne de Duc Lap, à l'automne 1968, où de nombreux cadres et soldats se sont battus jusqu'à leur dernier souffle pour l'indépendance et la réunification du pays.
Afin d'honorer le sacrifice des martyrs, un mémorial leur a été érigé sur la colline 722 après la réunification du Vietnam.
En 2012, le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme a classé la colline 722 de Dak Sak parmi les sites historiques nationaux, reconnaissant ainsi la valeur exceptionnelle de cette terre marquée par les exploits militaires et le sacrifice héroïque de plusieurs générations de combattants.
Selon Y Thoa, vice-président du Comité populaire de la commune de Dak Sak, plus d'un demi-siècle après les violents combats qui s'y sont déroulés, la recherche, le regroupement et l'identification des dépouilles des martyrs ne se sont jamais interrompus.
Menées avec persévérance par les forces armées, les autorités et les habitants, ces opérations font aujourd'hui de la colline 722 un haut lieu de mémoire révolutionnaire d'une importance particulière pour la localité.
Les autorités communales considèrent la coordination des opérations de recherche et de regroupement des dépouilles des martyrs comme une mission politique essentielle, mais aussi comme un devoir de reconnaissance envers les générations de combattants tombés pour l'indépendance nationale.
Leur souhait est de permettre à ces héros de retrouver enfin leur famille et leur terre natale.
S'inscrivant dans la campagne nationale « 500 jours et nuits pour intensifier la recherche, le regroupement et l'identification des dépouilles des martyrs », lancée par le gouvernement en vue du 80 ᵉ anniversaire de la Journée des Invalides de guerre et des Martyrs (27 juillet 1947 – 27 juillet 2027), les autorités du Parti et de la commune de Dak Sak ont fait de cette mission une priorité politique majeure. Elles mobilisent l'ensemble du système politique ainsi que la population locale autour d'un ensemble de mesures coordonnées.
Le Commandement militaire de la commune a pris l'initiative de conseiller les autorités locales afin d'intensifier les actions de sensibilisation et d'encourager les habitants, les anciens combattants et les témoins des combats à livrer de précieux témoignages.
Il a également élargi sa coopération avec les paroisses locales afin d'associer les fidèles catholiques à la collecte de nouvelles sources d'information.
Selon le lieutenant-colonel Dang Cao Cuong, commandant du Commandement militaire de la commune de Dak Sak, les informations recueillies auprès de différentes sources ont permis d'identifier cinq sites susceptibles d'abriter des sépultures de martyrs.
Ces éléments ont été transmis au Commandement militaire de la province de Lam Dong pour des vérifications complémentaires, tandis que les autorités poursuivent la collecte de nouveaux témoignages destinés à orienter les prochaines investigations sur le terrain.
L'un des faits les plus marquants de cette campagne de recherche, de regroupement et d'identification des dépouilles des martyrs réside dans la participation de nombreux témoins des combats.
Malgré son âge avancé, Nguyen Van Vuong, habitant du hameau de Tho Hoang 2, demeure profondément marqué par les souvenirs de la guerre.
Chaque fois qu'il évoque les affrontements de 1968, l'émotion l'envahit. « Une fois les combats terminés, les forces américaines ont fait venir des engins de terrassement pour niveler le terrain afin de reconstruire leurs positions défensives et leur piste d'atterrissage.
Elles ont rassemblé les dépouilles de tous ceux qui étaient tombés au combat dans une fosse commune. J'ai été le témoin de toute la scène.
Mon plus grand souhait est que les martyrs tombés à la colline 722 puissent être retrouvés au plus vite et retrouver enfin leur famille ainsi que leur terre natale », confie-t-il.
Outre les souvenirs des anciens combattants et des témoins directs des affrontements, de nombreux habitants de la commune apportent eux aussi de précieuses informations aux équipes chargées des recherches.
