L’agriculture vietnamienne accélère sa transition numérique et verte

Face à la pression foncière d'une urbanisation galopante et l'explosion de la demande en produits premium, l'agriculture hanoïenne fait face à une urgence : produire mieux sur des surfaces réduites.

Utilisation de drones dans la riziculture. Photo : VGP.
Utilisation de drones dans la riziculture. Photo : VGP.

Pour doper la valeur ajoutée à l'hectare, le double virage numérique et agroécologique s'impose désormais non plus comme un choix, mais comme l'unique planche de salut.

Hanoï connaît une urbanisation rapide qui réduit progressivement ses terres agricoles, tandis que la demande en produits de haute qualité ne cesse d’augmenter.

Dans ce contexte, l’agriculture doit impérativement accroître la valeur ajoutée par unité de surface. La transition numérique et la transition verte apparaissent ainsi comme des solutions essentielles.

Nguyen Van Tung, directeur de la Coopérative de légumes sûrs de la commune de Dong Anh, Hanoï, témoigne : « Avec un smartphone, je contrôle l’irrigation, le système de refroidissement et je surveille les parasites ainsi que l’état des cultures. Grâce à la technologie, la productivité a augmenté de près de 30 % par rapport aux méthodes traditionnelles, tandis que la consommation d’eau et d’engrais a diminué de plus de 40 % ».

Chaque lot de légumes est doté d’un code QR permettant aux acheteurs de vérifier les dates de plantation, les soins apportés et les normes de qualité.

Ce modèle fournit chaque mois des dizaines de tonnes de légumes sûrs à des écoles et supermarchés de Hanoï.

À Ho Chi Minh-Ville, dans un modèle traditionnel, les coûts de la Coopérative de production, de commerce et de services de légumes propres GAP (commune de Dong Thanh) s’élevaient à 50 - 70 millions de dôngs par hectare.

Grâce à l’application de hautes technologies et à une production circulaire, ces coûts ont été réduits à 20–30 millions de dôngs.

Selon son directeur, Mai Van Khanh, la coopérative opte pour un modèle de production plus écologique, intégrant des technologies de pointe et une approche d’économie circulaire.

Elle a également renforcé ses investissements dans les semences et les équipements de production, destinés à être redistribués à ses membres.

Ces exemples illustrent l’efficacité de la double transition dans les deux principales métropoles du pays.

Devenue une tendance mondiale incontournable, elle constitue un levier économique majeur.

Par ailleurs, cela constitue également une condition et une opportunité pour les entreprises de mettre en œuvre efficacement la Résolution n°57-NQ/TW du 22 décembre 2024 du Bureau politique sur les percées en matière de science, de technologie, d’innovation et de transformation numérique nationale.

Selon les experts, face aux dérèglements climatiques extrêmes, la numérisation est indispensable pour garantir une agriculture durable et sûre.

Le professeur et docteur Mac Quoc Anh, vice-président et secrétaire général de l’Association des petites et moyennes entreprises de Hanoï et directeur de l’Institut d’économie et de développement des entreprises, cite un rapport du ministère du Plan et de l’Investissement (actuellement ministère des Finances) : environ 60 % des entreprises ont entamé une numérisation de base, 20 % disposent d’une stratégie claire, mais seules 5 % l’ont pleinement achevée.

En matière de transition verte, selon la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI), 40 % s’intéressent aux normes ESG (environnementales, sociales et de gouvernance), mais à peine 10 % mettent en œuvre des modèles écologiques à grande échelle.

Le processus de transition verte et numérique se heurte toutefois à plusieurs obstacles : des coûts initiaux élevés, un manque de ressources humaines qualifiées et des capacités de gestion limitées.

Pour y remédier, il est nécessaire d’améliorer le cadre institutionnel, de développer la finance verte, de soutenir le transfert de technologies vers les PME, de renforcer la formation aux critères ESG et d’investir dans les infrastructures numériques nationales.

Piliers du XXIe siècle, ces deux transitions offrent aux entreprises une opportunité de restructuration.

Celles qui sauront innover pourront s’intégrer aux chaînes de valeur mondiales, tandis que les plus réticentes risquent d’être marginalisées dans une économie de plus en plus concurrentielle.

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