Considérée comme le « vaisseau sanguin » de l’économie, la logistique assure la circulation des marchandises, relie la production aux marchés et renforce la compétitivité nationale.
Alors que le Vietnam entre dans une nouvelle phase de développement, la formation de ressources humaines qualifiées, capables de s’adapter à l’intelligence artificielle (IA) et à l’exploitation des mégadonnées, devient un enjeu majeur.
Une forte pression sur les ressources humaines
Selon une étude de l’Association de logistique du Vietnam (VLA), les besoins en personnel dans ce secteur pourraient atteindre environ 2,2 millions de personnes d’ici 2030.
En revanche, la capacité de formation actuelle demeure limitée.
Le pays ne compte qu’une trentaine d’universités proposant des cursus spécialisés en logistique, avec une capacité d’accueil d’environ 3.000 étudiants par an.
Cet écart entre les besoins du marché et l’offre de main-d’œuvre crée une pression croissante.
En outre, selon les spécialistes, la qualité des ressources humaines ne progresse pas au même rythme que le secteur.
Face aux mutations des chaînes d’approvisionnement mondiales, les entreprises recherchent désormais des profils capables d’analyser les données, de gérer les systèmes et de faire face aux imprévus dans un environnement de plus en plus complexe.
Hoang Dinh Kien, directeur général de Hoa Phat Logistics, estime que si les universités apportent aux étudiants de solides connaissances théoriques, les entreprises ont besoin de compétences davantage orientées vers la pratique.
Dans ce secteur, la capacité à résoudre les problèmes constitue un véritable atout.
La logistique à l’heure des nouvelles technologies
L’essor des nouvelles technologies transforme progressivement les méthodes de travail. L’IA, l’Internet des objets (IoT) et les mégadonnées (Big Data) sont de plus en plus utilisés pour optimiser les itinéraires de transport, anticiper les besoins du marché, gérer les stocks, coordonner les moyens de transport, améliorer les services aux clients et réduire les risques au sein des chaînes d’approvisionnement.
Nguyen Anh Duong, représentant de l’Institut de recherche sur les politiques et les stratégies, souligne que la transformation numérique n’est plus une perspective lointaine, mais une nécessité pour renforcer la compétitivité des entreprises.
Dans ce contexte, le marché du travail accordera une importance croissante aux personnes capables de maîtriser les technologies numériques, d’exploiter les données et d’intégrer l’intelligence artificielle dans leurs activités quotidiennes.
Rapprocher la formation des réalités du terrain
Selon Nguyen Thi Van Ha, secrétaire générale de l’Association vietnamienne pour le développement des ressources humaines en logistique (VALOMA), plusieurs universités ont rendu leurs programmes de formation plus concrets et plus proches des réalités du terrain.
Plusieurs entreprises participent directement aux enseignements, partagent leur expérience et accompagnent les établissements dans la mise en place de logiciels de gestion et de systèmes de simulation professionnelle.
Former les compétences de demain
Parallèlement au développement des infrastructures, le Vietnam encourage des politiques en faveur de la logistique numérique et verte.
Les stratégies nationales récemment adoptées accordent une place importante à l’innovation technologique, à l’amélioration des chaînes d’approvisionnement et au développement de ressources humaines qualifiées.
Pour saisir ces opportunités, les experts préconisent une modernisation globale de la formation : standardisation des programmes, apprentissage des langues étrangères spécialisées, développement des compétences numériques et de l’analyse de données.
Ils recommandent également d’élargir les formations de courte durée, les programmes de perfectionnement et les dispositifs de reconversion destinés aux travailleurs en activité afin de leur permettre de s’adapter rapidement aux évolutions technologiques.