Nguyen Tien Trung, habitant du hameau de Xuan Loc 2, indique ainsi avoir eu connaissance de l'existence d'une tombe présumée de martyr à proximité d'un jardin.
De son côté, Ngo Xuan Ky, du hameau de Tho Hoang 2, affirme que, lors de travaux agricoles, trois ensembles d'ossements humains ont été découverts sur les terres cultivées de Nguyen Van Phuc.
Nguyen Van Han, lui aussi résident du hameau de Tho Hoang 2, raconte qu'en 2020, sa famille a mis au jour des restes humains au cours de travaux de terrassement. Faute d'objets permettant d'en établir l'identité, les ossements ont été inhumés au cimetière de Tho Hoang 2. Les années suivantes, d'autres indices ont continué d'apparaître : fragments d'ossements, munitions, bâches en plastique, ainsi que plusieurs zones présentant une composition du sol inhabituelle, susceptibles de correspondre à d'anciennes tranchées ou à des lieux d'inhumation de martyrs.
Sur la base de ces premiers éléments, le Commandement militaire de la province de Lam Dong a chargé le Commandement de défense de la zone 2 de coordonner, avec les services compétents, les unités concernées et les autorités locales, des reconnaissances sur le terrain dans plusieurs secteurs où pourraient encore reposer des dépouilles de martyrs.
L'objectif demeure inchangé : permettre à ces soldats tombés au combat de retrouver leurs compagnons d'armes et leurs familles.
À la colline 722 de Dak Sak, les équipes de travail ont rencontré directement les témoins, examiné la configuration du terrain, confronté les informations aux dossiers, aux cartes militaires et aux archives disponibles, tout en recueillant de nouveaux témoignages concernant les combats qui s'y sont déroulés.
Les premières vérifications ont permis d'identifier plusieurs informations jugées particulièrement crédibles, notamment des secteurs susceptibles d'être liés aux lieux où des cadres et soldats du Régiment 66, ainsi que d'autres unités engagées à la colline 722, sont tombés au combat et ont été inhumés.
Selon le lieutenant-colonel Y Thanh B'Krong, commissaire politique du Commandement de défense de la zone 2 – Dong Gia Nghia, les renseignements fournis par les témoins de la commune de Dak Sak concordent, sur de nombreux points, avec le déroulement des offensives de 1968. Ils constituent ainsi une base essentielle pour la poursuite des vérifications.
Une fois les opérations de reconnaissance achevées, si certains sites présentent un degré de fiabilité suffisant, l'unité soumettra un rapport à l'échelon supérieur afin d'engager les étapes suivantes.
Les recherches associeront les méthodes traditionnelles aux technologies les plus récentes afin d'en accroître l'efficacité.
Parallèlement aux informations qu'ils fournissent, de nombreux habitants de Dak Sak se déclarent prêts à soutenir concrètement les opérations de recherche. Nguyen Van Han affirme que sa famille donnera son accord si les autorités compétentes doivent procéder à des investigations ou à des fouilles sur ses terres agricoles. Son seul souhait est que les martyrs soient retrouvés au plus vite et puissent enfin retrouver leur famille.
Comme lui, de nombreux foyers, notamment ceux de Nguyen Van Vuong, Nguyen Tien Trung ou encore Ngo Xuan Ky, se disent disposés à faciliter les opérations de prospection sur leurs terrains d'habitation ou de culture dès lors que des éléments crédibles laissent penser que des dépouilles de martyrs pourraient s'y trouver.
La guerre appartient désormais au passé, mais le devoir de reconnaissance envers ceux qui sont tombés pour la Patrie demeure intact.
La recherche des dépouilles des martyrs à la colline 722 de Dak Sak perpétue l'une des plus belles traditions humanistes du Vietnam.
Elle témoigne du respect porté à l'histoire, de la gratitude envers ceux qui ont consacré leur jeunesse, et souvent leur vie, à l'indépendance et à la liberté de la Patrie.